vendredi 31 juillet 2009
Le complexe de Stalingrad
Suite à ce singulier enchaînement, de spasmes, d'apparitions et de défaillances, et tandis que mon corps peinait à aller droit, mon esprit lui, cherchant quelque part où se poser, s'est trouvé un souvenir. J'étais alors un enfant de sept huit ans et ce matin-là le châtiment suprème de l'écolier me fut ordonné. En effet, mon professeur dont je ne me remets ni le visage ni la voix, m'a demandé de me rendre au tableau pour y résoudre un périlleux problème. Il devait s'agir d'une simple multiplication sur laquelle s'était greffée une soustraction mais pour moi et pour tout enfant de mon âge, cela avait l'air de tout sauf d'une chose simple. Toujours est-il que j'y suis allé, portant au crâne et le poids de la question et le regard des autres enfants railleurs et soulagés de ne pas être à ma place. Déjà à ce moment, je sentais que le monde entier cherchait à me coincer. C'est très maladroitement que j'ai fait se tordre le bout de craie dans tous les sens afin d'écrire le chiffre de vérité. Un ange passa jusqu'à ce que mon professeur décide de la bonne justesse de ma réponse, seulement, lors de son vol, sans comprendre jamais l'exacte réaction physiologique, un large rideau de sang bouillonnant se mit à chauffer dans le fond de ma nuque. Comme si, et je le pense aujourd'hui, j'avais vécu une rupture d'anévrisme. C'est pourtant très normalement et sans mot dire que je me suis rendu jusqu'à ma chaise, mais en moi le doute persistait. Etais-je mort à ce moment précis où la classe, le monde entier, était presque tout à fait sûr de mon inutilité et de ma débilité ? Ce frisson de sang brûlant n'avait-il pas eu ma peau ? Je m'en rappelle parfois et quand par acquis de conscience, je décide de confier cette expérience à un tel ou un tel, ils me répondent tous que ce genre de chose "une gerbe sanguine qui flambe et coule par la nuque, comme si le cerveau en entier se laisser glisser par là" ne leur est jamais arrivé. Cette expérience est une preuve de plus qui me permet de penser que la moindre altération de mon état d'esprit est capable de me faire plonger dans les pires délitements.
dimanche 26 juillet 2009
Comme il fait faim dans la vieille ville / La symphonie bâtarde
A l'instar des rêves, impossibles à prévoir, les chemins d'écriture sont durs à baliser. Aussi et comme des fillettes sont capables de chanter du Téléphone à tue-tête dans leur jardin, je brise encore ma monotonie romanesque. Sachez, que j'ai rêvé aussi, un accident : mon bus, un bus, qui sur une route de campagne mange le bleu d'un 36tonnes et les gens, les autres, qui disent : "c'est pas possible, c'est pas possible" en voyant l'inexorable arriver. De mon frère, le grand, moi petit dans ma poussette et des fourmis en masse qu'on s'amusait à écraser par une nuit étrange. D'embrasser la paupière d'Anaïs. D'être poursuivi par des bandits après une histoire de poker et d'argent, de se réfugier dans un collège désert et de les fuir et les piéger.
Texte : Comme il fait faim dans la vieille ville
C'était l'époque du meurtre banalisé. En théorie, le meurtre quand il explose dans la ville lâche toujours un cri, une ultime supplication qui étouffe le coup de feu ou le son de la lame. Ici, on entendait plus que les balles perforant des sacs de sang et d'os aux espoirs desséchés. C'était cette époque-là où les décisions d'un petit groupe radical ont amené des milliers d'âmes à la mort. Ce climat inhumain n'empêchait pourtant toujours pas l'été de glacer le ciel d'un bleu sans nuage, et il n'arrivait pas à empêcher au coeur de Philip, seize ans, de battre comme jamais. Pour Philip, le fait de mourir demain ou non importait peu. Il voyait plus grand, il avait en point de mire la silhouette féline de Sacha, ses sourires en cascade, leurs balades dans les rues claires. L'été était chaud et la veille, Philip avait embrassé pour la première fois, et la veille, un de ses oncles avait eu droit à un interrogatoire plutôt corsé. On ne sait plus vraiment comment tout cela a commencé et comment tout ce quartier et les six mille personnes y vivants a fini par être rationné, ostracisé, dégagé de la carte. Il n'y avait pas encore de murs et de grilles mais il fallait déjà un laisser-passer si l'on voulait aller ailleurs, bien sûr en indiquant la durée du séjour et la date du retour. Mais cet aller ailleurs, bizarrement Philip ne l'avait plus, il ne faisait que rêver de cette mansarde aux volets noirs où Sacha l'attendait, un peu comme une veuve. Il faut dire que la famille de Sacha fut l'une des premières à partir, un matin, en se réveillant, Sacha trouva une table du petit déjeuner mise mais aux chaises vides, des bols de lait pleins mais à peine bus, des cigarettes roulées avec soin mais définitivement éteintes. Aussi fantaisiste que ça puisse paraître, Sacha avait échappé à l'enlèvement grâce à ses flemmardises et ses peurs enfantines, agée elle aussi de seize ans, elle n'en demeurait pas moins bête sur foule de points et comme elle n'aimait pas les moustiques - l'idée même des moustiques la terrorisait - elle avait prit l'habitude de dormir sous sa couette de la tête aux pieds comme une pièce de viande sous son film plastique, bien à l'abri des agressions extérieures. Ses parents, inquiets d'une telle manie, la priaient d'au moins se découvrir un peu les pieds car ils se demandaient comment elle parvenait à dormir sans air, sans rien, juste avec sa hantise des moustiques, maringouins, cousins et autres suceurs de sang volants. En fait, elle n'y arrivait pas, elle se réveillait automatiquement toutes les heures pour reprendre un peu d'air puis se rendormait instantanément ou presque. Ce matin-là donc, dans la petite chambre, ils ont seulement dû voir un lit bien fait et comme ce sont des êtres humains et qu'ils préféreraient aussi faire autre chose qu'arrêter une famille pendant son petit-déjeuner, ils n'ont pas cherché plus loin. Depuis, Sacha vit donc seule des restes de la maison, de corn-flaxes, de conserves ou de macaronis aux longs cours. Son unique distraction survient quand Philip gratte à la porte de sa petite chambre - elle n'en bouge pendant la journée, craignant une arrestation surprise et ils ne parlent jamais très fort à l'intérieur - là, un rire, une vie, irradie son visage et lui demande d'entrer, ils lisent ensuite dans leurs yeux afin de s'assurer qu'aucun piège ne plane au-dessus d'eux et une fois ceci fait, ouvrent la fenêtre et sautent dans la rue. Car étrangement dans ce climat-là et en plein jour, les rues semblent plus sûres que les appartements, tant qu'on ne se met pas à courir ou à chanter l'Amérique. Philip raconte avec la joie de celui qui parle aux lèvres qu'ils embrassent, comment son oncle, tuméfié et sale, est revenu dans la maison familiale. Il raconte comment ils l'ont accusé de choses dont il ignorait jusqu'à lors l'existence, il raconte comment son père et son oncle se sont ensuite mis à chuchoter nerveusement avant d'éclater et de servir le vin. Il raconte tout cela entre deux baisers, entre deux dents plantées dans sa lèvre inférieure. Sacha a comme les yeux vides mais la bouche en vrai feu, comme s'il n'y avait plus qu'elle qui vivait dans le corps de Sacha, que ses mains, que son nez, que son front étaient devenus des parties inutiles et qu'il ne restait plus que la bouche, entière et dévorante, pour exprimer quoi que ce soit.
Texte : Comme il fait faim dans la vieille ville
C'était l'époque du meurtre banalisé. En théorie, le meurtre quand il explose dans la ville lâche toujours un cri, une ultime supplication qui étouffe le coup de feu ou le son de la lame. Ici, on entendait plus que les balles perforant des sacs de sang et d'os aux espoirs desséchés. C'était cette époque-là où les décisions d'un petit groupe radical ont amené des milliers d'âmes à la mort. Ce climat inhumain n'empêchait pourtant toujours pas l'été de glacer le ciel d'un bleu sans nuage, et il n'arrivait pas à empêcher au coeur de Philip, seize ans, de battre comme jamais. Pour Philip, le fait de mourir demain ou non importait peu. Il voyait plus grand, il avait en point de mire la silhouette féline de Sacha, ses sourires en cascade, leurs balades dans les rues claires. L'été était chaud et la veille, Philip avait embrassé pour la première fois, et la veille, un de ses oncles avait eu droit à un interrogatoire plutôt corsé. On ne sait plus vraiment comment tout cela a commencé et comment tout ce quartier et les six mille personnes y vivants a fini par être rationné, ostracisé, dégagé de la carte. Il n'y avait pas encore de murs et de grilles mais il fallait déjà un laisser-passer si l'on voulait aller ailleurs, bien sûr en indiquant la durée du séjour et la date du retour. Mais cet aller ailleurs, bizarrement Philip ne l'avait plus, il ne faisait que rêver de cette mansarde aux volets noirs où Sacha l'attendait, un peu comme une veuve. Il faut dire que la famille de Sacha fut l'une des premières à partir, un matin, en se réveillant, Sacha trouva une table du petit déjeuner mise mais aux chaises vides, des bols de lait pleins mais à peine bus, des cigarettes roulées avec soin mais définitivement éteintes. Aussi fantaisiste que ça puisse paraître, Sacha avait échappé à l'enlèvement grâce à ses flemmardises et ses peurs enfantines, agée elle aussi de seize ans, elle n'en demeurait pas moins bête sur foule de points et comme elle n'aimait pas les moustiques - l'idée même des moustiques la terrorisait - elle avait prit l'habitude de dormir sous sa couette de la tête aux pieds comme une pièce de viande sous son film plastique, bien à l'abri des agressions extérieures. Ses parents, inquiets d'une telle manie, la priaient d'au moins se découvrir un peu les pieds car ils se demandaient comment elle parvenait à dormir sans air, sans rien, juste avec sa hantise des moustiques, maringouins, cousins et autres suceurs de sang volants. En fait, elle n'y arrivait pas, elle se réveillait automatiquement toutes les heures pour reprendre un peu d'air puis se rendormait instantanément ou presque. Ce matin-là donc, dans la petite chambre, ils ont seulement dû voir un lit bien fait et comme ce sont des êtres humains et qu'ils préféreraient aussi faire autre chose qu'arrêter une famille pendant son petit-déjeuner, ils n'ont pas cherché plus loin. Depuis, Sacha vit donc seule des restes de la maison, de corn-flaxes, de conserves ou de macaronis aux longs cours. Son unique distraction survient quand Philip gratte à la porte de sa petite chambre - elle n'en bouge pendant la journée, craignant une arrestation surprise et ils ne parlent jamais très fort à l'intérieur - là, un rire, une vie, irradie son visage et lui demande d'entrer, ils lisent ensuite dans leurs yeux afin de s'assurer qu'aucun piège ne plane au-dessus d'eux et une fois ceci fait, ouvrent la fenêtre et sautent dans la rue. Car étrangement dans ce climat-là et en plein jour, les rues semblent plus sûres que les appartements, tant qu'on ne se met pas à courir ou à chanter l'Amérique. Philip raconte avec la joie de celui qui parle aux lèvres qu'ils embrassent, comment son oncle, tuméfié et sale, est revenu dans la maison familiale. Il raconte comment ils l'ont accusé de choses dont il ignorait jusqu'à lors l'existence, il raconte comment son père et son oncle se sont ensuite mis à chuchoter nerveusement avant d'éclater et de servir le vin. Il raconte tout cela entre deux baisers, entre deux dents plantées dans sa lèvre inférieure. Sacha a comme les yeux vides mais la bouche en vrai feu, comme s'il n'y avait plus qu'elle qui vivait dans le corps de Sacha, que ses mains, que son nez, que son front étaient devenus des parties inutiles et qu'il ne restait plus que la bouche, entière et dévorante, pour exprimer quoi que ce soit.
mardi 21 juillet 2009
Since the day where I'm killing you
Le Poulpe de Guillaume Nicloux
De retour donc sur les traces de ce réalisateur de polars français atypiques, croisement innatendu entre James Gray et le "Pulp" esprit, pour un de ses premiers films ayant pour têtes d'affiche l'excellentissime Jean-Pierre Daroussin (DIEU !) et la non moins craquante Clotilde Coureau. Le Poulpe, c'est le surnom de Gabriel, buveur de canons et enquêteur à l'arrache, il est accompagné de Cherryl, petite pute excentrique, furieusement sexuelle et au caractère bien trempé. Ensemble, ils décident de démêler une affaire de profanation dans le cimetière d'un hameau breton, rencontrant dans le gris de la non ville toute une galerie de portraits tous plus alcolisés les uns que les autres. C'est dans cet effort purement littéraire et donc cinématographique (la relation entre ces deux médias étant désormais presque fusionnelle, malheureusement) que Nicloux surprend et également dans son rapport alors inédit en France avec la violence, car Daroussin campe non seulement un enquêteur cynique à la répartie impeccable mais il revêt également la peau de celui qui casse des phalanges et éclate des nez. Disons qu'à l'instar de ses homologues américains et coréens, il y a enfin cette sensation des coups qui font mal (sensation qui m'est chère car j'aime me rapprocher de cette angoisse de la mort, du coup de feu, qui traîne dans toute vie) et qui peuvent partir à tout moment. Poulpe est Pulp aussi grâce à son côté cool dans n'importe quel type de situation, aussi critique soit-elle, comme lorsque quatre molosses s'apprêtent à fondre sur lui pendant qu'il discute avec une fille aux informations précieuses et qu'il se contente d'un "J'arrive". En finalité, un bon film, qui n'est pas plus que ce qui l'est (un polor, donc film de genre) mais qui par sa décontraction et par le soin pris pour son ambiance est à conseiller à ceux qui désespérent devant la qualité moyenne des films d'Olivier Marchal.
De retour donc sur les traces de ce réalisateur de polars français atypiques, croisement innatendu entre James Gray et le "Pulp" esprit, pour un de ses premiers films ayant pour têtes d'affiche l'excellentissime Jean-Pierre Daroussin (DIEU !) et la non moins craquante Clotilde Coureau. Le Poulpe, c'est le surnom de Gabriel, buveur de canons et enquêteur à l'arrache, il est accompagné de Cherryl, petite pute excentrique, furieusement sexuelle et au caractère bien trempé. Ensemble, ils décident de démêler une affaire de profanation dans le cimetière d'un hameau breton, rencontrant dans le gris de la non ville toute une galerie de portraits tous plus alcolisés les uns que les autres. C'est dans cet effort purement littéraire et donc cinématographique (la relation entre ces deux médias étant désormais presque fusionnelle, malheureusement) que Nicloux surprend et également dans son rapport alors inédit en France avec la violence, car Daroussin campe non seulement un enquêteur cynique à la répartie impeccable mais il revêt également la peau de celui qui casse des phalanges et éclate des nez. Disons qu'à l'instar de ses homologues américains et coréens, il y a enfin cette sensation des coups qui font mal (sensation qui m'est chère car j'aime me rapprocher de cette angoisse de la mort, du coup de feu, qui traîne dans toute vie) et qui peuvent partir à tout moment. Poulpe est Pulp aussi grâce à son côté cool dans n'importe quel type de situation, aussi critique soit-elle, comme lorsque quatre molosses s'apprêtent à fondre sur lui pendant qu'il discute avec une fille aux informations précieuses et qu'il se contente d'un "J'arrive". En finalité, un bon film, qui n'est pas plus que ce qui l'est (un polor, donc film de genre) mais qui par sa décontraction et par le soin pris pour son ambiance est à conseiller à ceux qui désespérent devant la qualité moyenne des films d'Olivier Marchal.
lundi 20 juillet 2009
La foudre qui te ressemble / Beijing 99
En premier lieu, je tiens à dire que si un jour on me demande et comme on me demande déjà, secrètement, dans les viscères de la pensée, ce que je pense d'Antonin Artaud, je répondrais :
"De la bonne merde"
Aussi, je suis sûr de ne pas être tout à fait mûr pour le roman parfait mais bon sang il jure de dire toute la vérité, rien que la vérité, oui, rien que la vérité, dites je le jure.
Je fais des rêves empagaillés, des rêves qui n'ont pas vraiment d'accroche, des séries d'évènements complètement débiles, François Deslandes, un quelque part d'Angleterre, des femmes, de l'eau, quoi d'autre ?
Et, comme la nuit tarde à me prendre, je décide de réfléchir à mes horizons, et, comme mes horizons tardent à leur tour, j'invente "Beijing 99" (qu'il faut prononcer Beijing Ninety-Nine), où comment un groupe de malfrats chinois racontent comment ils en sont arrivés là (avec cette très intéressante réflexion sur avant et après la découverte de l'arme et de son pouvoir) dans un Pékin tout en travaux. Il faudrait la même équipe que sur Mad Detective (To et Kar Fai) et ce film pourrait être un bon film. J'ai l'esprit comme sous les pieds de la fille du facteur un soir de vendanges. Mais bon, on ne peut que s'en sortir, on ne peut que s'en sortir.
AH OUI
ET
Une histoire banale
Je quitte une fille
Une histoire banale
Par un message
Elle me répond " C'est pas grave, c'était bien quand même "
Une histoire banale !
Je réponds : " Si t'avais écouté de la meilleure musique et une chatte un peu moins exigüe, je serais peut-être tombé amoureux."
Une histoire inventée.
"De la bonne merde"
Aussi, je suis sûr de ne pas être tout à fait mûr pour le roman parfait mais bon sang il jure de dire toute la vérité, rien que la vérité, oui, rien que la vérité, dites je le jure.
Je fais des rêves empagaillés, des rêves qui n'ont pas vraiment d'accroche, des séries d'évènements complètement débiles, François Deslandes, un quelque part d'Angleterre, des femmes, de l'eau, quoi d'autre ?
Et, comme la nuit tarde à me prendre, je décide de réfléchir à mes horizons, et, comme mes horizons tardent à leur tour, j'invente "Beijing 99" (qu'il faut prononcer Beijing Ninety-Nine), où comment un groupe de malfrats chinois racontent comment ils en sont arrivés là (avec cette très intéressante réflexion sur avant et après la découverte de l'arme et de son pouvoir) dans un Pékin tout en travaux. Il faudrait la même équipe que sur Mad Detective (To et Kar Fai) et ce film pourrait être un bon film. J'ai l'esprit comme sous les pieds de la fille du facteur un soir de vendanges. Mais bon, on ne peut que s'en sortir, on ne peut que s'en sortir.
AH OUI
ET
Une histoire banale
Je quitte une fille
Une histoire banale
Par un message
Elle me répond " C'est pas grave, c'était bien quand même "
Une histoire banale !
Je réponds : " Si t'avais écouté de la meilleure musique et une chatte un peu moins exigüe, je serais peut-être tombé amoureux."
Une histoire inventée.
samedi 18 juillet 2009
A VENIR : La Pieuvre : Final
De retour du néant. Je pense détenir pour de bon la clé de mon roman. Je vais bien. Le ciel est gris. Adieu.
vendredi 10 juillet 2009
Couleurs et mouvement
Le mouvement, régulier comme un cil, des cheveux de la vie,
La couleur puissante de l'angoisse, prend tout même l'artiste,
Même la musique, même les gouffres que poussent la lumière dans les feuilles,
La couleur mange la politique, les poiriers sur la plage et l'allure des fillettes extatiques,
C'est un bleu de Vichy, un jardin, une joue qui saigne à l'intérieur,
C'est savoir que plus les mots avancent et plus ils se perdent, plus il s'effacent,
La couleur hante l'encre comme seules savent hanter les belles lèvres payées,
La couleur c'est ce rose nuit que l'on pénètre comme une morte
Et qui jamais ne se débat,
La couleur c'est la rue sans miracle que l'on empruntera,
Comme ça,
Comme ça.
La couleur puissante de l'angoisse, prend tout même l'artiste,
Même la musique, même les gouffres que poussent la lumière dans les feuilles,
La couleur mange la politique, les poiriers sur la plage et l'allure des fillettes extatiques,
C'est un bleu de Vichy, un jardin, une joue qui saigne à l'intérieur,
C'est savoir que plus les mots avancent et plus ils se perdent, plus il s'effacent,
La couleur hante l'encre comme seules savent hanter les belles lèvres payées,
La couleur c'est ce rose nuit que l'on pénètre comme une morte
Et qui jamais ne se débat,
La couleur c'est la rue sans miracle que l'on empruntera,
Comme ça,
Comme ça.
lundi 6 juillet 2009
La petite vie
Le sida dans le bus,
Mon père sur la rive, cherchant son trésor.
C'est à peu près, après tout n'est que bribes et brumes, je n'ai même pas été capable de faire un journal de bord, les mots et leur courage semblent parfois si proches et par d'autres fois si lointains, je suis le maître d'un peuple sans cesse en mouvement. D'une foule dense et dansante, de petites gens glissant sur la vague, le front chaud, je suis le maître d'un pays qui passe d'un côté de la carte à l'autre en un battement de cil, je suis le maître de mes pensées mais elles sont volatiles, enfin, ce ne sont pas mes pensées qui sont volatiles, ce serait plutôt la pure intensité de celles-ci qui le serait. Et sans cette pure intensité, on écrit pas de bons livres, on brode, on tousse. Alors si un jour un tout jeune écrivain se demande quand il faut écrire, à quel moment, juste après, juste avant, pendant, si ce jeune écrivain me demande, je ne répondrais rien parce que je ne sais pas, je sais que quelquefois si je n'écris pas, je tombe mort ou dans la vraie folie, c'est tout ce que je sais, je sais que quelquefois si je n'écris pas, je perds mon audition, ma voix se fait plus grave, mon verbe plus mou, mes yeux moins ardents, je sais que quelquefois si je n'écris pas, je n'ai plus aucune raison d'être sur Terre, même avec les amis et les femmes, même avec la famille. Je sais parfois que si je n'écris pas, je ne peux plus rien supporter. Et je ne voudrais pas lui répondre ça à mon jeune écrivain car lui, ses yeux voudront tout supporter, il aura encore de l'amour pour tout et toutes les faces, il aura du sourire et de la haine à chaque seconde, il ne tombera pas encore, non, il lévitera d'un pouce jusqu'à nous quitter tous.
Je m'en vais poursuivre "mon futur inachevé", c'est drôle cette expression "poursuivre" et je trouve pour ma part qu'elle concorde parfaitement avec ma démarche littéraire actuelle, j'ai l'impression plus de "poursuivre" mon roman que de le parachever, j'ai l'impression d'être derrière encore, en quête de celui-ci, j'ai l'impression qu'il m'échappe et c'est en cela qu'il me ressemble, je n'ai toujours fait que des choses qui m'échappent, je n'ai jamais été strict et concis, comme l'aube ne l'est pas. Cette façon de faire ou de voir est bien évidemment fort critiquable mais je me défendrais comme se défend l'ivrogne, "je n'y peux rien", "je n'y peux rien", "je ne sais rien faire d'autre", "qu'on me prenne". Alors allons futur pour ta suite !
Pour un futur inachevé : Bien accompagné
Je ne pouvais me résoudre à mourir ainsi sans rien ni personne.
Mon père sur la rive, cherchant son trésor.
C'est à peu près, après tout n'est que bribes et brumes, je n'ai même pas été capable de faire un journal de bord, les mots et leur courage semblent parfois si proches et par d'autres fois si lointains, je suis le maître d'un peuple sans cesse en mouvement. D'une foule dense et dansante, de petites gens glissant sur la vague, le front chaud, je suis le maître d'un pays qui passe d'un côté de la carte à l'autre en un battement de cil, je suis le maître de mes pensées mais elles sont volatiles, enfin, ce ne sont pas mes pensées qui sont volatiles, ce serait plutôt la pure intensité de celles-ci qui le serait. Et sans cette pure intensité, on écrit pas de bons livres, on brode, on tousse. Alors si un jour un tout jeune écrivain se demande quand il faut écrire, à quel moment, juste après, juste avant, pendant, si ce jeune écrivain me demande, je ne répondrais rien parce que je ne sais pas, je sais que quelquefois si je n'écris pas, je tombe mort ou dans la vraie folie, c'est tout ce que je sais, je sais que quelquefois si je n'écris pas, je perds mon audition, ma voix se fait plus grave, mon verbe plus mou, mes yeux moins ardents, je sais que quelquefois si je n'écris pas, je n'ai plus aucune raison d'être sur Terre, même avec les amis et les femmes, même avec la famille. Je sais parfois que si je n'écris pas, je ne peux plus rien supporter. Et je ne voudrais pas lui répondre ça à mon jeune écrivain car lui, ses yeux voudront tout supporter, il aura encore de l'amour pour tout et toutes les faces, il aura du sourire et de la haine à chaque seconde, il ne tombera pas encore, non, il lévitera d'un pouce jusqu'à nous quitter tous.
Je m'en vais poursuivre "mon futur inachevé", c'est drôle cette expression "poursuivre" et je trouve pour ma part qu'elle concorde parfaitement avec ma démarche littéraire actuelle, j'ai l'impression plus de "poursuivre" mon roman que de le parachever, j'ai l'impression d'être derrière encore, en quête de celui-ci, j'ai l'impression qu'il m'échappe et c'est en cela qu'il me ressemble, je n'ai toujours fait que des choses qui m'échappent, je n'ai jamais été strict et concis, comme l'aube ne l'est pas. Cette façon de faire ou de voir est bien évidemment fort critiquable mais je me défendrais comme se défend l'ivrogne, "je n'y peux rien", "je n'y peux rien", "je ne sais rien faire d'autre", "qu'on me prenne". Alors allons futur pour ta suite !
Pour un futur inachevé : Bien accompagné
Je ne pouvais me résoudre à mourir ainsi sans rien ni personne.
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