LE TEXTE d'avant, oh unique lecteur et unique lectrice,
Pour démontrer que même si les actes prévalent,
C'est avant tout la manière de les regarder qui rend la justice d'un homme.
Alors lorsque que vous êtes au chômage, entouré de rats et de bonbonnes de propane
Il ne faut plus se plaindre auprès du destin ou de votre inaction,
Il faut se plaindre auprès de vos yeux...
Rétines ignorantes !
Tout ça, c'est la faute aux yeux disait l'amoureux...
Bon !
¨
The Deer Hunter de Michael Cimino :
Raging Bull, Taxi Driver, Godfather Part II, The Deer Hunter, que les années 70-80 furent fastes en rôle d'exception pour le fringant Robert De Niro. Oui, et quel rôle aussi marquant que celui de Michael, simple ouvrier passionné de chasse, sérieux et taciturne, qui se retrouve embarqué pour le Nam. C'est un film qui est aujourd'hui vase commun je pense, en ceci que papa et maman l'ont vu, et que les comboys du joypad ont pu tomber dessus mais non d'un sou, ce film...c'est du napalm !
Un aparté d'abord pour signaler à ceux qui ne l'auraient pas compris que Robert De Niro n'a pas eu une enfance facile (je ne connais pas sa biographie) et qu'il n'était pas habitué aux fêtes comme en témoigne le mensonge dans son jeu mais aussi en lui-même (tout le trouble d'un acteur lorsqu'il est plus que ça) lors de la somptueuse scène de fête post-nubile.
Bon sang, ce que les gens n'écrivent plus.
Michael Cimino opte comme Coppola dans le Parrain (critiqué bientôt) pour une sorte d'humanité romanesque, où l'on sent bien la chair, la joie et la peine des gens qui vibrent grâce à une mise en scène du quotidien un chouïa surdramatisé (la lumière chez Coppola, les paysages chez Cimino) et surtout bon Dieu les alcools, comme ils sont bons et fumants, comme on est ivres avec eux, beaux et tout proche de la mort. Cette approche en ouverture du film permet d'être immédiatement traversé par les ressorts émotionnels de l'histoire et là où, la plupart des films sur la guerre montre une progression lente et déchirante au travers de celle-ci, Cimino choisit de nous la donner DIRECTEMENT, CETTE HORREUR QU'EST LA GUERRE, afin d'éviter tout mélo pro ou anti-guerrier, parti pris aussi d'un total refus de la jouissance guerrière expliquant de fait, un peu mieux son titre français : Voyage au bout de l'enfer, clin d'oeil évident à Mr Céline.
Vient alors la scène la plus connue du film, celle de la roulette russe entre Mr De Niro et Mr Walken (lui aussi excellent, fin et morbide comme jamais). Cimino cette fois rentre dans un cadre très rare au cinéma, celui d'un cinéma où les images racontent tout, un homme avec une arme chargée sur sa tempe, s'il tire il peut mourir, s'il ne tire pas, il va mourir. La scène est glaçante. Et nous sommes pourtant bien loin des sensations réelles de tout ce jeu mais...la scène est glaçante.
On suit ensuite un R D N désabusé et froid, cherchant à la fois son amour (Meryl Streep, solaire) et son ami. Je ne vais pas aller plus en détail dans le scénario puisqu'il est d'une redoutable simplicité, seulement, je peux vous dire que le film dure 3h00 et que pas une seule fois je n'ai vérifié combien de temps il me restait devant, tellement il est comme dirait l'autre, impactant. Leur bled pennsylvanien jouit tout d'abord d'un travail atmosphérique assourdissant, le violet du ciel, le gris d'usine, le fauve du motel. Comme dit auparavant, les paysages de montagne sont renversants, les deux scènes de chasse étant d'ailleurs d'une évidence dramatique extraordinaire (pour une fois que je peux superlatifer).
Ce qu'il faut dire avant tout c'est que même si beaucoup de gens l'ont sans doute vus, il faut le voir, le revoir, le rerevoir. Pour ce que la guerre peut tuer sans pour autant donner la mort.
" Un homme qui dit non au champagne, dit aussi non à la vie "
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