The Chaser de Na Hon-Jin :
Encore un premier film, encore un film sud-coréen, encore un truc poisseux avec des marteaux, du sang, de la pluie. The Chaser est un film audacieux sur bien des points et c'est d'ailleurs à ça que l'on reconnaît un bon film de genre (appellation que je ne comprendrais jamais vraiment), c'est à dire qu'il garde un certain nombre de codes tout en parvenant à s'en écarter suffisamment pour y joindre sa propre âme, sa propre musique. On est loin des films américains de ces dix dernières années, où les coups ont l'air de faire mal mais n'ont pas de valeur. Ici chaque coup porté sonne comme de juste l'adversaire, chaque mouvement entraîne une chute, chaque blessure compte pour de vrai. C'est cette cruté dans les scènes d'action qui donne au cinéma sud-coréen un cachet tout à fait particulier, reflet d'une société faussement brillante et humainement à la ramasse.
Au-delà de l'étude du cinéma sud-coréen, attardons-nous plutôt sur son dernier bébé, The Chaser donc, ou l'histoire d'un PIMP (macro, proxénète, salaud) EX FLIC, cherchant à retrouver l'une de "ses" filles, se mettant ainsi sur la piste d'un Dangereux (ah bon c'est dangereux un serial-killer?) serial-killer...Là où le film marque des points autrement que par son côté très cru et pourtant très sensationnel au niveau des décors, c'est que cette chasse à l'homme qui a lieu (a-t-on d'ailleurs vu poursuite plus réaliste ?) très vite dans le film va aboutir sur les aveux du suspect. Le méchant est arrêté, tout va bien, la vie va pouvoir reprendre son COURS. Sauf que le mec est pas con même s'il est méchant et que bien évidemment ce sont les flics qui ont les mains liées, sans preuves. D'une chasse à l'homme on passe alors à une chasse à la femme, avec ce personnage principal qui cherche tout d'abord à retrouver son argent avant de passer vers le côté clair (apparition de la fille de la "putain") et de se mettre à courir derrière ses propres erreurs (il a envoyé égoïstement une femme vers son bourreau, il fait ça depuis plusieurs années). Comme notre personnage, il commence dans le noir et se termine dans le jour, croisant quantité de policiers incompétents et de collègues proxénètes plus soucieux du chiffre que de la vie. La pluie passe par là, le tueur les mène en bateau (quelques incohérences scénaristiques à signaler d'ailleurs concernant les preuves ou absence de preuves, et aussi un côté un peu gros dans la flemmardise policière), notre héros (oui il devient un héros, t'inquiète) passe du temps avec la fillette...les scènes sont belles...Et puis...je ne peux pas en dire plus, mais il y a une goutte qui vole suspendue merveilleusement...des coups encore, et un coup qui malheureusement ne pourra pas être donné, deuxième rupture d'avec le genre. Le film est terminé, la musique, excellente, habile aux frissons, donc trop rare, s'allonge, c'est un bon film, espérons que le réalisateur en ai encore sous le pied de sa beauté barbare.
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