Les éclairs volent comme des mouches à travers la ville, mes mots les suivent de près. J'ai presque cent ans, l'orage se fait sentir. L'écrivain est un être de grâce perpétuel même quand il s'acharne aux toilettes car quand il en est sort, il est quelqu'un d'autre, un errant magnifique bordé par la moindre nouvelle lumière qu'il regarde avec des yeux toujours neufs. Il sent, il pressent l'amour de chaque rues, il entend dans une toux étouffée pour ne pas gêner tout le souci de se faire une place au soleil, il voit chez tous ces pauvres gens, l'espoir dans la cale. Il parle avec les arbres, il leur dit : "Vous n'êtes pas heureux ici, vous rêvez de forêt. Moi aussi, ne vous en faites pas, nous les aurons nos forêts à 5000 balles par mois. " On lui tient sa porte, on entend gronder en lui des larmes plus hautes encore que le plus haut building. Quand il passe dans toutes ces rues d'été, bercés par les néons de violets ou de phosphores, il voit la nostalgie, la solitude, la pieuse beauté du monde. Il marche après sa mort, après celle qui mettre son bras comme une écharpe autour de sa nuque froissée, pleine de pliures froides, de moiteurs ignobles. Il va par toutes les rues comme un enfant et ça le rend bien triste puisqu'il ne le sera plus. La mort rôde, des nervures lumineuses enveloppent les boulevards, les jambes nues des femmes lui inspirent des sonnets aussi tragiques que de perdre son père. Il ne veut pas être ailleurs, il ne pourrait pas et pourtant il ne cherche que ça, un ailleurs avec la mort pour compagne, bien en chair et alanguie. Il ne supporte pas les souffles graisseux de certains parce qu'il aspire à l'orgie, la place toute recouverte de corps dans l'étreinte, il chante la douceur des jours qui n'en ont plus. L'écrivain est pire qu'un Dieu, il invente paradis sur paradis et ils sont bien réels, debout, le visage taillé, dans sa tête.
Le dernier Miyazaki est une oeuvre bouleversante, le petit serveur des fins de nuit de Mac Donald, celui avec la peau qui luit, celui avec la peau qui suinte, avec une face privée de toute délicatesse, avec des mouvements lourds et cathodiques, avec une voix d'agonisant, celui-là est amoureux de moi. J'écoute Lalo, c'est du meilleur effet. Je ne veux plus jamais passer un été seul.
En récitant cette maxime, je sais son peu de talent propitiatoire, je sais ce grand salon vide qu'il me faut pour bien disposer de mes énergies, en récitant cette maxime, je sais qu'ils se succéderont et que je les chevaucherai encore en ayant que mes mains et mon foi pour les dépasser. En récitant cette maxime, je demande juste au monde et à mon âme de garder à jamais cette folie latente.
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