lundi 9 mars 2009

Histoire à dormir debout

Mais avant tout :

La Clef de Guillaume Nicloux :

N'étant pas familier de l'univers du monsieur dont on croise ici deux figures récurrentes : le détective usé et poisseux joué avec grand classe par Thierry Lhermitte et le personnage de comissaire taiseuse, secrète, savante interprétée par Balasko, je ne peux pas dire si l'intrigue est forte en résonance, juste que l'on a droit à un film de genre très bien foutu, avec du grain, de la vermoulure et des coups qui font mal. Que Canet est cool, que Paradis est inutile et que peut-être à un moment, je me pencherais sur l'amour du noir qu'est l'oeuvre de Nicloux (l'intrigue essaie d'avoir un prétexte émotionnelle foireux sur la filiation père-fils père-fille alors que son côté bitemporelle méritait mieux) ...mais enfin, l'ambiance est là et c'est apparemment le seul souci du père Nic'

Cortex de Nicolas Bouchriev (toute autre orthographe étant admise) :

Qu'est ce que j'ai au fait ? Alzheimer papa...

L'idée intelligente de placer un policier à la retraite et progressivement amnésique dans une clinique où là encore le crime semble être roi sert bien évidemment à poser une seule et unique question jusqu'à la toute fin du film : l'homme qu'on suit est-il en train de devenir fou et paranoïaque en menant une enquête qui n'a pas lieu d'être ou bien a-t-il raison et est-il inutilement sappé par une société qui s'empresse d'oublier "ceux qui oublient" (scène très réussie d'ailleurs où notre Charles Boyer, héros du film, gueule à un des médecins qui lui demandent d'oublier la mort d'une camarade, qu'il ne veut pas oublier !)...pour réussir à nous faire poser cette question sans tomber dans la longueur, il fallait une véritable atmosphère, un sens du cadre et du rythme, ce que le réalisateur parvient toujours à conserver...et un acteur qui puisse être instantanément charismatique et c'est là qu'André Dussolier nous montre bien que c'est un acteur immense, tant dans le jeu que dans l'unique présence, mes mots ne sont pas pesés certes mais réellement, rien que par sa voix et ses gestes, il parvient à nous faire croire en sa maladie...bref, un film qui démontre plan après plan tout le nectar de son propos, un film maîtrisé, abouti, un bon film (qui n'oublie pas la responsabilité des milieux hospitaliers dans la désocialisation de certains Alzheimer)(en étant entouré de fous, on le devient plus facilement)...

A Scene At The Sea de Takeshi Kitano :

Troisième film du japonais après le sauvage Violent Cop, A Scene At The Sea est sans doute son métrage le plus méconnu et pourtant...et pourtant...comme dans Kids Returns, les protagonistes du film se dégagent d'une vie laborieuse et monotone grâce à une passion sportive, cette fois-ci c'est le surf qui est à l'honneur, pratique qui s'articule autour de deux choses, la planche et la mer...ces deux éléments seront les deux principaux moteurs du film, comme le sont les personnages principaux, un couple de sourds-muets (la surdité était déjà l'un des thèmes de son précédent film, Jugatsu) mené par le garçon, amoureux de surf, avec dans ses pas la jeune fille.
Dans sa fable amoureuse, Kitano n'oublie pas l'un des standards du film sportif et des films dits à "success story" et il nous montre donc la lente évolution de son personnage dans l'art de tenir sur une planche au milieu des vagues...il nous montre tout l'espoir qu'il entraîne dans son sillage à travers le rire de son amie...au fond, on ne peut pas réellement parler de ce film, il faut juste le regarder, transporté, par les images et la musique d'Hisashi comme on le fait devant la mer...

Waitress d'Adrienne Shelly :

Que du paradis madame Shelly se rassure, elle aura laissé une jolie et douce part de tarte en offrant ce film délicieux. Jenna (interprétée par l'absolument de plus en plus ravissante à chaque plan et chaque nouvelle expression Kéri Russell) est une waitress, c'est à dire une serveuse qui en plus de ça fait des tartes super ! (youou) elle est mariée avec un enculé (Jérémy Sisto, succulent, agaçant, répugnant) et a des amies qui sont de véritables clichés mais qui pour autant derrière ont tous une tendresse supérieure et surprenante (oui ! ) ...je ne vois pas ce que je peux dire encore une fois à propos de ce film, c'est tout doux comme un marshmallow ! Les acteurs y sont maouss costauds et l'on passe vraiment un bon moment (même à 5h du mat' un jour de semaine) !!!! ALLEZ-Y ! MANGEZ DONC UN BOUT ! JUST A SLICE OF THAT AWESOME PIE !

******************************************************************************

J'ai également vu Aftermath de Nacho Cerda que je vais croniquer en écrivant une petite nouvelle que voici que voilà de ma tête toute sortie...


A l'intérieur du feu :


Aucun commentaire: