mercredi 25 mars 2009

Beach, tenderness, décapitations

Disparition :

J'ai beau être, je disparais
Comme une larme en dessous de l'oeil,
Une larme bue par la peau,
Une larme dont on ne garde pas souvenance,
Un baiser sans valeur,
Comme de ces choses que l'on oublie
Sur tel ou tel thème,

J'ai beau être, je disparais
Comme l'automne devant l'hiver,
Je suis de ces feuilles glacées qu'on pousse vers la sortie,
De ces camarades dont les lettres peuvent brûler
Sans que l'on s'en attriste,
De ces rires assonants qui ne laissent pas de marque,

J'ai beau être, je disparais,
C'est ma destinée d'homme hors-norme au coeur de la faillite,
Au coeur d'une famille lointaine et refroidie,
Au coeur d'un monde aux villes éteintes,
Je suis ce manteau prenant la poussière sur un cintre on ne sait où,
Peut-être un jour, voudra-t-on le remettre,
Peut-être un jour un autre nous plaira plus,
C'est que ça fait éternuer la poussière
Ca fait fermer les yeux,
On a pas forcément envie de fermer les yeux,

J'ai beau être, je disparais,
Le temps est en crise, le temps est à la crise,
Mes espoirs sont des amants aux tombes anomymes,
Ils gisent peut-être sous vos pieds,
On a pas forcément envie de les soulever,
A quoi bon tomber pour une parcelle viciée ?

J'ai beau être, je disparais,
Les nuits se succèdent sur l'écran,
Elles proposent ribambelles d'envolées dérangeantes,
Elles restent stériles dans des cellules aux parfums occupés,
Elles sont de ces malades qui grognent en continu,
Comme elles, je grogne, je me succède,
J'en perd le sens du tout et du rien,
La violence érotique faisant naître la mort,
Le goût du sang sur les lèvres, du front qui se plisse,
Illuminé,

J'ai beau être, je disparais,
Voyou chancelant dans une foule fixe,
Dieu comme vous bougez vite,
Je reste sur ma chaise souterraine, les yeux ailleurs,
Je suis les yeux ailleurs, la mer qui s'arrête
En plein saut d'une vague,
Cette partie du monde qui ne voit jamais le jour,
Ces océans de nuit sur l'amour suffoquant

J'ai beau être, je disparais,
Esclave des premières mains, du sourire qui m'enlève,
Ma fumée s'accumule, bout de mon âme en suspens vers ce plafond droit,
Je crache mes organes par ma pensée, mon sang par le dépit,
Je crache ma solitude dans une gare sans voix,

J'ai beau être, je disparais,
Celui qui me lave me ressemble traits pour traits,
Il ne sait pas vaincre, il erre merveilleusement,
Il pense un peu bêtement que son air fatigué peut soutenir les étoiles.

J'ai beau être, je disparais,
En même temps qu'elles s'écrasent,
Chaudes, définitives.

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