mardi 31 mars 2009

A blue one night with the marvelous Anna Paquin

J'ai fait un rêve où j'embrassais deux filles différentes, deux à la suite, sans visage vraiment, juste des langues et des lèvres me parcourant la bouche, pas même de caresses, rien que de la salive, que de la langue qui pousse, papilles mouillées contre papilles mouillées, deux fois de suite, deux différentes, voilà un rêve qui porte malheureusement trop bien son nom.

24 Heures avant la nuit de Spike Lee :

Ce "joint" du père Lee est sans aucun doute l'un de ses plus aboutis. Entre son ode désespérée au basketball "He Got Game" (film à l'image superbe mais aux enjeux narratifs parfois carricaturaux) et son film de braquage " Inside Man ", Spike Lee a décidé de filmer le New-York juste après son plus grand cataclysme : le 11 septembre. C'est ainsi par les ombres phantomatiques et lumineuses émergeant de ground zéro que débute le film, où on retrouve un Edward Norton en "dealer" déchu passant ses dernières 24heures de liberté, promenant son chien à l'aube, juste avant de rejoindre ses amis pour une dernière virée. Ses amis ne sont autre que le trop peu vu Barry Pepper et "Truman Capote" Seymour Hoffman qui campe comme à son habitude et comme son physique semble l'exiger, un personnage frustré et concupiscent (un mec comme moi mais en plus gros quoi). Ce film nous amène à penser qu'Edward Norton et ses performances d'American History X, en passant par Fight Club et ici "24heures" est sans doute le De Niro du début des années 2000. Il n'y a qu'à voir et entendre sa diatribe mysanthrope face au miroir pour en être persuadé. Les acteurs y sont d'ailleurs tous bons, une Rosario Dawson toujours aussi fatale, une Anna Paquin diablement diable, un père massif et burriné (Brian Cox ahah vous pensiez que je n'allais pas citer son nom). C'est donc un film qui s'attarde plus sur les relations que sur les actes, plus sur les émotions que sur les faits puisqu'au fond tout ce qui découle de ce film, découle d'un évènement dores et déjà passé et révolu. J'ai envie aussi de signaler que dès lors qu'il s'écarte de sa "cause", Spike Lee arrive à offrir des films encore plus profonds, ce n'est pas mon ethnocentrisme qui est flatté ici mais c'est vraiment la fin du sien, et cela fait du bien...

Je ne me sens pas en mots aujourd'hui (j'ai un tout nouveau clavier Olivetti, une souris profilée mais rien n'y fait)...donc bon David et toi mémoire croulante, souvenez-vous de ce film comme du seul bon film post 11septembre sorti par un américain, souvenez-vous de ce film bon dieu, comme il le faut...je n'ai plus grand chose à dire, il est bon, il tient en haleine, il est beau (la dernière scène bon sang, quelle belle nuit blanche, quelle belle main rouge, quels visages !)

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