J'ai fait un rêve où j'embrassais deux filles différentes, deux à la suite, sans visage vraiment, juste des langues et des lèvres me parcourant la bouche, pas même de caresses, rien que de la salive, que de la langue qui pousse, papilles mouillées contre papilles mouillées, deux fois de suite, deux différentes, voilà un rêve qui porte malheureusement trop bien son nom.
24 Heures avant la nuit de Spike Lee :
Ce "joint" du père Lee est sans aucun doute l'un de ses plus aboutis. Entre son ode désespérée au basketball "He Got Game" (film à l'image superbe mais aux enjeux narratifs parfois carricaturaux) et son film de braquage " Inside Man ", Spike Lee a décidé de filmer le New-York juste après son plus grand cataclysme : le 11 septembre. C'est ainsi par les ombres phantomatiques et lumineuses émergeant de ground zéro que débute le film, où on retrouve un Edward Norton en "dealer" déchu passant ses dernières 24heures de liberté, promenant son chien à l'aube, juste avant de rejoindre ses amis pour une dernière virée. Ses amis ne sont autre que le trop peu vu Barry Pepper et "Truman Capote" Seymour Hoffman qui campe comme à son habitude et comme son physique semble l'exiger, un personnage frustré et concupiscent (un mec comme moi mais en plus gros quoi). Ce film nous amène à penser qu'Edward Norton et ses performances d'American History X, en passant par Fight Club et ici "24heures" est sans doute le De Niro du début des années 2000. Il n'y a qu'à voir et entendre sa diatribe mysanthrope face au miroir pour en être persuadé. Les acteurs y sont d'ailleurs tous bons, une Rosario Dawson toujours aussi fatale, une Anna Paquin diablement diable, un père massif et burriné (Brian Cox ahah vous pensiez que je n'allais pas citer son nom). C'est donc un film qui s'attarde plus sur les relations que sur les actes, plus sur les émotions que sur les faits puisqu'au fond tout ce qui découle de ce film, découle d'un évènement dores et déjà passé et révolu. J'ai envie aussi de signaler que dès lors qu'il s'écarte de sa "cause", Spike Lee arrive à offrir des films encore plus profonds, ce n'est pas mon ethnocentrisme qui est flatté ici mais c'est vraiment la fin du sien, et cela fait du bien...
Je ne me sens pas en mots aujourd'hui (j'ai un tout nouveau clavier Olivetti, une souris profilée mais rien n'y fait)...donc bon David et toi mémoire croulante, souvenez-vous de ce film comme du seul bon film post 11septembre sorti par un américain, souvenez-vous de ce film bon dieu, comme il le faut...je n'ai plus grand chose à dire, il est bon, il tient en haleine, il est beau (la dernière scène bon sang, quelle belle nuit blanche, quelle belle main rouge, quels visages !)
mardi 31 mars 2009
lundi 30 mars 2009
Bleu coupant
Tandis qu'on avançait, doigt électrique entre les lèvres transies et grasses de la capitale, mon unique rêve était de passer à travers la vitre, à la vitesse de la féraille et du feu, pour pouvoir m'étaler là-bas sur ce champ frais
samedi 28 mars 2009
jeudi 26 mars 2009
Les nuits de 7H00 du matin
T'entends les oiseaux chanter leur chant cancérigène...
/ Je pense que je suis en train de perdre peu à peu mon savoir livresque, les fautes se multiplient, les problèmes d'accent et de syntaxe sont légions (être légion...je ne me lasserais jamais des expressions françaises), ma lente et perpétuelle désorganisation sociétale touche à ma plume à la moelle...que faire, bref, après une nuit sauvage (mes nuits sont plus belles que vos jours)...j'ai décidé et ce avec froideur et minutie, d'offrir au monde une plaquette intitulée :
"Les nuits de 7h00 du matin"
Cette dernière regroupera nombre de textes copieusement désespérés, totalement anarchiques, brodés à même la tunique d'infant transpercé par les balles, écrits à coups d'épingles dans le cuir chevelu d'une morte, oui c'est à peu près ça. "Les nuits de 7h00 du matin", viendra ensuite la Pieuvre et après qui sait...peut-être que je m'intéresserais à mon RPG, celui là que personne n'a encore pensé, surtout pas en France, quelle perte de temps, peut-être aussi que je donnerais à renifler toute la puanteur actuelle à travers une fable tentaculaire où des couples libidineux s'entredéchirent sous l'oeil des fibres optiques et d'un tueur en série au timbre clair. Peut-être que j'irai m'affaler sur la scène, dégueulant à un débit monstre mes claustrophobies à l'air libre, mes jeux de mots glaudicants, mes pointes d'esprit aussi fines et judicieuses que de la crème sur une tarte à la meringue, peut-être seulement que je me mettrais à faire de la meringue, avec mon oncle, sans rien dire, comme Piaf, boire mon mescal, vomir par tous les trous ma vie à cinq centimes, sans femmes à espérer, sans piscines chauffées, sans craquelins qui grésillent sur les dents, sans amis qui me paient mon café, sans Nova Yorke, sans Tokyo, sans mon Andalousie celle que j'espère avant qu'une curieuse maladie, qu'une curieuse fièvre, m'emporte, avant que je gagne à poings fermés, comme tant d'autres avant moi morts pour la cause.
/ Je pense que je suis en train de perdre peu à peu mon savoir livresque, les fautes se multiplient, les problèmes d'accent et de syntaxe sont légions (être légion...je ne me lasserais jamais des expressions françaises), ma lente et perpétuelle désorganisation sociétale touche à ma plume à la moelle...que faire, bref, après une nuit sauvage (mes nuits sont plus belles que vos jours)...j'ai décidé et ce avec froideur et minutie, d'offrir au monde une plaquette intitulée :
"Les nuits de 7h00 du matin"
Cette dernière regroupera nombre de textes copieusement désespérés, totalement anarchiques, brodés à même la tunique d'infant transpercé par les balles, écrits à coups d'épingles dans le cuir chevelu d'une morte, oui c'est à peu près ça. "Les nuits de 7h00 du matin", viendra ensuite la Pieuvre et après qui sait...peut-être que je m'intéresserais à mon RPG, celui là que personne n'a encore pensé, surtout pas en France, quelle perte de temps, peut-être aussi que je donnerais à renifler toute la puanteur actuelle à travers une fable tentaculaire où des couples libidineux s'entredéchirent sous l'oeil des fibres optiques et d'un tueur en série au timbre clair. Peut-être que j'irai m'affaler sur la scène, dégueulant à un débit monstre mes claustrophobies à l'air libre, mes jeux de mots glaudicants, mes pointes d'esprit aussi fines et judicieuses que de la crème sur une tarte à la meringue, peut-être seulement que je me mettrais à faire de la meringue, avec mon oncle, sans rien dire, comme Piaf, boire mon mescal, vomir par tous les trous ma vie à cinq centimes, sans femmes à espérer, sans piscines chauffées, sans craquelins qui grésillent sur les dents, sans amis qui me paient mon café, sans Nova Yorke, sans Tokyo, sans mon Andalousie celle que j'espère avant qu'une curieuse maladie, qu'une curieuse fièvre, m'emporte, avant que je gagne à poings fermés, comme tant d'autres avant moi morts pour la cause.
mercredi 25 mars 2009
Beach, tenderness, décapitations
Disparition :
J'ai beau être, je disparais
Comme une larme en dessous de l'oeil,
Une larme bue par la peau,
Une larme dont on ne garde pas souvenance,
Un baiser sans valeur,
Comme de ces choses que l'on oublie
Sur tel ou tel thème,
J'ai beau être, je disparais
Comme l'automne devant l'hiver,
Je suis de ces feuilles glacées qu'on pousse vers la sortie,
De ces camarades dont les lettres peuvent brûler
Sans que l'on s'en attriste,
De ces rires assonants qui ne laissent pas de marque,
J'ai beau être, je disparais,
C'est ma destinée d'homme hors-norme au coeur de la faillite,
Au coeur d'une famille lointaine et refroidie,
Au coeur d'un monde aux villes éteintes,
Je suis ce manteau prenant la poussière sur un cintre on ne sait où,
Peut-être un jour, voudra-t-on le remettre,
Peut-être un jour un autre nous plaira plus,
C'est que ça fait éternuer la poussière
Ca fait fermer les yeux,
On a pas forcément envie de fermer les yeux,
J'ai beau être, je disparais,
Le temps est en crise, le temps est à la crise,
Mes espoirs sont des amants aux tombes anomymes,
Ils gisent peut-être sous vos pieds,
On a pas forcément envie de les soulever,
A quoi bon tomber pour une parcelle viciée ?
J'ai beau être, je disparais,
Les nuits se succèdent sur l'écran,
Elles proposent ribambelles d'envolées dérangeantes,
Elles restent stériles dans des cellules aux parfums occupés,
Elles sont de ces malades qui grognent en continu,
Comme elles, je grogne, je me succède,
J'en perd le sens du tout et du rien,
La violence érotique faisant naître la mort,
Le goût du sang sur les lèvres, du front qui se plisse,
Illuminé,
J'ai beau être, je disparais,
Voyou chancelant dans une foule fixe,
Dieu comme vous bougez vite,
Je reste sur ma chaise souterraine, les yeux ailleurs,
Je suis les yeux ailleurs, la mer qui s'arrête
En plein saut d'une vague,
Cette partie du monde qui ne voit jamais le jour,
Ces océans de nuit sur l'amour suffoquant
J'ai beau être, je disparais,
Esclave des premières mains, du sourire qui m'enlève,
Ma fumée s'accumule, bout de mon âme en suspens vers ce plafond droit,
Je crache mes organes par ma pensée, mon sang par le dépit,
Je crache ma solitude dans une gare sans voix,
J'ai beau être, je disparais,
Celui qui me lave me ressemble traits pour traits,
Il ne sait pas vaincre, il erre merveilleusement,
Il pense un peu bêtement que son air fatigué peut soutenir les étoiles.
J'ai beau être, je disparais,
En même temps qu'elles s'écrasent,
Chaudes, définitives.
J'ai beau être, je disparais
Comme une larme en dessous de l'oeil,
Une larme bue par la peau,
Une larme dont on ne garde pas souvenance,
Un baiser sans valeur,
Comme de ces choses que l'on oublie
Sur tel ou tel thème,
J'ai beau être, je disparais
Comme l'automne devant l'hiver,
Je suis de ces feuilles glacées qu'on pousse vers la sortie,
De ces camarades dont les lettres peuvent brûler
Sans que l'on s'en attriste,
De ces rires assonants qui ne laissent pas de marque,
J'ai beau être, je disparais,
C'est ma destinée d'homme hors-norme au coeur de la faillite,
Au coeur d'une famille lointaine et refroidie,
Au coeur d'un monde aux villes éteintes,
Je suis ce manteau prenant la poussière sur un cintre on ne sait où,
Peut-être un jour, voudra-t-on le remettre,
Peut-être un jour un autre nous plaira plus,
C'est que ça fait éternuer la poussière
Ca fait fermer les yeux,
On a pas forcément envie de fermer les yeux,
J'ai beau être, je disparais,
Le temps est en crise, le temps est à la crise,
Mes espoirs sont des amants aux tombes anomymes,
Ils gisent peut-être sous vos pieds,
On a pas forcément envie de les soulever,
A quoi bon tomber pour une parcelle viciée ?
J'ai beau être, je disparais,
Les nuits se succèdent sur l'écran,
Elles proposent ribambelles d'envolées dérangeantes,
Elles restent stériles dans des cellules aux parfums occupés,
Elles sont de ces malades qui grognent en continu,
Comme elles, je grogne, je me succède,
J'en perd le sens du tout et du rien,
La violence érotique faisant naître la mort,
Le goût du sang sur les lèvres, du front qui se plisse,
Illuminé,
J'ai beau être, je disparais,
Voyou chancelant dans une foule fixe,
Dieu comme vous bougez vite,
Je reste sur ma chaise souterraine, les yeux ailleurs,
Je suis les yeux ailleurs, la mer qui s'arrête
En plein saut d'une vague,
Cette partie du monde qui ne voit jamais le jour,
Ces océans de nuit sur l'amour suffoquant
J'ai beau être, je disparais,
Esclave des premières mains, du sourire qui m'enlève,
Ma fumée s'accumule, bout de mon âme en suspens vers ce plafond droit,
Je crache mes organes par ma pensée, mon sang par le dépit,
Je crache ma solitude dans une gare sans voix,
J'ai beau être, je disparais,
Celui qui me lave me ressemble traits pour traits,
Il ne sait pas vaincre, il erre merveilleusement,
Il pense un peu bêtement que son air fatigué peut soutenir les étoiles.
J'ai beau être, je disparais,
En même temps qu'elles s'écrasent,
Chaudes, définitives.
lundi 23 mars 2009
Kiss me just en dessous du SEX (...)
La vie rêvée des anges d'Eric Zonca :
Quoi de plus dangereux qu'un homme s'attaquant aux affres de l'amitié féminine ? Et pourtant, à travers le portrait de ces jeunes femmes lilloises dans la dèche vivant dans l'appartement d'une "morte", Zonca parvient à nous taper bien derrière les bourrelets. Bouchez y est sublime en fille-enfant déclassée et solidaire, tandis que Natacha Régnier (trop rare à l'écran) pose sa blancheur nerveuse et dramatique. Ses âmes frangines croisent le chemin de bikers au grand coeur (crac boum hue) ainsi que d'un jeune premier magnifique et sans vergogne. Isa (nom d'Elodie Bouchez in the movie) s'attache aux gens, à celle, dans le coma, qui possédait l'appartement...Marie (Régnier) tente elle de trouver l'amour coûte que coûte, refusant les petits boulots, la petite vie au profit de quelque chose de plus vibrant, bien que macabre. S'en suit l'éloignement et les errances d'une amitié, entre Isa la fée et Marie l'humaine...s'en suit un beau film où les corps sont beaux, les clopes fumées sans arrêt, les amours malheureuses...s'en suit un film avec de la misère et de la passion...comme dans n'importe quelle vie, belle malgré tout...
Le passeur (coréen)
de CHARLIE Botwin
...le quotidien périlleux d'un passeur nord-coréen
partagé entre son amour pour son pays
et son amour pour la liberté...une enquête poignante et démystificatrice au coeur d'un des lieux les plus secrets du monde...etc...
je ferai ça après, quand * et Adma se seront tirés, une fois qu'ils auront fait Cannes, en smoking, limousine et pièce montée...ouais
Quoi de plus dangereux qu'un homme s'attaquant aux affres de l'amitié féminine ? Et pourtant, à travers le portrait de ces jeunes femmes lilloises dans la dèche vivant dans l'appartement d'une "morte", Zonca parvient à nous taper bien derrière les bourrelets. Bouchez y est sublime en fille-enfant déclassée et solidaire, tandis que Natacha Régnier (trop rare à l'écran) pose sa blancheur nerveuse et dramatique. Ses âmes frangines croisent le chemin de bikers au grand coeur (crac boum hue) ainsi que d'un jeune premier magnifique et sans vergogne. Isa (nom d'Elodie Bouchez in the movie) s'attache aux gens, à celle, dans le coma, qui possédait l'appartement...Marie (Régnier) tente elle de trouver l'amour coûte que coûte, refusant les petits boulots, la petite vie au profit de quelque chose de plus vibrant, bien que macabre. S'en suit l'éloignement et les errances d'une amitié, entre Isa la fée et Marie l'humaine...s'en suit un beau film où les corps sont beaux, les clopes fumées sans arrêt, les amours malheureuses...s'en suit un film avec de la misère et de la passion...comme dans n'importe quelle vie, belle malgré tout...
Le passeur (coréen)
de CHARLIE Botwin
...le quotidien périlleux d'un passeur nord-coréen
partagé entre son amour pour son pays
et son amour pour la liberté...une enquête poignante et démystificatrice au coeur d'un des lieux les plus secrets du monde...etc...
je ferai ça après, quand * et Adma se seront tirés, une fois qu'ils auront fait Cannes, en smoking, limousine et pièce montée...ouais
dimanche 22 mars 2009
Clara, l'approximative
Avec ta longue robe épluchant la montagne
Tu te creusais le ventre comme on va au théâtre
Tu pointais de tes doigts fins l'horizon rigide et monotone
Et tout de suite il tremblait
Comme un enfant craignant les coups,
Tu faisais de chaque ligne un sinistre
De l'aube une chose dégoûtante
Du crépuscule un vomitif,
Ton hasard marchait comme ça
Il arrachait la pluie par pans entiers,
La laissant pour morte,
Que dire alors de la rivière devenue charnier lisse
Des bois remplis de panses crevées
De ce doux jardinet où tout avant balançait
Transformé en un de ces salons où l'on torture sans réfléchir,
De ces places pavées n'ayant plus pour soleil
Qu'une armée de corps tombés,
Exsangues et poussiéreux,
De...
Car oui tu joues avec la mort,
Tu bondis de crâne en crâne
Tu te fais des colliers dans des boyaux bouillants
Tu te coiffes en trempant chaque fois ton ruban dans le sang,
Et moi,
Je ne peux que regarder,
M'accrochant à tes lèvres,
Comme tu jouis du trépas
Et moi,
Je ne peux que souhaiter que cette terre crève vite,
Pour que l'on puisse s'aimer loin de tout ce jeu terrible,
Pour que tes canines enfin chassent la chair de mon coeur.
Tu te creusais le ventre comme on va au théâtre
Tu pointais de tes doigts fins l'horizon rigide et monotone
Et tout de suite il tremblait
Comme un enfant craignant les coups,
Tu faisais de chaque ligne un sinistre
De l'aube une chose dégoûtante
Du crépuscule un vomitif,
Ton hasard marchait comme ça
Il arrachait la pluie par pans entiers,
La laissant pour morte,
Que dire alors de la rivière devenue charnier lisse
Des bois remplis de panses crevées
De ce doux jardinet où tout avant balançait
Transformé en un de ces salons où l'on torture sans réfléchir,
De ces places pavées n'ayant plus pour soleil
Qu'une armée de corps tombés,
Exsangues et poussiéreux,
De...
Car oui tu joues avec la mort,
Tu bondis de crâne en crâne
Tu te fais des colliers dans des boyaux bouillants
Tu te coiffes en trempant chaque fois ton ruban dans le sang,
Et moi,
Je ne peux que regarder,
M'accrochant à tes lèvres,
Comme tu jouis du trépas
Et moi,
Je ne peux que souhaiter que cette terre crève vite,
Pour que l'on puisse s'aimer loin de tout ce jeu terrible,
Pour que tes canines enfin chassent la chair de mon coeur.
mardi 17 mars 2009
Cancers Cream (reprise)
Sukiyaki Western Django / Suicide Club / Dead or Alive 2 de Takeshi Miike :
Avant de passer à une partie de l'oeuvre du cinéaste japonais, je vous signale (ou plutôt je me signale) que Max Payne de John Moore, est une ridicule adaptation d'un jeu vidéo à l'univers pourtant solide et marqué, les acteurs y sont tristes, les scènes d'action insipides, le scénario, creux comme jamais (rares sont les films où on se demande quand ça va réellement commencer à être mieux après une heure de film)(et ça ne commence jamais). En bref, si vous voulez d'un personnage sombre, torturé et sans morale, optez pour Payback avec Mel Gibson de je-ne-sais-plus-qui-mais-il-a-sûrement-pas-dû-faire-trop-de-chefs-d'oeuvre, ça c'est un polar noir avec un univers et non pas une bouse aseptisée (violence ? zéro) pour les kids acnéiques top hardcore.
Bien. Passons aux choses sérieuses. Comme il doit être difficile pour les observateurs européens de connaître en profondeur une oeuvre aussi dense que celle de Miike, ce dernier étant par exemple capable de pondre une dizaine de films à l'année. Cependant, et ce pour moi qui n'en ai pas vu beaucoup, certaines récurrences thématiques et esthétiques m'ont sautés aux yeux (ah non pas moi, ils sont si beaux), récurrences ...
Sukiyaki Western Django est comme sa queue de nom l'indique à mettre en rapport avec le western spaghetti de 66 de Sergio Corbucci, à ceci près que contrairement au "The Good, The Bad and The Weird" de Jee-Won, il s'agit là d'une préquelle et non d'un hommage calquant l'histoire. Quand le film s'est mis en route, j'ai tout bonnement halluciné, on y voit en effet Quentin Tarantino jouer du revolver comme personne face à des acteurs nippons dépliant la langue de Shakespeare avec un accent tout à fait révoltant. Le décor est celui d'un coucher de soleil en carton patte absolument magnifique, d'ailleurs et il le faut le signaler, tout le travail sur les décors dans ce film est assurément génial, que l'on passe des montagnes au désert, de chemins en cascades, tout y est superbe, une beauté encore une fois exagérée dans un plaisir fanatique (et pour fanatique) lors de la scène finale sous une neige qui dépose son lourd manteau en même pas 30secondes. Car oui on est bien en face d'un film ultra-référentiel et joyeusement poseur où les flingues et les katanas se côtoient sans grand peine et où chaque nouvelle scène est prétexte à un déluge d'action. Miike réussit néanmoins et ce comme son homologue Tarantino, à rendre tous ses personnages attachants et à glisser de réels moments de comédie et de drame. C'est donc un film audacieux, esthétique à souhait et absolument jubilatoire.
Scannant scrupuleusement les affres de la société japonaise, Suicide Club est avant tout un film sur une réalité : les japonais se suicident et ils sont contents. Bon o k, ils ne se suicident pas tant que ça et ils n'agissent pas selon les vélléités d'un groupe d'enfants tarés mais quand même, ils se suicident. Je suis un petit peu fatigué. C'est un film réussi en tous points, l'ambiance y est fantastique, la violence, l'horreur, provoque sans cesse un décrochement, et donc une accroche dans nos fonds de rétine usés par la commodité filmique. Parce que oui Miike est avant tout un cinéaste transgresseur, qui n'hésite pas à intégrer un détail de mise en scène burlesque au moment où toute la scène réclamait autre chose, c'est un cinéma qui contourne mais qui séduit malgré tout, parce que les moyens sont là et qu'il y a chez lui et ce même s'il tourne beaucoup, une apparente maîtrise de son sujet. Suicide Club par exemple est un film sur le fil de la folie, et toujours il y reste, même s'il est ponctué de scènes bizarroïdes (comme le tour de chant du Charles Manson de service), de plus il parvient dans ce terrible bordel sanglant à aménager au moment où on s'y attend le moins, une fine place pour une larme. Et elle passe, dans cette scène au téléphone, elle passe.
Deuxième volet de sa trilogie yakuza, Dead or Alive 2 nous compte le destin de deux amis d'enfance qui par le hasard de leur métier (tueurs à gages) se retrouvent 20ans après. Film d'île, de réflexion sur l'enfance avant d'être un film de gangsters, Dead or Alive 2 est un petit bijou d'ambiance, de douceur et de mort. A voir, à voir pour comprendre comment Miike s'y prend pour ne prendre à revers, pour contourner ce blas lancinant qui est le symbole de notre époque, à voir pour ses amis, plus que pour le sang.
" Tu sais, je pense qu'on ira en enfer. "
" Ouais...mais l'important ce n'est pas d'aller au paradis ou en enfer, c'est d'y aller ensemble. "
...je suis crevé.
Genesis de Nacho Cerda :
Poésie faite film (je déteste ce genre d'expression)(et puis j'écris trop de fois le mot film) dans cette adaptation libre (tout est adaptation libre)(ma vie est une adaptation libre de la vie de Wilder) du mythe de Pygmalion et Galatée, mérite d'être vue, pour ce qu'elle est, une tendresse muette, un amour de chair et de pierre.
Avant de passer à une partie de l'oeuvre du cinéaste japonais, je vous signale (ou plutôt je me signale) que Max Payne de John Moore, est une ridicule adaptation d'un jeu vidéo à l'univers pourtant solide et marqué, les acteurs y sont tristes, les scènes d'action insipides, le scénario, creux comme jamais (rares sont les films où on se demande quand ça va réellement commencer à être mieux après une heure de film)(et ça ne commence jamais). En bref, si vous voulez d'un personnage sombre, torturé et sans morale, optez pour Payback avec Mel Gibson de je-ne-sais-plus-qui-mais-il-a-sûrement-pas-dû-faire-trop-de-chefs-d'oeuvre, ça c'est un polar noir avec un univers et non pas une bouse aseptisée (violence ? zéro) pour les kids acnéiques top hardcore.
Bien. Passons aux choses sérieuses. Comme il doit être difficile pour les observateurs européens de connaître en profondeur une oeuvre aussi dense que celle de Miike, ce dernier étant par exemple capable de pondre une dizaine de films à l'année. Cependant, et ce pour moi qui n'en ai pas vu beaucoup, certaines récurrences thématiques et esthétiques m'ont sautés aux yeux (ah non pas moi, ils sont si beaux), récurrences ...
Sukiyaki Western Django est comme sa queue de nom l'indique à mettre en rapport avec le western spaghetti de 66 de Sergio Corbucci, à ceci près que contrairement au "The Good, The Bad and The Weird" de Jee-Won, il s'agit là d'une préquelle et non d'un hommage calquant l'histoire. Quand le film s'est mis en route, j'ai tout bonnement halluciné, on y voit en effet Quentin Tarantino jouer du revolver comme personne face à des acteurs nippons dépliant la langue de Shakespeare avec un accent tout à fait révoltant. Le décor est celui d'un coucher de soleil en carton patte absolument magnifique, d'ailleurs et il le faut le signaler, tout le travail sur les décors dans ce film est assurément génial, que l'on passe des montagnes au désert, de chemins en cascades, tout y est superbe, une beauté encore une fois exagérée dans un plaisir fanatique (et pour fanatique) lors de la scène finale sous une neige qui dépose son lourd manteau en même pas 30secondes. Car oui on est bien en face d'un film ultra-référentiel et joyeusement poseur où les flingues et les katanas se côtoient sans grand peine et où chaque nouvelle scène est prétexte à un déluge d'action. Miike réussit néanmoins et ce comme son homologue Tarantino, à rendre tous ses personnages attachants et à glisser de réels moments de comédie et de drame. C'est donc un film audacieux, esthétique à souhait et absolument jubilatoire.
Scannant scrupuleusement les affres de la société japonaise, Suicide Club est avant tout un film sur une réalité : les japonais se suicident et ils sont contents. Bon o k, ils ne se suicident pas tant que ça et ils n'agissent pas selon les vélléités d'un groupe d'enfants tarés mais quand même, ils se suicident. Je suis un petit peu fatigué. C'est un film réussi en tous points, l'ambiance y est fantastique, la violence, l'horreur, provoque sans cesse un décrochement, et donc une accroche dans nos fonds de rétine usés par la commodité filmique. Parce que oui Miike est avant tout un cinéaste transgresseur, qui n'hésite pas à intégrer un détail de mise en scène burlesque au moment où toute la scène réclamait autre chose, c'est un cinéma qui contourne mais qui séduit malgré tout, parce que les moyens sont là et qu'il y a chez lui et ce même s'il tourne beaucoup, une apparente maîtrise de son sujet. Suicide Club par exemple est un film sur le fil de la folie, et toujours il y reste, même s'il est ponctué de scènes bizarroïdes (comme le tour de chant du Charles Manson de service), de plus il parvient dans ce terrible bordel sanglant à aménager au moment où on s'y attend le moins, une fine place pour une larme. Et elle passe, dans cette scène au téléphone, elle passe.
Deuxième volet de sa trilogie yakuza, Dead or Alive 2 nous compte le destin de deux amis d'enfance qui par le hasard de leur métier (tueurs à gages) se retrouvent 20ans après. Film d'île, de réflexion sur l'enfance avant d'être un film de gangsters, Dead or Alive 2 est un petit bijou d'ambiance, de douceur et de mort. A voir, à voir pour comprendre comment Miike s'y prend pour ne prendre à revers, pour contourner ce blas lancinant qui est le symbole de notre époque, à voir pour ses amis, plus que pour le sang.
" Tu sais, je pense qu'on ira en enfer. "
" Ouais...mais l'important ce n'est pas d'aller au paradis ou en enfer, c'est d'y aller ensemble. "
...je suis crevé.
Genesis de Nacho Cerda :
Poésie faite film (je déteste ce genre d'expression)(et puis j'écris trop de fois le mot film) dans cette adaptation libre (tout est adaptation libre)(ma vie est une adaptation libre de la vie de Wilder) du mythe de Pygmalion et Galatée, mérite d'être vue, pour ce qu'elle est, une tendresse muette, un amour de chair et de pierre.
samedi 14 mars 2009
mercredi 11 mars 2009
Histoire à dormir debout
A l'intérieur du feu :
Désolé, je ne pense pas venir demain, je me suicide. Message envoyé. Après une légère pression sur le bouton le plus rouge, l'écran se décolore jusqu'à redevenir un objet complètement inerte. Je ne sais pas réellement comment je vais faire et je ne sais pas pourquoi de telles pensées me viennent mais le message est envoyé. Je ne veux pas mourir mais il va peut-être falloir pourtant. Je suis autiste, on dit que les autistes ont des problèmes d'isolement et de communication, on dit que certains autistes savants ont des dons extraordinaires. Je ne suis pas un autiste savant, je ne retiens pas l'intégralité du livre que je suis en train de lire, je ne connais que très peu de nombres premiers. A vrai dire, je ne suis pas un autiste, enfin, j'ai bel et bien eu mon lot de troubles et d'examens pendant mon enfance mais aujourd'hui je ne pense plus être un autiste à proprement parlé, en ceci que je ne ressens ni gêne ni génie particulier. Seulement, je suis obligé de le mentionner sur mon curriculum vitae, parce qu'il se peut que j'ai des crises de tétanie et que je dois en donner les causes au cas où. Je n'ai pas eu de crise de tétanie depuis que j'ai l'âge de dix ans. Je suis un autiste normal qui doit sans cesse répéter à qui veut l'entendre qu'il est autiste et qu'il est un peu différent. Le cerveau des gens changent à une vitesse dégoûtante, juste avant que je leur avoue mon autisme, je peux sentir en eux un bouleversement, quelque chose d'infect et de commun à tous, comme si je devenais pour eux, qu'importe mon apparence, mon élocution et mes gestes, une curiosité. Or, je ne suis pas une curiosité, je suis un être humain normal qui ne demande que des soucis normaux et surtout pas cette espèce de racisme mineur. Je ne me suis jamais réellement entendu avec personne, ils étaient toujours courbés sur leur peur comme des chats dans une flaque, ils devaient s'attendre à ce que je me mette à baver ou à je ne sais quoi. Mon humour par exemple est toujours compris comme étant une preuve de mon autisme, je n'ai pas le droit de dire une phrase à côté de la plaque sous peine d'être tout de suite envoyé au centre le plus proche pour y subir une batterie de tests. Mes mots sont plus lourds que tous les vôtres car je dois sans cesse prouver que je ne suis pas un être dépendant d'une "poésie extérieure". Jesse James fut sans conteste le cadavre exposé le plus vu au monde, pourtant c'est un criminel. Son cercueil de verre et de glace fut la première attraction touristique américaine pendant toute l'année suivant sa mort. Je ne sais pas pourquoi je raconte tout cela mais le message est envoyé et j'ai tout un tas d'informations inutiles qui traînent dans un coin de ma tête, j'ai envie de les dire, comme si c'était une part de mes souvenirs. Une part des choses qui sont restées dans mon esprit sans pour autant être partagé, une part de mon humanité car quoi qu'on en dise, l'être humain c'est un petit peu de partage pour une majorité d'intériorité, j'ai passé plus de temps avec moi-même que n'importe qui sur cette Terre. J'en ai vu moi aussi des cadavres, mon boulot étant de les emballer et de les faire glisser sur des brancards jusqu'à ce qu'ils arrivent près des légistes. J'en ai vu et j'ai vu ce que ça pourrait être si tout à coup leurs corps morts se mettaient à s'ouvrir par le front pour tout recracher, souvenirs et regrets. Figurez-vous qu'on a bien tort de complexifier un être humain car bien souvent dans cette gerbe frontale, on ne voyait qu'une couleur ou qu'un mot, symbole de leurs vies. Hier par exemple, une adolescente qui était à l'arrière et qui par la faute de son père et d'une plaque de glace s'est retrouvée projetée contre le siège, ce qui lui a fait perdre connaissance, je ne sais comment, l'essence s'est mise à brûler, brûlant ainsi le véhicule, son corps n'était pas mortellement touché mais la malheureuse n'a pas supporté la montée des flammes sur ses épaules, son coeur s'est arrêté net. Et bien chez cette petite, il y avait un regard jaune accompagné du mot célibataire. Ce que cela veut dire réellement, je ne sais pas, la jeune fille étant à l'âge des amours, on peut par contre facilement supposer que sa dernière plus grosse envie dans la vie fut de sortir du célibat. Le jaune c'est l'été. Le jaune c'est mardi aussi. En cadavre, nous finirons tous comme cela, entre les mains banalisées et insensibilisées de légistes qui sans crainte ni dégoût nous casserons les côtes pour prélever nos organes, nous perforant le crâne pour en retirer le cerveau. Nous serons tous des coeurs, des rates, des cerveaux, dans les mains de plastique d'hommes couverts de sang. Nous qui avons pendant tant de jours et d'heures eu en point d'orgue une jouissance divine, nous finirons dans une poubelle, gros morceaux d'intestins verdâtres, mélanges d'acides et d'urines s'écoulant par le trou. Nos charognards à nous ont des diplômes mais une fois partie la vie reste la même, il s'agit de se décomposer lentement et d'arracher les restes. Cela fait mal à l'estomac de penser à tout cela, à comme on sera une fois mort, le ventre ouvert, le crâne à sec. Nous serons comme ce portable dans ma poche, des objets sans fonction, la vie étant l'unique possession de n'importe quel homme. Penser aussi qu'on puisse s'habituer à la vue d'un corps sans vie me fait doucement frissonner, moi-même et ce malgré mon peu d'affinités d'avec le genre humain, je ne pousse pas le moindre brancard sans savoir un haut le coeur. Mais ces hommes là, ceux qui se servent de couteaux et de roulettes électriques pour les dépecer, ces hommes-là n'hésitent plus quand ils détruisent la chair humaine. Il faut cependant s'y faire à notre future décrépitude, paraît que c'est ça qui fait que l'on fait les choses. Inconsciemment ou consciemment, paraît que c'est grâce au feu qui fait claquer l'adolescente que l'on se motive, que l'on va de l'avant. Mais c'est où l'avant ? Et puis le feu, pourquoi ce feu ce ne sont pas mes mains. Pourquoi je ne serais pas une grosse brousse de feu avalant le corps de cette gamine ? Déchirant, carbonisant la moindre parcelle célullaire de mes lèvres torrides ? J'aimerais être du feu. Du moins, juste à l'intérieur de celui-ci, comme un manteau. J'irai partout sans craindre rien. Je verrais la peau cédant le voile aux nerfs et au sang qui bout, puis je verrais des couleurs impossibles d'éclairs blancs et gris comme la vie qui s'échappe. Je verrais le visage de la mort en enlevant des vies. Il me faut un manteau de feu, tout de suite, parce que je pense que le prochain, oui le prochain, il arrive, ils l'annoncent. Je pense que le prochain, il est pour moi.
Désolé, je ne pense pas venir demain, je me suicide. Message envoyé. Après une légère pression sur le bouton le plus rouge, l'écran se décolore jusqu'à redevenir un objet complètement inerte. Je ne sais pas réellement comment je vais faire et je ne sais pas pourquoi de telles pensées me viennent mais le message est envoyé. Je ne veux pas mourir mais il va peut-être falloir pourtant. Je suis autiste, on dit que les autistes ont des problèmes d'isolement et de communication, on dit que certains autistes savants ont des dons extraordinaires. Je ne suis pas un autiste savant, je ne retiens pas l'intégralité du livre que je suis en train de lire, je ne connais que très peu de nombres premiers. A vrai dire, je ne suis pas un autiste, enfin, j'ai bel et bien eu mon lot de troubles et d'examens pendant mon enfance mais aujourd'hui je ne pense plus être un autiste à proprement parlé, en ceci que je ne ressens ni gêne ni génie particulier. Seulement, je suis obligé de le mentionner sur mon curriculum vitae, parce qu'il se peut que j'ai des crises de tétanie et que je dois en donner les causes au cas où. Je n'ai pas eu de crise de tétanie depuis que j'ai l'âge de dix ans. Je suis un autiste normal qui doit sans cesse répéter à qui veut l'entendre qu'il est autiste et qu'il est un peu différent. Le cerveau des gens changent à une vitesse dégoûtante, juste avant que je leur avoue mon autisme, je peux sentir en eux un bouleversement, quelque chose d'infect et de commun à tous, comme si je devenais pour eux, qu'importe mon apparence, mon élocution et mes gestes, une curiosité. Or, je ne suis pas une curiosité, je suis un être humain normal qui ne demande que des soucis normaux et surtout pas cette espèce de racisme mineur. Je ne me suis jamais réellement entendu avec personne, ils étaient toujours courbés sur leur peur comme des chats dans une flaque, ils devaient s'attendre à ce que je me mette à baver ou à je ne sais quoi. Mon humour par exemple est toujours compris comme étant une preuve de mon autisme, je n'ai pas le droit de dire une phrase à côté de la plaque sous peine d'être tout de suite envoyé au centre le plus proche pour y subir une batterie de tests. Mes mots sont plus lourds que tous les vôtres car je dois sans cesse prouver que je ne suis pas un être dépendant d'une "poésie extérieure". Jesse James fut sans conteste le cadavre exposé le plus vu au monde, pourtant c'est un criminel. Son cercueil de verre et de glace fut la première attraction touristique américaine pendant toute l'année suivant sa mort. Je ne sais pas pourquoi je raconte tout cela mais le message est envoyé et j'ai tout un tas d'informations inutiles qui traînent dans un coin de ma tête, j'ai envie de les dire, comme si c'était une part de mes souvenirs. Une part des choses qui sont restées dans mon esprit sans pour autant être partagé, une part de mon humanité car quoi qu'on en dise, l'être humain c'est un petit peu de partage pour une majorité d'intériorité, j'ai passé plus de temps avec moi-même que n'importe qui sur cette Terre. J'en ai vu moi aussi des cadavres, mon boulot étant de les emballer et de les faire glisser sur des brancards jusqu'à ce qu'ils arrivent près des légistes. J'en ai vu et j'ai vu ce que ça pourrait être si tout à coup leurs corps morts se mettaient à s'ouvrir par le front pour tout recracher, souvenirs et regrets. Figurez-vous qu'on a bien tort de complexifier un être humain car bien souvent dans cette gerbe frontale, on ne voyait qu'une couleur ou qu'un mot, symbole de leurs vies. Hier par exemple, une adolescente qui était à l'arrière et qui par la faute de son père et d'une plaque de glace s'est retrouvée projetée contre le siège, ce qui lui a fait perdre connaissance, je ne sais comment, l'essence s'est mise à brûler, brûlant ainsi le véhicule, son corps n'était pas mortellement touché mais la malheureuse n'a pas supporté la montée des flammes sur ses épaules, son coeur s'est arrêté net. Et bien chez cette petite, il y avait un regard jaune accompagné du mot célibataire. Ce que cela veut dire réellement, je ne sais pas, la jeune fille étant à l'âge des amours, on peut par contre facilement supposer que sa dernière plus grosse envie dans la vie fut de sortir du célibat. Le jaune c'est l'été. Le jaune c'est mardi aussi. En cadavre, nous finirons tous comme cela, entre les mains banalisées et insensibilisées de légistes qui sans crainte ni dégoût nous casserons les côtes pour prélever nos organes, nous perforant le crâne pour en retirer le cerveau. Nous serons tous des coeurs, des rates, des cerveaux, dans les mains de plastique d'hommes couverts de sang. Nous qui avons pendant tant de jours et d'heures eu en point d'orgue une jouissance divine, nous finirons dans une poubelle, gros morceaux d'intestins verdâtres, mélanges d'acides et d'urines s'écoulant par le trou. Nos charognards à nous ont des diplômes mais une fois partie la vie reste la même, il s'agit de se décomposer lentement et d'arracher les restes. Cela fait mal à l'estomac de penser à tout cela, à comme on sera une fois mort, le ventre ouvert, le crâne à sec. Nous serons comme ce portable dans ma poche, des objets sans fonction, la vie étant l'unique possession de n'importe quel homme. Penser aussi qu'on puisse s'habituer à la vue d'un corps sans vie me fait doucement frissonner, moi-même et ce malgré mon peu d'affinités d'avec le genre humain, je ne pousse pas le moindre brancard sans savoir un haut le coeur. Mais ces hommes là, ceux qui se servent de couteaux et de roulettes électriques pour les dépecer, ces hommes-là n'hésitent plus quand ils détruisent la chair humaine. Il faut cependant s'y faire à notre future décrépitude, paraît que c'est ça qui fait que l'on fait les choses. Inconsciemment ou consciemment, paraît que c'est grâce au feu qui fait claquer l'adolescente que l'on se motive, que l'on va de l'avant. Mais c'est où l'avant ? Et puis le feu, pourquoi ce feu ce ne sont pas mes mains. Pourquoi je ne serais pas une grosse brousse de feu avalant le corps de cette gamine ? Déchirant, carbonisant la moindre parcelle célullaire de mes lèvres torrides ? J'aimerais être du feu. Du moins, juste à l'intérieur de celui-ci, comme un manteau. J'irai partout sans craindre rien. Je verrais la peau cédant le voile aux nerfs et au sang qui bout, puis je verrais des couleurs impossibles d'éclairs blancs et gris comme la vie qui s'échappe. Je verrais le visage de la mort en enlevant des vies. Il me faut un manteau de feu, tout de suite, parce que je pense que le prochain, oui le prochain, il arrive, ils l'annoncent. Je pense que le prochain, il est pour moi.
lundi 9 mars 2009
Histoire à dormir debout
Mais avant tout :
N'étant pas familier de l'univers du monsieur dont on croise ici deux figures récurrentes : le détective usé et poisseux joué avec grand classe par Thierry Lhermitte et le personnage de comissaire taiseuse, secrète, savante interprétée par Balasko, je ne peux pas dire si l'intrigue est forte en résonance, juste que l'on a droit à un film de genre très bien foutu, avec du grain, de la vermoulure et des coups qui font mal. Que Canet est cool, que Paradis est inutile et que peut-être à un moment, je me pencherais sur l'amour du noir qu'est l'oeuvre de Nicloux (l'intrigue essaie d'avoir un prétexte émotionnelle foireux sur la filiation père-fils père-fille alors que son côté bitemporelle méritait mieux) ...mais enfin, l'ambiance est là et c'est apparemment le seul souci du père Nic'
Cortex de Nicolas Bouchriev (toute autre orthographe étant admise) :
Qu'est ce que j'ai au fait ? Alzheimer papa...
L'idée intelligente de placer un policier à la retraite et progressivement amnésique dans une clinique où là encore le crime semble être roi sert bien évidemment à poser une seule et unique question jusqu'à la toute fin du film : l'homme qu'on suit est-il en train de devenir fou et paranoïaque en menant une enquête qui n'a pas lieu d'être ou bien a-t-il raison et est-il inutilement sappé par une société qui s'empresse d'oublier "ceux qui oublient" (scène très réussie d'ailleurs où notre Charles Boyer, héros du film, gueule à un des médecins qui lui demandent d'oublier la mort d'une camarade, qu'il ne veut pas oublier !)...pour réussir à nous faire poser cette question sans tomber dans la longueur, il fallait une véritable atmosphère, un sens du cadre et du rythme, ce que le réalisateur parvient toujours à conserver...et un acteur qui puisse être instantanément charismatique et c'est là qu'André Dussolier nous montre bien que c'est un acteur immense, tant dans le jeu que dans l'unique présence, mes mots ne sont pas pesés certes mais réellement, rien que par sa voix et ses gestes, il parvient à nous faire croire en sa maladie...bref, un film qui démontre plan après plan tout le nectar de son propos, un film maîtrisé, abouti, un bon film (qui n'oublie pas la responsabilité des milieux hospitaliers dans la désocialisation de certains Alzheimer)(en étant entouré de fous, on le devient plus facilement)...
A Scene At The Sea de Takeshi Kitano :
Troisième film du japonais après le sauvage Violent Cop, A Scene At The Sea est sans doute son métrage le plus méconnu et pourtant...et pourtant...comme dans Kids Returns, les protagonistes du film se dégagent d'une vie laborieuse et monotone grâce à une passion sportive, cette fois-ci c'est le surf qui est à l'honneur, pratique qui s'articule autour de deux choses, la planche et la mer...ces deux éléments seront les deux principaux moteurs du film, comme le sont les personnages principaux, un couple de sourds-muets (la surdité était déjà l'un des thèmes de son précédent film, Jugatsu) mené par le garçon, amoureux de surf, avec dans ses pas la jeune fille.
Dans sa fable amoureuse, Kitano n'oublie pas l'un des standards du film sportif et des films dits à "success story" et il nous montre donc la lente évolution de son personnage dans l'art de tenir sur une planche au milieu des vagues...il nous montre tout l'espoir qu'il entraîne dans son sillage à travers le rire de son amie...au fond, on ne peut pas réellement parler de ce film, il faut juste le regarder, transporté, par les images et la musique d'Hisashi comme on le fait devant la mer...
Waitress d'Adrienne Shelly :
Que du paradis madame Shelly se rassure, elle aura laissé une jolie et douce part de tarte en offrant ce film délicieux. Jenna (interprétée par l'absolument de plus en plus ravissante à chaque plan et chaque nouvelle expression Kéri Russell) est une waitress, c'est à dire une serveuse qui en plus de ça fait des tartes super ! (youou) elle est mariée avec un enculé (Jérémy Sisto, succulent, agaçant, répugnant) et a des amies qui sont de véritables clichés mais qui pour autant derrière ont tous une tendresse supérieure et surprenante (oui ! ) ...je ne vois pas ce que je peux dire encore une fois à propos de ce film, c'est tout doux comme un marshmallow ! Les acteurs y sont maouss costauds et l'on passe vraiment un bon moment (même à 5h du mat' un jour de semaine) !!!! ALLEZ-Y ! MANGEZ DONC UN BOUT ! JUST A SLICE OF THAT AWESOME PIE !
******************************************************************************
J'ai également vu Aftermath de Nacho Cerda que je vais croniquer en écrivant une petite nouvelle que voici que voilà de ma tête toute sortie...
A l'intérieur du feu :
La Clef de Guillaume Nicloux :
N'étant pas familier de l'univers du monsieur dont on croise ici deux figures récurrentes : le détective usé et poisseux joué avec grand classe par Thierry Lhermitte et le personnage de comissaire taiseuse, secrète, savante interprétée par Balasko, je ne peux pas dire si l'intrigue est forte en résonance, juste que l'on a droit à un film de genre très bien foutu, avec du grain, de la vermoulure et des coups qui font mal. Que Canet est cool, que Paradis est inutile et que peut-être à un moment, je me pencherais sur l'amour du noir qu'est l'oeuvre de Nicloux (l'intrigue essaie d'avoir un prétexte émotionnelle foireux sur la filiation père-fils père-fille alors que son côté bitemporelle méritait mieux) ...mais enfin, l'ambiance est là et c'est apparemment le seul souci du père Nic'
Cortex de Nicolas Bouchriev (toute autre orthographe étant admise) :
Qu'est ce que j'ai au fait ? Alzheimer papa...
L'idée intelligente de placer un policier à la retraite et progressivement amnésique dans une clinique où là encore le crime semble être roi sert bien évidemment à poser une seule et unique question jusqu'à la toute fin du film : l'homme qu'on suit est-il en train de devenir fou et paranoïaque en menant une enquête qui n'a pas lieu d'être ou bien a-t-il raison et est-il inutilement sappé par une société qui s'empresse d'oublier "ceux qui oublient" (scène très réussie d'ailleurs où notre Charles Boyer, héros du film, gueule à un des médecins qui lui demandent d'oublier la mort d'une camarade, qu'il ne veut pas oublier !)...pour réussir à nous faire poser cette question sans tomber dans la longueur, il fallait une véritable atmosphère, un sens du cadre et du rythme, ce que le réalisateur parvient toujours à conserver...et un acteur qui puisse être instantanément charismatique et c'est là qu'André Dussolier nous montre bien que c'est un acteur immense, tant dans le jeu que dans l'unique présence, mes mots ne sont pas pesés certes mais réellement, rien que par sa voix et ses gestes, il parvient à nous faire croire en sa maladie...bref, un film qui démontre plan après plan tout le nectar de son propos, un film maîtrisé, abouti, un bon film (qui n'oublie pas la responsabilité des milieux hospitaliers dans la désocialisation de certains Alzheimer)(en étant entouré de fous, on le devient plus facilement)...
A Scene At The Sea de Takeshi Kitano :
Troisième film du japonais après le sauvage Violent Cop, A Scene At The Sea est sans doute son métrage le plus méconnu et pourtant...et pourtant...comme dans Kids Returns, les protagonistes du film se dégagent d'une vie laborieuse et monotone grâce à une passion sportive, cette fois-ci c'est le surf qui est à l'honneur, pratique qui s'articule autour de deux choses, la planche et la mer...ces deux éléments seront les deux principaux moteurs du film, comme le sont les personnages principaux, un couple de sourds-muets (la surdité était déjà l'un des thèmes de son précédent film, Jugatsu) mené par le garçon, amoureux de surf, avec dans ses pas la jeune fille.
Dans sa fable amoureuse, Kitano n'oublie pas l'un des standards du film sportif et des films dits à "success story" et il nous montre donc la lente évolution de son personnage dans l'art de tenir sur une planche au milieu des vagues...il nous montre tout l'espoir qu'il entraîne dans son sillage à travers le rire de son amie...au fond, on ne peut pas réellement parler de ce film, il faut juste le regarder, transporté, par les images et la musique d'Hisashi comme on le fait devant la mer...
Waitress d'Adrienne Shelly :
Que du paradis madame Shelly se rassure, elle aura laissé une jolie et douce part de tarte en offrant ce film délicieux. Jenna (interprétée par l'absolument de plus en plus ravissante à chaque plan et chaque nouvelle expression Kéri Russell) est une waitress, c'est à dire une serveuse qui en plus de ça fait des tartes super ! (youou) elle est mariée avec un enculé (Jérémy Sisto, succulent, agaçant, répugnant) et a des amies qui sont de véritables clichés mais qui pour autant derrière ont tous une tendresse supérieure et surprenante (oui ! ) ...je ne vois pas ce que je peux dire encore une fois à propos de ce film, c'est tout doux comme un marshmallow ! Les acteurs y sont maouss costauds et l'on passe vraiment un bon moment (même à 5h du mat' un jour de semaine) !!!! ALLEZ-Y ! MANGEZ DONC UN BOUT ! JUST A SLICE OF THAT AWESOME PIE !
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J'ai également vu Aftermath de Nacho Cerda que je vais croniquer en écrivant une petite nouvelle que voici que voilà de ma tête toute sortie...
A l'intérieur du feu :
samedi 7 mars 2009
Rêve %
Un avec l'acteur principal de Mad Detective, avec un enfan mort en combinaison orange, des longues voitures noires aux pare-brise fissurés, un avec Patrick Bruel, Brunel, explosant contre une vitre et plantant un paparazzi, avec beaucoup de choses, un train, des feuilles double, une fille au teint pâle, avec un collier, des petits cheveux, ma petite amie, des écrans que je contrôle par la pensée, une voiture en programme informatique, le monde giclant entier par mes synapses, un royaume jaune et technologique, une, un ...un rêve plein rêve
jeudi 5 mars 2009
La Pieuvre, suite suite
Cependant, c'était peine perdue, la boule était trop grosse et malgré tous les muscles et autres coups d'ailes et de bec, la porte continuait de faire le mur. De nouvelles larmes étaient déjà sur les rangs, elles portaient le doux nom d'exaspération. Je me suis mis à frapper dans tous les coins de cette étroite cabine de toilettes, oubliant la porte, oubliant le dépit, m'oubliant. Je me suis mis à hurler et à cogner de mon poing valide sur ses murs à la peinture bleu fade d'indigo inachevé. Bientôt, sous les coups à répétition, des couronnes blanches se sont mises à se soulever de mes jointures, ma peau et mes os mourraient sous cette brutalité inédite, aussi sous l'énergie du geste, ma main droite comme un double de la gauche se crispait et craquait son bandage à chaque nouveau coup porté. Toute cette énergie déployée n'était toutefois pas vaine car la porte montra enfin un peu de lassitude. En effet elle remuait, enfant grelottant attendant que cela cesse. Mais plus la douleur me montait aux mains, plus je frappais et plus j'aimais ça, plus j'avais l'impression d'abandonner mes précieuses mains, plus je voulais les abandonner. Là où je me souviens encore du bleu de mon poing et du rouge de mes joues, j'ai pour toujours effacé mes cris furieux de ce jour-là, sans doute valait-il mieux ne pas se souvenir de tout dans telle métamorphose. J'étais passé du requin tordu au monstre féroce s'excitant dans sa cage. Et c'est alors que j'avais de plus en plus l'impression de muer en une bête, gigantesque et cruelle qu'un léger clic retentit. Le cerveau étant une chose lente, il y eut une seconde de trop entre ce clic et la compréhension par ce dernier que mon calvaire était fini. Si bien que c'est en boulet de canon que je me suis mis à foncer vers ce que je croyais être une muraille colossale qui n'était en fait qu'une porte déjà ouverte. Ma ruade m'offrit bien évidemment un roulé-boulé ridicule jusqu'au pied du lavabo, mon égo en périel n'avait pas besoin de ça ! En me relevant péniblement, la main gauche rouge et blanche sur le rebord du lavabo et le reste du corps encore endolori par l'émotion, c'est avec une lenteur héroïque que je pus enfin voir mon visage dans le miroir. Et comme il avait changé ! Il était devenu bleu, de ce bleu introuvable qui était parfois présent au coeur de certains rêves dont je n'ai plus aujourd'hui que le souvenir et que j'ai toujours qualifié par affection de "bleu des Alpes", mon imagination étant sûre en effet que ce genre chromatique était uniquement possible là-bas, aux Alpes. Mais je n'étais pas seulement bleu, mes cheveux avaient également disparus au profit d'un crâne large et élancée, comme celui de certaines espèces du paléolithique, mon nez aussi manquait à l'appel, il avait été remplacé par deux fentes ou plutôt par deux creusures d'un noir strict. Mes yeux avaient perdus leur blanc, mes oreilles n'étaient plus. J'étais devenu une abberration, un être complètement inhumain, une créature, une dégénérescence.
- On se ressemble tu ne trouves pas ?
Mes veines, enflées par les coups, se glacèrent immédiatement, donnant l'impression que plusieurs rivières me courraient sur les bras. En brisant le silence, cette voix m'avait ramené du monde des monstres à celui de la peur. Car les lèvres fines et rentrées qui prononcèrent ces mots n'étaient pas les miennes mais celle de la créature bleue des Alpes se trouvant juste à côté de moi et qui de fait, m'était toute étrangère. Mon esprit et mes sens n'avaient de cesse de se faire abuser en ce matin maudit et le peu de raison qu'il me restait me fit dire très vite que cela devait être une hallucination, une création de quelconque rupture nerveuse et qu'il me suffirait de cligner des yeux quelques secondes pour qu'elle disparaisse.
- Je t'ai parlé, tu ne trouves pas qu'on se ressemble ?
Ce monstre, ce bleu, cette voix, cette folie était réelle. Je ne pus que me résigner, tout espoir de retour à la réalité ayant été noyé, ma vie étant créature ou non qu'une vaste ruine, à franchir à corps perdus les portes de ma perception. C'est ainsi que tout naturellement et presque arrogant, je lui répondis ainsi :
- Non, enfin je veux dire, je ne me trouve pas spécialement bleu.
* Moi, je trouve qu'on se ressemble. Qu'on se ressemble même beaucoup. Regarde bien dans ce miroir, tu verras.
- Puisque je vous dis que je ne suis pas bleu et puis d'ailleurs je ne vous connais pas. Quel est ton nom ?
* Je suis comme toi, je n'ai pas de nom.
- Comment ça ?
* Je ne sais pas. Ce que je sais c'est que si jamais on me pose cette question je dois toujours répondre de cette façon. Cela fait partie de mon protocole.
- De ton protocole ? Tu veux dire de ton programme ? Tu serais donc une machine ? Une machine bleue ?
* Je ne suis pas une machine. Je ne suis pas non plus humain. Je ne sais pas ce que je suis, je suis peut-être né de la magie ou du sacrifice de plusieurs milliards de personnes. Je ne sais pas beaucoup de choses sur moi.
- Mais, que fais-tu ici en fin de compte ?
* Je ne sais pas. Ce que je sais c'est que je devais te rencontrer pour je ne sais quelle raison.
- Moi ? Mais sais-tu au moins qui je suis ? Ai-je la tête de celui qui doit à tout prix rencontrer des humanoïdes bleuâtres dans les toilettes de l'établissement où il enseigne ?
* Je devais te rencontrer car tu devais me rencontrer. C'est comme ça, et pour répondre à ta première question, mon nom se trouve sur mon bras droit.
Je pus lire en effet, comme creusé par des ongles dans toute la longueur de son avant-bras noueux, les sombres inscriptions suivantes :
ADMATISRHENINE
- A...dma...tisrhénine ?
* Comme tu peux le lire et comme tu peux le dire, ça doit être mon nom mais tu peux si tu le veux choisir à ta convenance de le raccourcir. Cela aussi fait partie du protocole.
- Mais le protocole pour quoi ? En l'honneur de quoi ? Tu es mon cadeau d'anniversaire ? Je t'ai gagné à une tombola sans le savoir ou quoi ?
* Tu ne m'as pas gagné. Je ne suis pas ton cadeau, tu ne me possèdes pas. Je suis comme toi, excepté que je ne suis pas humain.
- Ce qui veut dire que tu as un coeur, des émotions, une vie privée ?
* Pour que nous puissions continuer cette discussion, il est préférable de suivre le protocole. Veux-tu s'il te plaît me dire si tu choisis de m'appeler dorénavant par mon nom entier ou pour l'un de ses diminutifs. Merci de ta compréhension.
- Je ne comprends pas tu sais mais je veux bien suivre ton protocole car je suis curieux, bien curieux de savoir comment fonctionne la folie. Oui, parce que tu n'es que folie, tu le sais et ils le savent tous, ceux qui nous regardent, ils le savent, tu es une farce de caoutchouc et de latex. Tu es un pantin mieux fait que les autres voilà tout. Bon...je ne peux pas t'appeler comme je le veux mais seulement par un diminutif du nom inscrit sur ton bras c'est ça ?
* C'est cela.
La douceur monocorde de sa voix avait éveillé de nouveaux frissons dans mon esprit qui jusque là voletait sans comprendre ni s'arrêter. Je devais malgré tout le suivre dans ses idées si je voulais un jour retrouver les miennes et enfin tirer au clair l'absurde de la situation.
- Hmmm ADM A TIS RHEN INE ...Admatis Rhénine...Admatis...Adma...oui...je vais t'appeler à partir de maintenant, je t'appellerai Adma !
* C'est noté. Maintenant, je vais t'expliquer les manières de me faire apparaître et la seule et unique raison qui pourrait causer ma disparition, totale et définitive. Tu peux cependant décider de ne pas entendre ce second point.
- Foutu pour foutu, Adma Adma, je veux bien tout entendre.
* D'abord, sache que si tu veux me faire apparaître il faut tracer mon nom, entendu mon nom usuel, c'est à dire Adma de n'importe laquelle des façons, poser une de tes paumes sur l'inscription et siffler autant de fois que tu veux passer d'heures en ma compagnie. Par exemple et même si tu ne l'as sans doute pas entendu, tu as, dans ta furie, sifflé une fois entre tes dents, ce qui fait que je ne resterai qu'une heure. Tu n'avais pas besoin pour cette exemple d'avoir écrit mon nom puisque comme je te l'ai déjà dit, il n'existait pas.
- J'ai bien peur, Adma Adma, de ne plus très bien te suivre, et ce malgré le fait que je m'accomode fort bien de l'incongruité absolue présente dans toute cette histoire.
* Sache juste que si tu veux que j'apparaisse, il faut écrire mon nom, poser ta main dessus et siffler une fois pour que je sois là une heure, deux fois pour que je sois là deux heures etc...etc...en sachant que dès que tu fais ça j'apparais immédiatement et que si tu siffles trente-trois-mille-cinq-cent fois, je resterai avec toi trente-trois-mille-cinq-cent heures. Fais donc bien attention à ce que tu veux à mon égard.
- Mais toi, tu es où si je ne t'appelle pas ?
* Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que si tu siffles je viens et que c'est le seul moyen de me faire venir en ce monde. Nous pouvons maintenant passer au second point, es-tu sûr de bien vouloir l'entendre ? Es-tu sûr de vouloir ce qui pourrait me faire partir ? N'as-tu pas peur que cela fausse ton jugement ?
- Dis toujours Adma Adma, désormais, dans pareille agonie, je n'ai plus peur de rien.
* Surveille tes paroles et surveille les miennes, la seule et unique raison qui me ferait disparaître définitivement de ce monde et ce même si tu siffles pendant l'éternité...c'est que...
A ce moment-là, la créature bleue, qui au fil de la discussion comme j'avais pu le remarquer était un petit peu plus grande que moi. A ce moment-là donc, elle perdit un peu de son sang froid et dévoila une faille dans sa manière docte et robotique d'annoncer les choses, prouvant par la même occasion qu'elle n'était ni docteur ni robot.
* Bref, je disparais si mon coeur me dit que l'on ne se ressemble plus. Et je réponds de fait à ta précédente question.
- Mais l'on ne se ressemble pas du tout ! Puisque je te dis que je ne suis pas bleu, que je ne suis pas grand, et puis même d'un point de vue intellectuel nous n'avons pas le même parcours puisque je suis sûr que tu as été au collège de "Jenesaispas", au lycée de "Jenesaispas" et à l'université de "Jenesaispas". On ne se ressemble pas je te dis, et puis tu as un coeur, comment ça, tu es composé comme nous de pompes et d'organes ?
Je parlais comme dans un livre et j'étais au bord du chaos. Mon éducation et ma gaillardise me poussèrent malgré tout à vérifier la forme de son entrejambe et là encore j'eus droit à une surprise anatomique de taille. Ou plutôt non, puisqu'il n'avait rien à voir que le triangle de l'hypogastre. Ce qui fut aussi tout à fait extraordinaire, c'était de trouver dessiner à l'intérieur de son nombril la forme familière d'un éléphant toute trompe dehors. Un éléphant de fine chair bleue, d'une chair caoutchouteuse comme le bout des ballons que l'on gonfle à la bouche.
* Quand je parle de coeur, je ne parle pas de votre moteur rouge aux ventricules joufflus. Je parle de sensation, oui, quand je n'aurais plus la sensation que l'on se ressemble, je partirai.
- On se ressemble tu ne trouves pas ?
Mes veines, enflées par les coups, se glacèrent immédiatement, donnant l'impression que plusieurs rivières me courraient sur les bras. En brisant le silence, cette voix m'avait ramené du monde des monstres à celui de la peur. Car les lèvres fines et rentrées qui prononcèrent ces mots n'étaient pas les miennes mais celle de la créature bleue des Alpes se trouvant juste à côté de moi et qui de fait, m'était toute étrangère. Mon esprit et mes sens n'avaient de cesse de se faire abuser en ce matin maudit et le peu de raison qu'il me restait me fit dire très vite que cela devait être une hallucination, une création de quelconque rupture nerveuse et qu'il me suffirait de cligner des yeux quelques secondes pour qu'elle disparaisse.
- Je t'ai parlé, tu ne trouves pas qu'on se ressemble ?
Ce monstre, ce bleu, cette voix, cette folie était réelle. Je ne pus que me résigner, tout espoir de retour à la réalité ayant été noyé, ma vie étant créature ou non qu'une vaste ruine, à franchir à corps perdus les portes de ma perception. C'est ainsi que tout naturellement et presque arrogant, je lui répondis ainsi :
- Non, enfin je veux dire, je ne me trouve pas spécialement bleu.
* Moi, je trouve qu'on se ressemble. Qu'on se ressemble même beaucoup. Regarde bien dans ce miroir, tu verras.
- Puisque je vous dis que je ne suis pas bleu et puis d'ailleurs je ne vous connais pas. Quel est ton nom ?
* Je suis comme toi, je n'ai pas de nom.
- Comment ça ?
* Je ne sais pas. Ce que je sais c'est que si jamais on me pose cette question je dois toujours répondre de cette façon. Cela fait partie de mon protocole.
- De ton protocole ? Tu veux dire de ton programme ? Tu serais donc une machine ? Une machine bleue ?
* Je ne suis pas une machine. Je ne suis pas non plus humain. Je ne sais pas ce que je suis, je suis peut-être né de la magie ou du sacrifice de plusieurs milliards de personnes. Je ne sais pas beaucoup de choses sur moi.
- Mais, que fais-tu ici en fin de compte ?
* Je ne sais pas. Ce que je sais c'est que je devais te rencontrer pour je ne sais quelle raison.
- Moi ? Mais sais-tu au moins qui je suis ? Ai-je la tête de celui qui doit à tout prix rencontrer des humanoïdes bleuâtres dans les toilettes de l'établissement où il enseigne ?
* Je devais te rencontrer car tu devais me rencontrer. C'est comme ça, et pour répondre à ta première question, mon nom se trouve sur mon bras droit.
Je pus lire en effet, comme creusé par des ongles dans toute la longueur de son avant-bras noueux, les sombres inscriptions suivantes :
ADMATISRHENINE
- A...dma...tisrhénine ?
* Comme tu peux le lire et comme tu peux le dire, ça doit être mon nom mais tu peux si tu le veux choisir à ta convenance de le raccourcir. Cela aussi fait partie du protocole.
- Mais le protocole pour quoi ? En l'honneur de quoi ? Tu es mon cadeau d'anniversaire ? Je t'ai gagné à une tombola sans le savoir ou quoi ?
* Tu ne m'as pas gagné. Je ne suis pas ton cadeau, tu ne me possèdes pas. Je suis comme toi, excepté que je ne suis pas humain.
- Ce qui veut dire que tu as un coeur, des émotions, une vie privée ?
* Pour que nous puissions continuer cette discussion, il est préférable de suivre le protocole. Veux-tu s'il te plaît me dire si tu choisis de m'appeler dorénavant par mon nom entier ou pour l'un de ses diminutifs. Merci de ta compréhension.
- Je ne comprends pas tu sais mais je veux bien suivre ton protocole car je suis curieux, bien curieux de savoir comment fonctionne la folie. Oui, parce que tu n'es que folie, tu le sais et ils le savent tous, ceux qui nous regardent, ils le savent, tu es une farce de caoutchouc et de latex. Tu es un pantin mieux fait que les autres voilà tout. Bon...je ne peux pas t'appeler comme je le veux mais seulement par un diminutif du nom inscrit sur ton bras c'est ça ?
* C'est cela.
La douceur monocorde de sa voix avait éveillé de nouveaux frissons dans mon esprit qui jusque là voletait sans comprendre ni s'arrêter. Je devais malgré tout le suivre dans ses idées si je voulais un jour retrouver les miennes et enfin tirer au clair l'absurde de la situation.
- Hmmm ADM A TIS RHEN INE ...Admatis Rhénine...Admatis...Adma...oui...je vais t'appeler à partir de maintenant, je t'appellerai Adma !
* C'est noté. Maintenant, je vais t'expliquer les manières de me faire apparaître et la seule et unique raison qui pourrait causer ma disparition, totale et définitive. Tu peux cependant décider de ne pas entendre ce second point.
- Foutu pour foutu, Adma Adma, je veux bien tout entendre.
* D'abord, sache que si tu veux me faire apparaître il faut tracer mon nom, entendu mon nom usuel, c'est à dire Adma de n'importe laquelle des façons, poser une de tes paumes sur l'inscription et siffler autant de fois que tu veux passer d'heures en ma compagnie. Par exemple et même si tu ne l'as sans doute pas entendu, tu as, dans ta furie, sifflé une fois entre tes dents, ce qui fait que je ne resterai qu'une heure. Tu n'avais pas besoin pour cette exemple d'avoir écrit mon nom puisque comme je te l'ai déjà dit, il n'existait pas.
- J'ai bien peur, Adma Adma, de ne plus très bien te suivre, et ce malgré le fait que je m'accomode fort bien de l'incongruité absolue présente dans toute cette histoire.
* Sache juste que si tu veux que j'apparaisse, il faut écrire mon nom, poser ta main dessus et siffler une fois pour que je sois là une heure, deux fois pour que je sois là deux heures etc...etc...en sachant que dès que tu fais ça j'apparais immédiatement et que si tu siffles trente-trois-mille-cinq-cent fois, je resterai avec toi trente-trois-mille-cinq-cent heures. Fais donc bien attention à ce que tu veux à mon égard.
- Mais toi, tu es où si je ne t'appelle pas ?
* Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que si tu siffles je viens et que c'est le seul moyen de me faire venir en ce monde. Nous pouvons maintenant passer au second point, es-tu sûr de bien vouloir l'entendre ? Es-tu sûr de vouloir ce qui pourrait me faire partir ? N'as-tu pas peur que cela fausse ton jugement ?
- Dis toujours Adma Adma, désormais, dans pareille agonie, je n'ai plus peur de rien.
* Surveille tes paroles et surveille les miennes, la seule et unique raison qui me ferait disparaître définitivement de ce monde et ce même si tu siffles pendant l'éternité...c'est que...
A ce moment-là, la créature bleue, qui au fil de la discussion comme j'avais pu le remarquer était un petit peu plus grande que moi. A ce moment-là donc, elle perdit un peu de son sang froid et dévoila une faille dans sa manière docte et robotique d'annoncer les choses, prouvant par la même occasion qu'elle n'était ni docteur ni robot.
* Bref, je disparais si mon coeur me dit que l'on ne se ressemble plus. Et je réponds de fait à ta précédente question.
- Mais l'on ne se ressemble pas du tout ! Puisque je te dis que je ne suis pas bleu, que je ne suis pas grand, et puis même d'un point de vue intellectuel nous n'avons pas le même parcours puisque je suis sûr que tu as été au collège de "Jenesaispas", au lycée de "Jenesaispas" et à l'université de "Jenesaispas". On ne se ressemble pas je te dis, et puis tu as un coeur, comment ça, tu es composé comme nous de pompes et d'organes ?
Je parlais comme dans un livre et j'étais au bord du chaos. Mon éducation et ma gaillardise me poussèrent malgré tout à vérifier la forme de son entrejambe et là encore j'eus droit à une surprise anatomique de taille. Ou plutôt non, puisqu'il n'avait rien à voir que le triangle de l'hypogastre. Ce qui fut aussi tout à fait extraordinaire, c'était de trouver dessiner à l'intérieur de son nombril la forme familière d'un éléphant toute trompe dehors. Un éléphant de fine chair bleue, d'une chair caoutchouteuse comme le bout des ballons que l'on gonfle à la bouche.
* Quand je parle de coeur, je ne parle pas de votre moteur rouge aux ventricules joufflus. Je parle de sensation, oui, quand je n'aurais plus la sensation que l'on se ressemble, je partirai.
Comme un pingouin dans le désert
Tout d'abord, j'annonce un cycle Pialat à venir (son "A nos amours" m'ayant littérallement foudroyé, moi qui, n'avait plus pleurer depuis des lustres, me retrouvant madeleine) parce qu'encore une fois et même si je ne suis pas le seul à le dire je pense qu'il "tue tout à fait tout" (et là encore une première scène, Bonnaire robe blanche à la proue, à rendre malade)...
Mais aussi je dois avouer cher Oiseau de Lierre, que je pense avoir trouvé la solution de mes problèmes d'organisation littéraire. Ma vie étant en effet dédié de gré ou de force à la littérature, j'ai décidé, plutôt que d'emprunter les voies communes de l'écriture de roman et/ou de recueils (même si j'en resterai dépendant jusqu'à avoir champ libre au niveau de la publication) d'offrir chaque année le Bloc massif de mon oeuvre.
C'est à dire qu'à mi-chemin entre le journal intime et la saga, je donnerais tout, nouvelles, roman, poésies, théâtres, chroniques, critiques, en un livre unique titré de quatre chiffres.
Il y aura donc l'année prochaine (étant donné que je dois finir la Pieuvre)
2010 par Charlie Botwin
Et l'année d'après
2011 par Charlie Botwin
Etc...etc...avec toujours l'absolue (quasi absolue) totalité de mes écrits.
Je pense par contre ne pas pouvoir jouir du calendrier strict de nos années, c'est à dire le livrer ficelé au trente-et-un mais plutôt le mettre en forme pendant l'été (cette période étant peu propice à mes grandes découvertes) et le livrer à la rentrée, chaud et plein.
J'ancrerai ainsi définitivement mon oeuvre dans cette intimité, cette urgence, qui caractèrise l'un des gros côtés de notre siècle. Je serai la saga, année après année, d'une chose vivante.
Et donc oui il y aura également les saisons mises en relief et tant de libertés !
...je suis malade...je vais à la cuvette
Mais aussi je dois avouer cher Oiseau de Lierre, que je pense avoir trouvé la solution de mes problèmes d'organisation littéraire. Ma vie étant en effet dédié de gré ou de force à la littérature, j'ai décidé, plutôt que d'emprunter les voies communes de l'écriture de roman et/ou de recueils (même si j'en resterai dépendant jusqu'à avoir champ libre au niveau de la publication) d'offrir chaque année le Bloc massif de mon oeuvre.
C'est à dire qu'à mi-chemin entre le journal intime et la saga, je donnerais tout, nouvelles, roman, poésies, théâtres, chroniques, critiques, en un livre unique titré de quatre chiffres.
Il y aura donc l'année prochaine (étant donné que je dois finir la Pieuvre)
2010 par Charlie Botwin
Et l'année d'après
2011 par Charlie Botwin
Etc...etc...avec toujours l'absolue (quasi absolue) totalité de mes écrits.
Je pense par contre ne pas pouvoir jouir du calendrier strict de nos années, c'est à dire le livrer ficelé au trente-et-un mais plutôt le mettre en forme pendant l'été (cette période étant peu propice à mes grandes découvertes) et le livrer à la rentrée, chaud et plein.
J'ancrerai ainsi définitivement mon oeuvre dans cette intimité, cette urgence, qui caractèrise l'un des gros côtés de notre siècle. Je serai la saga, année après année, d'une chose vivante.
Et donc oui il y aura également les saisons mises en relief et tant de libertés !
...je suis malade...je vais à la cuvette
mercredi 4 mars 2009
Tribute to a black rapist
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais avoir osé le demander de Woody Allen :
Ce film à sketches de la période stand-up-tv-show de Woody ne vaut que pour son dernier (le célèbre épisode des spermatozoïdes aéroportés) et pour son premier (un Woody en bouffon multicolore multiplie les incohérences et les douceurs sur fond de reine enchastetée) sketch. Le reste n'est qu'une bourrinade bien triste. Drôle certes mais bon.
Manhattan de Woody Allen :
Ce film représente à lui seul un prochain projet d'étude, étant donné que je l'ai vécu la première fois comme on vit drôlement dans cet état de transition qui n'est pas tout à fait le sommeil et ses rêves mais qui s'en rapproche grandement. Vous savez cet état où une variété étendue de phrases et d'images se succèdent, et dont vous souhaitez garder souvenir avant de fermer les yeux pour de bon. C'est de la rêverie à l'état pur.
Et bien Manhattan, toutes proportions gardées a de ça. En tout cas pour moi, puisque j'ai mis tout le film avant de comprendre que je l'avais déjà vu et je ne sais plus comment et je ne sais plus où. Cette chronique en noir et blanc des amours névrosées d'intellectuels new-yorkais ne me séduit pas vraiment car comme le personnage principal, on ne se sent pas vraiment amoureux. C'est d'ailleurs là où il réussit autant que dans la truculence romancée du personnage principal qui lors d'une scène clé du film met côte à côte Bergman et...mettons les hot-dogs. Il y a de moi dans ce film aussi, pour cet homme perdu dans son roman et qui ne voit plus sa vie (encore qu'on ne le ressente pas très bien). Il y a de moi dans ce noir et blanc, dans cet Allen qui fume des clopes pour plaire aux femmes et dans scène de pluie au planétarium. Il y a peut-être trop de moi dans Manhattan pour que je m'y attache, trop de cette romance que j'affectionne mais après tout c'est un beau film. Diane Keaton y est superbe, de même pour M(e)ariel Hemingway. Et c'est New-York aussi, le pont de Brooklyn magnifié, et, comme déjà dit auparavant et comme ça m'ennuie de le faire pour un Woody Allen, ce film doit se voir rien que pour cette scène.
Ce film à sketches de la période stand-up-tv-show de Woody ne vaut que pour son dernier (le célèbre épisode des spermatozoïdes aéroportés) et pour son premier (un Woody en bouffon multicolore multiplie les incohérences et les douceurs sur fond de reine enchastetée) sketch. Le reste n'est qu'une bourrinade bien triste. Drôle certes mais bon.
Manhattan de Woody Allen :
Ce film représente à lui seul un prochain projet d'étude, étant donné que je l'ai vécu la première fois comme on vit drôlement dans cet état de transition qui n'est pas tout à fait le sommeil et ses rêves mais qui s'en rapproche grandement. Vous savez cet état où une variété étendue de phrases et d'images se succèdent, et dont vous souhaitez garder souvenir avant de fermer les yeux pour de bon. C'est de la rêverie à l'état pur.
Et bien Manhattan, toutes proportions gardées a de ça. En tout cas pour moi, puisque j'ai mis tout le film avant de comprendre que je l'avais déjà vu et je ne sais plus comment et je ne sais plus où. Cette chronique en noir et blanc des amours névrosées d'intellectuels new-yorkais ne me séduit pas vraiment car comme le personnage principal, on ne se sent pas vraiment amoureux. C'est d'ailleurs là où il réussit autant que dans la truculence romancée du personnage principal qui lors d'une scène clé du film met côte à côte Bergman et...mettons les hot-dogs. Il y a de moi dans ce film aussi, pour cet homme perdu dans son roman et qui ne voit plus sa vie (encore qu'on ne le ressente pas très bien). Il y a de moi dans ce noir et blanc, dans cet Allen qui fume des clopes pour plaire aux femmes et dans scène de pluie au planétarium. Il y a peut-être trop de moi dans Manhattan pour que je m'y attache, trop de cette romance que j'affectionne mais après tout c'est un beau film. Diane Keaton y est superbe, de même pour M(e)ariel Hemingway. Et c'est New-York aussi, le pont de Brooklyn magnifié, et, comme déjà dit auparavant et comme ça m'ennuie de le faire pour un Woody Allen, ce film doit se voir rien que pour cette scène.
A mysterious fan of Alanis Morissette
LE TEXTE d'avant, oh unique lecteur et unique lectrice,
Pour démontrer que même si les actes prévalent,
C'est avant tout la manière de les regarder qui rend la justice d'un homme.
Alors lorsque que vous êtes au chômage, entouré de rats et de bonbonnes de propane
Il ne faut plus se plaindre auprès du destin ou de votre inaction,
Il faut se plaindre auprès de vos yeux...
Rétines ignorantes !
Tout ça, c'est la faute aux yeux disait l'amoureux...
Bon !
¨
The Deer Hunter de Michael Cimino :
Raging Bull, Taxi Driver, Godfather Part II, The Deer Hunter, que les années 70-80 furent fastes en rôle d'exception pour le fringant Robert De Niro. Oui, et quel rôle aussi marquant que celui de Michael, simple ouvrier passionné de chasse, sérieux et taciturne, qui se retrouve embarqué pour le Nam. C'est un film qui est aujourd'hui vase commun je pense, en ceci que papa et maman l'ont vu, et que les comboys du joypad ont pu tomber dessus mais non d'un sou, ce film...c'est du napalm !
Un aparté d'abord pour signaler à ceux qui ne l'auraient pas compris que Robert De Niro n'a pas eu une enfance facile (je ne connais pas sa biographie) et qu'il n'était pas habitué aux fêtes comme en témoigne le mensonge dans son jeu mais aussi en lui-même (tout le trouble d'un acteur lorsqu'il est plus que ça) lors de la somptueuse scène de fête post-nubile.
Bon sang, ce que les gens n'écrivent plus.
Michael Cimino opte comme Coppola dans le Parrain (critiqué bientôt) pour une sorte d'humanité romanesque, où l'on sent bien la chair, la joie et la peine des gens qui vibrent grâce à une mise en scène du quotidien un chouïa surdramatisé (la lumière chez Coppola, les paysages chez Cimino) et surtout bon Dieu les alcools, comme ils sont bons et fumants, comme on est ivres avec eux, beaux et tout proche de la mort. Cette approche en ouverture du film permet d'être immédiatement traversé par les ressorts émotionnels de l'histoire et là où, la plupart des films sur la guerre montre une progression lente et déchirante au travers de celle-ci, Cimino choisit de nous la donner DIRECTEMENT, CETTE HORREUR QU'EST LA GUERRE, afin d'éviter tout mélo pro ou anti-guerrier, parti pris aussi d'un total refus de la jouissance guerrière expliquant de fait, un peu mieux son titre français : Voyage au bout de l'enfer, clin d'oeil évident à Mr Céline.
Vient alors la scène la plus connue du film, celle de la roulette russe entre Mr De Niro et Mr Walken (lui aussi excellent, fin et morbide comme jamais). Cimino cette fois rentre dans un cadre très rare au cinéma, celui d'un cinéma où les images racontent tout, un homme avec une arme chargée sur sa tempe, s'il tire il peut mourir, s'il ne tire pas, il va mourir. La scène est glaçante. Et nous sommes pourtant bien loin des sensations réelles de tout ce jeu mais...la scène est glaçante.
On suit ensuite un R D N désabusé et froid, cherchant à la fois son amour (Meryl Streep, solaire) et son ami. Je ne vais pas aller plus en détail dans le scénario puisqu'il est d'une redoutable simplicité, seulement, je peux vous dire que le film dure 3h00 et que pas une seule fois je n'ai vérifié combien de temps il me restait devant, tellement il est comme dirait l'autre, impactant. Leur bled pennsylvanien jouit tout d'abord d'un travail atmosphérique assourdissant, le violet du ciel, le gris d'usine, le fauve du motel. Comme dit auparavant, les paysages de montagne sont renversants, les deux scènes de chasse étant d'ailleurs d'une évidence dramatique extraordinaire (pour une fois que je peux superlatifer).
Ce qu'il faut dire avant tout c'est que même si beaucoup de gens l'ont sans doute vus, il faut le voir, le revoir, le rerevoir. Pour ce que la guerre peut tuer sans pour autant donner la mort.
" Un homme qui dit non au champagne, dit aussi non à la vie "
Pour démontrer que même si les actes prévalent,
C'est avant tout la manière de les regarder qui rend la justice d'un homme.
Alors lorsque que vous êtes au chômage, entouré de rats et de bonbonnes de propane
Il ne faut plus se plaindre auprès du destin ou de votre inaction,
Il faut se plaindre auprès de vos yeux...
Rétines ignorantes !
Tout ça, c'est la faute aux yeux disait l'amoureux...
Bon !
¨
The Deer Hunter de Michael Cimino :
Raging Bull, Taxi Driver, Godfather Part II, The Deer Hunter, que les années 70-80 furent fastes en rôle d'exception pour le fringant Robert De Niro. Oui, et quel rôle aussi marquant que celui de Michael, simple ouvrier passionné de chasse, sérieux et taciturne, qui se retrouve embarqué pour le Nam. C'est un film qui est aujourd'hui vase commun je pense, en ceci que papa et maman l'ont vu, et que les comboys du joypad ont pu tomber dessus mais non d'un sou, ce film...c'est du napalm !
Un aparté d'abord pour signaler à ceux qui ne l'auraient pas compris que Robert De Niro n'a pas eu une enfance facile (je ne connais pas sa biographie) et qu'il n'était pas habitué aux fêtes comme en témoigne le mensonge dans son jeu mais aussi en lui-même (tout le trouble d'un acteur lorsqu'il est plus que ça) lors de la somptueuse scène de fête post-nubile.
Bon sang, ce que les gens n'écrivent plus.
Michael Cimino opte comme Coppola dans le Parrain (critiqué bientôt) pour une sorte d'humanité romanesque, où l'on sent bien la chair, la joie et la peine des gens qui vibrent grâce à une mise en scène du quotidien un chouïa surdramatisé (la lumière chez Coppola, les paysages chez Cimino) et surtout bon Dieu les alcools, comme ils sont bons et fumants, comme on est ivres avec eux, beaux et tout proche de la mort. Cette approche en ouverture du film permet d'être immédiatement traversé par les ressorts émotionnels de l'histoire et là où, la plupart des films sur la guerre montre une progression lente et déchirante au travers de celle-ci, Cimino choisit de nous la donner DIRECTEMENT, CETTE HORREUR QU'EST LA GUERRE, afin d'éviter tout mélo pro ou anti-guerrier, parti pris aussi d'un total refus de la jouissance guerrière expliquant de fait, un peu mieux son titre français : Voyage au bout de l'enfer, clin d'oeil évident à Mr Céline.
Vient alors la scène la plus connue du film, celle de la roulette russe entre Mr De Niro et Mr Walken (lui aussi excellent, fin et morbide comme jamais). Cimino cette fois rentre dans un cadre très rare au cinéma, celui d'un cinéma où les images racontent tout, un homme avec une arme chargée sur sa tempe, s'il tire il peut mourir, s'il ne tire pas, il va mourir. La scène est glaçante. Et nous sommes pourtant bien loin des sensations réelles de tout ce jeu mais...la scène est glaçante.
On suit ensuite un R D N désabusé et froid, cherchant à la fois son amour (Meryl Streep, solaire) et son ami. Je ne vais pas aller plus en détail dans le scénario puisqu'il est d'une redoutable simplicité, seulement, je peux vous dire que le film dure 3h00 et que pas une seule fois je n'ai vérifié combien de temps il me restait devant, tellement il est comme dirait l'autre, impactant. Leur bled pennsylvanien jouit tout d'abord d'un travail atmosphérique assourdissant, le violet du ciel, le gris d'usine, le fauve du motel. Comme dit auparavant, les paysages de montagne sont renversants, les deux scènes de chasse étant d'ailleurs d'une évidence dramatique extraordinaire (pour une fois que je peux superlatifer).
Ce qu'il faut dire avant tout c'est que même si beaucoup de gens l'ont sans doute vus, il faut le voir, le revoir, le rerevoir. Pour ce que la guerre peut tuer sans pour autant donner la mort.
" Un homme qui dit non au champagne, dit aussi non à la vie "
mardi 3 mars 2009
La Rose sans rose
- Concave !
- Et moi et moi ?
- Convexe !
- Et moi...?
- Drôle.
Il faut tout de suite comprendre que j'ai été voir un Asperger (Ausperger?) pour qu'il me donne insta(mment) la forme de mon cerveau.
Je ne suis pas le troisième, je suis le premier, le troisième étant un singe dont le crâne fut broyé par une pierre blanche.
Puisque la vie d'un homme en train de mourir est forcément passionnante. Je m'en vais vous donner la mienne, de toute façon je le fais déjà et ce depuis longtemps. Je vais donc raconter avec l'oeil du chien quelques péripéties dont je fus victime ces derniers jours. Je me permets cependant une modification d'ordre narratif èt logistique en ayant en plus de toutes mes babioles, un petit tournevis à manche jaune transparent dans mon sac. Vous comprendrez bien vite, pauvre élite, le pourquoi du comment.
Il ne faut pas venir avec moi en boîte ou nulle part ailleurs quand j'ai dit oui à la vodka. Non pas que je vomisse, même si ça peut arriver, simplement que je me mets à dégoupiller n'importe quelle phrase avec l'ironie tragique des cinglés de troisième zone. Je sais que ça arrive à tout le monde mais rien n'indique pour le moment, si ce n'est le style, mon caractère purement exceptionnel. Je partais donc d'un Paris dévasté par ma lettre, écrite à Gambetta, bar du Métro, QG de l'intelligenzia parisienne moderne. Une lettre pour celle que j'ai perdu et puis, il fallait simplement que ce que je pensais ne disparaisse pas pour toujours mais reste encore quelques années, au fond d'un tiroir ou sur une étagère. C'est là tout le jeu temporel de l'écrivain, il vient saigner la mort une dernière fois en devenant un nom, une farce ou pire une idée. J'ai un manteau qui me plaît divinement, il est gris, tu l'as vu d'ailleurs, trop grand peut-être mais il est bien charmant. Il me donne enfin une allure un peu plus adulte. Je traîne donc désormais avec un vicieux sourire sur le quai des métros près des filles qui doivent halluciner devant tant de prestance ! Elles ne doivent rêver que de ça mais je suis cheval prude, pas de folie ! En sortant et en poussant en faisant ma signature papale la porte automatique du métro à Gare du Nord et en empruntant le last escalator, que vois-je, là allongée comme un cadavre dans sa robe plastique, la tige verte et sèche d'une rose à la tête coupée. D'où le titre. Rien de plus.
Il ne s'est pas passé grand chose d'autre après tout ça, je me retrouve donc rue des Pluies, bordel dans la longue et large avenue de mon village, celle qui est toujours vide, je n'en fais que parler ! Je suis bien tranquille, j'écoute Mendelhson (autre orthographe admise), Maindèlsonne c'est une vraie teigne magique ! Il est capable de rendre n'importe lequel de vos actes si vous l'avez aux oreilles, il est capable de le rendre féérie ! Massacre pendant plus de trente-six heures d'une foule de barbares ! Mariage à la belle étoile ! Etc...Alors que je ne rentre que par le train du soir, que certes la nouvelle gare est toute jolie pomponette, mais quand même. Une voiture arrive à ma hauteur, à l'intérieur un visage gros au maquillage approximatif et étranger à toute douceur malgré la jeunesse des traits, un visage comme des millards dans cette foutue région où les seules belles filles le savent et vivent dans des donjons avec un harem de pompiers volontaires tous prêts à s'esquinter l'extincteur pour son minois de merde ! Je te jure, dans mon pays, les filles c'est pas ça, y'a trop de risques de tomber sur une conne, pire, y'a trop de risques de tomber sur une conne qui baise pas. Encore que je ne tombe sur rien. C'est que j'ai le cerveau concave vous savez. Alors donc ce visage me lance une phrase fenêtre arrière : " C'est où les putes ?" ...moment de panique évident, trouver quelque chose à dire, faire semblant de ne pas entendre, enlever ses écouteurs, avoir l'air ridicule...la voiture est comme suspendue à mes lèvres...mais de grâce elle file...sans doute pour s'emplafonner dans l'un de ses platanes obscurs qui n'attendent que ça. Résultat : du sang partout la vitre, une pauvrette qui gardera pendant plusieurs mois sur msn le sous-pseudo suivant : j'espèr que sa va mieux la-haut, je t'aime ; une famille jusqu'à lors bien contente qu'il s'alcoolise les veines et vrille à toute allure, c'est viril tu sais la conduite aggressive, mon fils, c'est pas un concave lui, c'est un convexe et il t'encule à sec, peine à jouir. Que de vitupérance chez vous homme-étron, je suis peut-être un peine à jouir mais moi au moins je suis vivant nah ! Combien de vies comme ça écrasées dans l'accident et tout ça pour la bonne cause ? Celle des honnêtes gens qui restent chez eux à boire du rhum ? Je ne bois pas de rhum, je vais aussi en alcool trip dans certains de ces lieux, sauf que je ne conduis ni le métro, ni le taxi. En région, on a pas le choix, soit on danse pas, soit on danse et on prend le risque d'embrasser le muret toutes dents dehors. Il faudrait banaliser les jet privés gratuits. Notre société est si empapaouter de que dalle ! Quand même quoi, quelle connerie dans tous les esprits criblés d'instincts de ces quelques bonzommes dans cette voiture : "Où sont les putes ?" Ils ont dû se marrer à poser cette question...
Je retire ma diatribe si, en effet, il cherchait une professionnelle en vue de quelques exactions sexuelles payantes.
La nuit suivant mon retour, il ne s'est rien passé.
Mon matin, après quatre heures de sommeil, je l'ai délayé dans le mensonge horaire pour essayer de ne pas aller en cours, j'y suis allé pour OnzeHeure. Au miroir, j'avais le visage gros moi aussi, le cou plein, les joues graisseuses et lamentables (quoi que lamentable irait leur donner un peu de maigreur mais non !), je me trouvais gros, ma chemise n'allait pas (ces maudites chemises à poche trop grandes pour moi qu'il faut quand même porter...pour ne pas être nu)...j'ai peut-être une légère veine sur le haut du torse...une veine calorique sûrement...
Dans le métro, les glaces sont mieux, elles sont mauvaises, on n'y voit rien, je suis redevenu beau et à croquer, un Don Juan miniature à la langue parfaite ! Je vous conseille d'emmener vos petites cousines le jour où je me reproduis, elles verront quelqu'un d'absurde et bien membré ! Et puis mes cheveux quelle mélodie, des cheveux encore plus époustouflants que tous les saharas réunis, de la Volga au soleil mes cheveux, texture et forme : parfaites !
La HAUTE et
VASTE porte
Bleu marine
Condamnait l'arche : signe que mon université une fois plus allait devoir survivre à la grêve
J'ai un peu parlé du problème avec l'Angoisse (membre de l'établissement, appariteur qualifié, auquel je sers toujours un peu la main et que l'on surnomme l'Angoisse car du fait de son peu d'esprit, la plupart de ses conversations sont proprement angoisssantes, comment en sortir sans le choquer, voilà la question qu'on se pose le plus souvent avec lui, à fortiori quand il parle du Salon de l'Auto ou de Johann Gourcuff) et il m'a il me semble, certifié sur l'honneur que la fac serait fermée encore une semaine.
ALLELUIA
Je vais pouvoir dilapider ma jeunesse dans une barbarie visuelle et intellectuelle dégueulasse encore sept bons jours !
Mais je ne pouvais pas rentrer de suite, pas la loose totale le mec, je me rends au parc Monceau, le soleil de mars est au rendez-vous, soleil traquenard, je dois finir la lettre.
Une fois celle-ci
effectivement achevée, je décide de continuer ma ballade hypnotique dans ce parc en écoutant les Black Angels, album Passover en entier + Winter 78.
Je passe près des colonnades, sous une micro-arche vieillie par le graffiti, près de jambes nues étendues sur l'herbe (la pollution réchauffe le monde), au travers de l'haleine d'une dizaine de joggers plus ou moins cancéreux. Puis au fond premier choc ! (je cherchais à dire vrai, un banc pas trop loin d'une demoiselle qui aurait pu offrir à mes yeux le spectacle suffisant à mon non-endormissement et à la relève de quelques uns de mes fantasmes)
L'ARC de fucking TRIOMPHE se trouve en fait à deux pas !
J'ai passé 3years dans l'ombre de l'arc de Triomphe et sans le savoir, moi clopin clopant, ahah l'arc de Triomphe il est bien loin, c'est un autre monde, ahahah et pan ! Just over my head !
Du reste, quelques masses humaines semblaient grouiller au fond du parc, dedans qui sait, des midinettes en extase devant mon exactitude capillaire et le charme dégoûlinant de ma prose...
PAN BIS !
Ce sont des masses d'enfants courant dans tous les sens. Leur cour de récréation ? Le fond du parc Monceau quand il est assez ensoleillé. Quel prodige que de s'asseoir là maintenant, tout près de ces oiseaux humains virevoltant en tous sens. Ils sont bien sûr, pour éviter l'anarchie, accompagnés de jeunes branleurs et branleuses de 25ans, trop feignants pour être professeurs et trop feignants pour être médecins urgentistes. Il y a bien évidemment la bonne femme, un peu boulotte et cheveux blonds passés qui trouvent tout le destin de sa vie en chuchotant avec une des petites qui sans doute, avait bobo au ventre ce jour-là. Il y avait presque une centaine de gosses dans ce petit périmètre, je vous jure c'était impressionnant. C'est toujours impressionnant d'être entouré par autant de personnes dont on est pas encore sûr qu'ils seront des ordures. On ne peut rien lire d'abject sur le visage d'un enfant, on y perçoit que des misères et des rires d'instant. Et puis quels jeux faut dire ! (sur le banc en face de moi, un pervers pépère avec son journal, il a trouvé le bon spot s'il veut...s'il veut...)(des autres personnes normales passent parfois à travers la foule enfantine avec gênes et agacement) DES JEUX UNIQUEMENT COMPOSES de ruades ! Je n'y aurais pas survécu c'est sûr, je serai resté toute ma vie à les attendre dans la salle de classe et je serai sans doute devenu écrivain. Et vas-y que je te bouscule, et vas-y que je touche terre, et vas-y que j'arrive à ne pas tomber je ne sais comment, et vas-y que de petits cailloux se soulèvent sous leur danse...Car ça avait de ça, de la danse vraiment, tous ces enfants et leurs ombres, toutes ces courses, tous ces sourires, ces complots, et surtout oui les ombres...je remercie le soleil et la vie pour ces ombres...c'était à croire en Dieu ces ombres, mouvements noirs sur le sol froid, mouvements qui tournent...mouvements de toutes formes, mouvements réinventés, l'ombre dans l'ombre dans l'ombre dans l'ombre...et les rires, les pépiements...l'ombre dans l'ombre, un rayon de soleil pour vous bercer le front, dans l'ombre dans l'ombre, fleur humaine, fleur dans l'ombre...et les pépiements...
Qui parmi ces kids crèvera d'une overdose avant sa majorité ?
Est-ce ce petit chinois avec son beau manteau qu'il porte sans mettre les manches ?
Est-ce ce blond aux yeux bleus qui, alors, qu'ils tournaient en cache cache autour de mon banc, avait du beau diable dans le regard ?
Est-ce ce petit brun dynamique ou bien celui à la peau halée, ou alors cette belle brunette déjà mannequine dans la petite cour, ou bien ce ventru aux airs de gangster anglais ?
Lequel d'entre eux sera là pour nous sauver de la crise (élevé à l'air frais) ou pour aller braquer ?
Lequel d'entre eux pour être adultère et acteur bankable ?
Lequel d'entre eux pour nettoyer les couches liquides des vieillards increvables ?
Lequel d'entre eux...pour être comme moi.
Je me suis mis à chercher l'enfant seul.
Celui qui ne bouge pas.
Près de la barrière oui, celui qui suce son pouce et fait peur aux pigeons.
C'est peut-être celui là, mon futur collègue, on se reverra aux prix de septembre, dans vingt ans,
Si je n'ai pas pipe cassée.
C'est peut-être celui là, il y a tellement d'enfants en pleine santé dans les maternelles parisiennes
Que ça en est presque agaçant !
Elle bouge et continue de rire la fleur dans l'ombre, l'ombre dans la fleur...
Et...j'ouvre la petite poche de mon sac, je le place dans ma paume, je referme mon sac et le plaque sur mon dos, je pars à travers la fleur, à travers les enfants qui bientôt seront ramenés dans leur classe nostalgie. Un coup éclair à la droite du cou. Je pars vers l'arc de Triomphe, le cri ne devrait pas tarder. Petit enfant qui suffoque le cou percé. Petit enfant qui suffoque le cou percé.
- Et moi et moi ?
- Convexe !
- Et moi...?
- Drôle.
Il faut tout de suite comprendre que j'ai été voir un Asperger (Ausperger?) pour qu'il me donne insta(mment) la forme de mon cerveau.
Je ne suis pas le troisième, je suis le premier, le troisième étant un singe dont le crâne fut broyé par une pierre blanche.
Puisque la vie d'un homme en train de mourir est forcément passionnante. Je m'en vais vous donner la mienne, de toute façon je le fais déjà et ce depuis longtemps. Je vais donc raconter avec l'oeil du chien quelques péripéties dont je fus victime ces derniers jours. Je me permets cependant une modification d'ordre narratif èt logistique en ayant en plus de toutes mes babioles, un petit tournevis à manche jaune transparent dans mon sac. Vous comprendrez bien vite, pauvre élite, le pourquoi du comment.
Il ne faut pas venir avec moi en boîte ou nulle part ailleurs quand j'ai dit oui à la vodka. Non pas que je vomisse, même si ça peut arriver, simplement que je me mets à dégoupiller n'importe quelle phrase avec l'ironie tragique des cinglés de troisième zone. Je sais que ça arrive à tout le monde mais rien n'indique pour le moment, si ce n'est le style, mon caractère purement exceptionnel. Je partais donc d'un Paris dévasté par ma lettre, écrite à Gambetta, bar du Métro, QG de l'intelligenzia parisienne moderne. Une lettre pour celle que j'ai perdu et puis, il fallait simplement que ce que je pensais ne disparaisse pas pour toujours mais reste encore quelques années, au fond d'un tiroir ou sur une étagère. C'est là tout le jeu temporel de l'écrivain, il vient saigner la mort une dernière fois en devenant un nom, une farce ou pire une idée. J'ai un manteau qui me plaît divinement, il est gris, tu l'as vu d'ailleurs, trop grand peut-être mais il est bien charmant. Il me donne enfin une allure un peu plus adulte. Je traîne donc désormais avec un vicieux sourire sur le quai des métros près des filles qui doivent halluciner devant tant de prestance ! Elles ne doivent rêver que de ça mais je suis cheval prude, pas de folie ! En sortant et en poussant en faisant ma signature papale la porte automatique du métro à Gare du Nord et en empruntant le last escalator, que vois-je, là allongée comme un cadavre dans sa robe plastique, la tige verte et sèche d'une rose à la tête coupée. D'où le titre. Rien de plus.
Il ne s'est pas passé grand chose d'autre après tout ça, je me retrouve donc rue des Pluies, bordel dans la longue et large avenue de mon village, celle qui est toujours vide, je n'en fais que parler ! Je suis bien tranquille, j'écoute Mendelhson (autre orthographe admise), Maindèlsonne c'est une vraie teigne magique ! Il est capable de rendre n'importe lequel de vos actes si vous l'avez aux oreilles, il est capable de le rendre féérie ! Massacre pendant plus de trente-six heures d'une foule de barbares ! Mariage à la belle étoile ! Etc...Alors que je ne rentre que par le train du soir, que certes la nouvelle gare est toute jolie pomponette, mais quand même. Une voiture arrive à ma hauteur, à l'intérieur un visage gros au maquillage approximatif et étranger à toute douceur malgré la jeunesse des traits, un visage comme des millards dans cette foutue région où les seules belles filles le savent et vivent dans des donjons avec un harem de pompiers volontaires tous prêts à s'esquinter l'extincteur pour son minois de merde ! Je te jure, dans mon pays, les filles c'est pas ça, y'a trop de risques de tomber sur une conne, pire, y'a trop de risques de tomber sur une conne qui baise pas. Encore que je ne tombe sur rien. C'est que j'ai le cerveau concave vous savez. Alors donc ce visage me lance une phrase fenêtre arrière : " C'est où les putes ?" ...moment de panique évident, trouver quelque chose à dire, faire semblant de ne pas entendre, enlever ses écouteurs, avoir l'air ridicule...la voiture est comme suspendue à mes lèvres...mais de grâce elle file...sans doute pour s'emplafonner dans l'un de ses platanes obscurs qui n'attendent que ça. Résultat : du sang partout la vitre, une pauvrette qui gardera pendant plusieurs mois sur msn le sous-pseudo suivant : j'espèr que sa va mieux la-haut, je t'aime ; une famille jusqu'à lors bien contente qu'il s'alcoolise les veines et vrille à toute allure, c'est viril tu sais la conduite aggressive, mon fils, c'est pas un concave lui, c'est un convexe et il t'encule à sec, peine à jouir. Que de vitupérance chez vous homme-étron, je suis peut-être un peine à jouir mais moi au moins je suis vivant nah ! Combien de vies comme ça écrasées dans l'accident et tout ça pour la bonne cause ? Celle des honnêtes gens qui restent chez eux à boire du rhum ? Je ne bois pas de rhum, je vais aussi en alcool trip dans certains de ces lieux, sauf que je ne conduis ni le métro, ni le taxi. En région, on a pas le choix, soit on danse pas, soit on danse et on prend le risque d'embrasser le muret toutes dents dehors. Il faudrait banaliser les jet privés gratuits. Notre société est si empapaouter de que dalle ! Quand même quoi, quelle connerie dans tous les esprits criblés d'instincts de ces quelques bonzommes dans cette voiture : "Où sont les putes ?" Ils ont dû se marrer à poser cette question...
Je retire ma diatribe si, en effet, il cherchait une professionnelle en vue de quelques exactions sexuelles payantes.
La nuit suivant mon retour, il ne s'est rien passé.
Mon matin, après quatre heures de sommeil, je l'ai délayé dans le mensonge horaire pour essayer de ne pas aller en cours, j'y suis allé pour OnzeHeure. Au miroir, j'avais le visage gros moi aussi, le cou plein, les joues graisseuses et lamentables (quoi que lamentable irait leur donner un peu de maigreur mais non !), je me trouvais gros, ma chemise n'allait pas (ces maudites chemises à poche trop grandes pour moi qu'il faut quand même porter...pour ne pas être nu)...j'ai peut-être une légère veine sur le haut du torse...une veine calorique sûrement...
Dans le métro, les glaces sont mieux, elles sont mauvaises, on n'y voit rien, je suis redevenu beau et à croquer, un Don Juan miniature à la langue parfaite ! Je vous conseille d'emmener vos petites cousines le jour où je me reproduis, elles verront quelqu'un d'absurde et bien membré ! Et puis mes cheveux quelle mélodie, des cheveux encore plus époustouflants que tous les saharas réunis, de la Volga au soleil mes cheveux, texture et forme : parfaites !
La HAUTE et
VASTE porte
Bleu marine
Condamnait l'arche : signe que mon université une fois plus allait devoir survivre à la grêve
J'ai un peu parlé du problème avec l'Angoisse (membre de l'établissement, appariteur qualifié, auquel je sers toujours un peu la main et que l'on surnomme l'Angoisse car du fait de son peu d'esprit, la plupart de ses conversations sont proprement angoisssantes, comment en sortir sans le choquer, voilà la question qu'on se pose le plus souvent avec lui, à fortiori quand il parle du Salon de l'Auto ou de Johann Gourcuff) et il m'a il me semble, certifié sur l'honneur que la fac serait fermée encore une semaine.
ALLELUIA
Je vais pouvoir dilapider ma jeunesse dans une barbarie visuelle et intellectuelle dégueulasse encore sept bons jours !
Mais je ne pouvais pas rentrer de suite, pas la loose totale le mec, je me rends au parc Monceau, le soleil de mars est au rendez-vous, soleil traquenard, je dois finir la lettre.
Une fois celle-ci
effectivement achevée, je décide de continuer ma ballade hypnotique dans ce parc en écoutant les Black Angels, album Passover en entier + Winter 78.
Je passe près des colonnades, sous une micro-arche vieillie par le graffiti, près de jambes nues étendues sur l'herbe (la pollution réchauffe le monde), au travers de l'haleine d'une dizaine de joggers plus ou moins cancéreux. Puis au fond premier choc ! (je cherchais à dire vrai, un banc pas trop loin d'une demoiselle qui aurait pu offrir à mes yeux le spectacle suffisant à mon non-endormissement et à la relève de quelques uns de mes fantasmes)
L'ARC de fucking TRIOMPHE se trouve en fait à deux pas !
J'ai passé 3years dans l'ombre de l'arc de Triomphe et sans le savoir, moi clopin clopant, ahah l'arc de Triomphe il est bien loin, c'est un autre monde, ahahah et pan ! Just over my head !
Du reste, quelques masses humaines semblaient grouiller au fond du parc, dedans qui sait, des midinettes en extase devant mon exactitude capillaire et le charme dégoûlinant de ma prose...
PAN BIS !
Ce sont des masses d'enfants courant dans tous les sens. Leur cour de récréation ? Le fond du parc Monceau quand il est assez ensoleillé. Quel prodige que de s'asseoir là maintenant, tout près de ces oiseaux humains virevoltant en tous sens. Ils sont bien sûr, pour éviter l'anarchie, accompagnés de jeunes branleurs et branleuses de 25ans, trop feignants pour être professeurs et trop feignants pour être médecins urgentistes. Il y a bien évidemment la bonne femme, un peu boulotte et cheveux blonds passés qui trouvent tout le destin de sa vie en chuchotant avec une des petites qui sans doute, avait bobo au ventre ce jour-là. Il y avait presque une centaine de gosses dans ce petit périmètre, je vous jure c'était impressionnant. C'est toujours impressionnant d'être entouré par autant de personnes dont on est pas encore sûr qu'ils seront des ordures. On ne peut rien lire d'abject sur le visage d'un enfant, on y perçoit que des misères et des rires d'instant. Et puis quels jeux faut dire ! (sur le banc en face de moi, un pervers pépère avec son journal, il a trouvé le bon spot s'il veut...s'il veut...)(des autres personnes normales passent parfois à travers la foule enfantine avec gênes et agacement) DES JEUX UNIQUEMENT COMPOSES de ruades ! Je n'y aurais pas survécu c'est sûr, je serai resté toute ma vie à les attendre dans la salle de classe et je serai sans doute devenu écrivain. Et vas-y que je te bouscule, et vas-y que je touche terre, et vas-y que j'arrive à ne pas tomber je ne sais comment, et vas-y que de petits cailloux se soulèvent sous leur danse...Car ça avait de ça, de la danse vraiment, tous ces enfants et leurs ombres, toutes ces courses, tous ces sourires, ces complots, et surtout oui les ombres...je remercie le soleil et la vie pour ces ombres...c'était à croire en Dieu ces ombres, mouvements noirs sur le sol froid, mouvements qui tournent...mouvements de toutes formes, mouvements réinventés, l'ombre dans l'ombre dans l'ombre dans l'ombre...et les rires, les pépiements...l'ombre dans l'ombre, un rayon de soleil pour vous bercer le front, dans l'ombre dans l'ombre, fleur humaine, fleur dans l'ombre...et les pépiements...
Qui parmi ces kids crèvera d'une overdose avant sa majorité ?
Est-ce ce petit chinois avec son beau manteau qu'il porte sans mettre les manches ?
Est-ce ce blond aux yeux bleus qui, alors, qu'ils tournaient en cache cache autour de mon banc, avait du beau diable dans le regard ?
Est-ce ce petit brun dynamique ou bien celui à la peau halée, ou alors cette belle brunette déjà mannequine dans la petite cour, ou bien ce ventru aux airs de gangster anglais ?
Lequel d'entre eux sera là pour nous sauver de la crise (élevé à l'air frais) ou pour aller braquer ?
Lequel d'entre eux pour être adultère et acteur bankable ?
Lequel d'entre eux pour nettoyer les couches liquides des vieillards increvables ?
Lequel d'entre eux...pour être comme moi.
Je me suis mis à chercher l'enfant seul.
Celui qui ne bouge pas.
Près de la barrière oui, celui qui suce son pouce et fait peur aux pigeons.
C'est peut-être celui là, mon futur collègue, on se reverra aux prix de septembre, dans vingt ans,
Si je n'ai pas pipe cassée.
C'est peut-être celui là, il y a tellement d'enfants en pleine santé dans les maternelles parisiennes
Que ça en est presque agaçant !
Elle bouge et continue de rire la fleur dans l'ombre, l'ombre dans la fleur...
Et...j'ouvre la petite poche de mon sac, je le place dans ma paume, je referme mon sac et le plaque sur mon dos, je pars à travers la fleur, à travers les enfants qui bientôt seront ramenés dans leur classe nostalgie. Un coup éclair à la droite du cou. Je pars vers l'arc de Triomphe, le cri ne devrait pas tarder. Petit enfant qui suffoque le cou percé. Petit enfant qui suffoque le cou percé.
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