mercredi 1 avril 2009

Obama and Sarkozy are on a boat...

Oh mes chéris mes chéris ! Soyez sans crainte, je ne me lance pas dans la glose géo-politique vaginante non non non je fais simplement un test pour savoir si ce type de titre va entraîner de grosses retombées médiatiques sur mon OEUVRE. Au fond, tu regardes depuis le début par le trou de la serrure, et tu vois le foetus, l'enfant, l'adulte, le mourant. Tu regardes l'écrivain sombrer dans mille déesses...

Tu ne manques rien, à part peut-être ce qui est mangé, ce qui est bu, ce qui est émis. Chaque déboire philosophique et sensationnel a le droit à un traitement de premier choix, sons et lumières compris. Mes amours et mes deuils sont des spectacles multidiffusés. Je suis un bouquet de chaînes, canal émotion, canal humour, canal pornographie, canal drame social, tout y passe. Il y aussi cette chaîne mouillée et tétanisante qu'on appelle solitude, là-bas, un homme laid enroulé dans une couette qui laisse couler des larmes aussi douloureuses que des fils que l'on retire avant la cicatrisation. Là-bas, des femmes fantômes que l'on prend par le poignet mais qui finissent toujours par filer dans tel ou tel dédale. Sur cette chaîne un programme brouillé, où la main est bien souvent la reine, elle écrit, elle masturbe, elle distrait. Les yeux eux ne décollent pas de l'écran, c'est la mise en abîme, la chaîne me diffuse regardant dans le vide des films italiens. Le corps tout entier est fixe sur la chaise, le dos est voûté, le ventre est caché, il n'y a qu'un visage ni trop enfant ni trop adulte, il n'y a qu'un visage qui se cherche dans l'image. Le pouls est faible, le coeur couvert de graisse, il y a bien longtemps notre héros contait les baleines en parenthèse, il y a bien longtemps, il dansait, il saisissait avec son sourire de bourreau la moindre brise glissant du cyprès froid. Il n'a plus de jambes depuis un bail, à vrai dire, elles lui "font défaut", il n'en supporte pas plus d'une à la fois, c'est un mutilé de guerre, d'une guerre utérine qu'il n'a pas pu mener conscient, il aurait aimé ça, se battre ou mourir et savourer comme le mauvais tabac ou le café passé sa douce infirmité. Il y a parfois aussi ce canal très absurde où il marche dans les rues au soleil parisien, il marche en compagnie d'hommes et de femmes qu'ils ne regardent pas et il déblatère un nombre fou de bêtises en tout genre. Il se transforme en une machine à réciter la blague, en un artiste bloqué sur scène, pirouettant la phrase, allumant les conventions, mais sans jamais regarder son interlocuteur, sans jamais rien garder de lui. On ne sait plus vraiment ce qu'il fait de sa vie disent les fans, certains regrettent qu'il ne soit pas allé jusqu'au bout de lui-même, d'autres se plaignent de tant de stagnations, certains relativisent, d'autres aimeraient qu'il se sorte un petit peu les phalanges du fondement. On l'a vu étudiant, faussement blasé mais plein de charme, avec des petites dents qui savaient mordre aux bons endroits. On le croise apprenti écrivain, arpentant les plages et les quais avec le même sinistre au fond de l'âme. C'est que la joie s'est vite enfuie, et que, le canal désespoir est encore en cryptée. Les fils y sont tous dénudés, les caméras sont effondrées, au-dessus de tout ça, un plafond plaqué or. On ne sait plus quoi dire de lui, c'était un génie sans doute, du moins, il avait quelque chose, une attirance poétique pour la plus mince des cigales, une attirance pathétique aussi, mais maintenant il mange la poussière et parle faux, il ne croit plus en rien. Le canal Rêve marche quand l'antenne n'est pas mise trop à l'ombre, ah le canal rêve, avec rien qu'un peu d'amour, rien qu'un peu de peau, rien qu'un peu de foi. Depuis que des vandales ont détruit les bureaux du canal religion, il ne l'a jamais regretté, mais parfois dans la folie, parfois dans les paroles vaines et écrasantes des passants, des frères, des oncles, parfois dans ces propres vaines paroles, parfois dans tout ce silence, dans les insultes, le monde qui se fissure et semble se perdre pour de bon, il a pu y penser. C'est que le canal souffrance fonctionne en illimité, sans coupures pub, sans flashs info, sans grève des programmes, alors oui il doit se reposer dans son lit aux diodes sales, oui il doit écrire après s'être gavé d'un tombeau d'informations inutiles et mortes-nées, oui il doit oublier d'appeler des rendez-vous manqués, oui il doit oublier de répondre à ses amis, oui il doit noircir, goûter à la méchanceté et au vice, oui il doit tout ça, pour tenir, pour que l'électricité circule toujours dans ce fruit aléatoire qu'est sa pensée, pour que le petit voyant rouge reste toujours en sursaut, pour qu'il tienne entre ses doigts la chaîne de sa vie.

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