lundi 13 avril 2009

Télécommunications

Un premier flot d'images troubles et colorées me frappa l'esprit, comme une vague, mes paupières sur mes yeux. L'impression d'un vieux jardin blindé par l'azur, un coeur crayonné à la pastel rose, le visage bleu des Alpes d'Adma. Je luttais contre mon sommeil, contre ma fatigue, contre ma folie. Au-dessus de moi était toujours penché comme une bête curieuse ce long être vivant alors que s'annonçait la deuxième vague, que mes coudes sur le carrelage faisaient office de mains maintenant qu'elles n'étaient plus. Des tournesols grillés par le soleil et la pluie, les lèvres smaragdines d'une jeune fille inconnue, des extraits de films en langue originale. Je le sentais bouger tout autour de moi, anxieux peut-être quant à ma disparition, dans son souffle, dans l'air déformé, je distinguais ceci :

" Tu as l'air très fatigué, je comprends, c'est normal. Je ne suis pas quelque chose d'habituel. L'heure est presque terminée de toutes les façons alors n'oublie pas, trace mon nom, pose ta main dessus et siffle comme tu l'entends. A bientôt "

Malgré l'entière errance de mes sens à ce moment précis, je pus ressentir comme des signes d'inquiétude et d'espoir dans sa manière de me dire au revoir. Est-ce bien mon professeur d'arithmétique qui tient sa tête dans ses mains ? Est-ce le parfum triste des cités que tant de bus longent ? Est-ce mon pantalon mouillé par l'enfance ? Est-ce bien mon réveil qui écrit ce nom de femme à l'aide de batons irradiés et phosphorescents ? Je ne peux plus tenir, je sombre pour de bon, la présence d'Adma me couvrant, m'incitant à ne plus revenir dans le monde des yeux ouverts.

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