La logique
Est immortelle
Elle ne fait que chuter.
La suite
Qui la comprend
Qui pour la comprendre
C'est un visage prêt au baiser
Et après, une fange de sables
Pour tombeau,
Quel pied.
*
So, Woody Allen est à la même table que moi et il est jeune(j'ai même cru plusieurs fois que c'était Roberto Begnini), et il s'amuse comme il peut. Il saute de chaise en chaise, plutôt, de deux chaises en deux chaises. Je lui dis qu'il faut continuer jusqu'à faire un tour complet puis qu'après la routine changera.
Je me retrouve dans un bus, rapide et aérien, qui m'emmène dans des coins de bois et d'eau que je connais pas mais qui ne semble pas si loin de mon propre chez moi (je me dis même qu'il faudrait que je prenne le bus plus souvent) mon esprit est submergé par ces images d'eau dans la lumière, d'une finesse bleue inconnue, par ces arbres d'un vert brillant, par cette eau mélancolique qui sort tout droit du LochNess, comme sur des rails, je m'arrête dans ce qui m'a tout l'air d'être un bout de parc d'attractions. Je sors sur un certain parvis, on me cherche des noises, je compte mes dents, je réfléchis à ce que ce serait facile de partir en bon couard et puis non, je frappe deux fois sur la joue l'emmerdeur, d'autres surgissent, lui, il n'est même pas sonné, un mauvais quart d'heure commence pour moi. Je suis à terre, je ne sens pas les coups mais je sens que bientôt je n'en pourrais plus, Xavier, patibulaire et vêtu d'un sweat à capuche blanc arrive et de Dieu, c'est bien la seule fois où je suis content de voir Xavier débarquer, je me dis qu'il me connaît suffisamment et qu'il est suffisamment stone pour avoir envie de m'aider. Il ne fait pas grand chose à part bouger autour d'eux mais Pinard arrive aussi, je gueule comme une petite fille, Pinard massacre un mec jaune, il le roue de coups alors qu'il est à terre, l'emmerdeur premier semble vouloir calmer le jeu mais je lui réponds en lui remettant les deux mêmes coups sur la joue. Il ne bouge toujours pas. Puis tout s'embrouille un peu, je me mets à le suivre le long d'avenues new-yorkaises vaguement trempées, j'arrive au bas d'un immeuble puis je lui parle, après le cerveau a repris le menu et à ce moment-là, vous le raconter, ça n'est plus du jeu.
samedi 28 février 2009
vendredi 27 février 2009
La Pieuvre, suite
A ma plus grande stupeur, alors que ma bouche, mon front et mes lèvres devaient se tordre comme un requin-marteau, les deux fins serpents cristallins me glissant des joues à la bouche avaient un goût de rêve. Douceur salée comme l'eau de certaines mers au nord. Cette poésie gustative me fit oublier pour un temps toute la misère de ma situation et à vrai dire, je riais de mes larmes, tellement elles étaient bonnes. Elles étaient comme le vin, affûté par la vieillesse, ses séjours longs et frustrés sous la poussière de mon sommeil. Ces larmes étaient en attente depuis des siècles, passagers bloqués à la douane pour un tampon manquant sur le passeport, aéroport en berne à cause de l'orage au dehors. Mes larmes, un peuple entier, spolié, rabaissé, gardé sous silence et enfin, la libération. Nappes onctueuses et délicates au palais, mes larmes étaient aussi tendres que le prisonnier, qui presque mort, retrouve ses chemins et ses hauteurs. Des diamants secrets, mes larmes étaient. Assis sur la cuvette des toilettes, ma langue passait et repassait sur mes lèvres mouillées, je n'en voulais pas perdre une goutte. J'étais percé de toute part, j'écopais en souriant, ma honte et ma dignité étaient en vacances désormais, je n'étais plus qu'une langue ravie sur des lèvres humides. Ce moment n'avait rien d'intellectuel, il était bestial. Mon coeur battait, les échos de ma salle ne me parvenaient plus, je buvais à m'en blesser la vessie. Je buvais comme un cheval penché à flanc de fleuve. Je buvais pour survivre mes larmes maladives. Je n'avais plus main mise sur mes émotions, je ne contrôlais plus mes yeux et je ne savais même plus la cause de tant de larmes. Je sais simplement que, je pleurais, je buvais. J'ai dû bien boire quelques litres avant que le débit ne ralentisse puis s'estompe totalement. J'ai dû bien boire toute une mare. Quand elles s'arrêterent de couler, mon crâne commença à me faire un mal de chien et je mourrais d'envie de voir si cette crise de larmes avait changé quelque chose à mon visage. Je tournais le verrou à moitié dans l'impatience, à moitié dans le délice. J'actionnais la poignet avec appréhension, avec entrain. La porte fit mine de s'ouvrir mais restait belle et bien fermée. J'avais beau avoir bu une mare, avoir tâté de ma langue une extase, j'étais tout de même coincé dans les toilettes de mon lycée. Ma honte et ma dignité refirent surface à toute vitesse, mon front était brûlant, rages et fatigues mêlées. Il fallait que j'ouvre cette maudite porte, je ne pouvais pas mourir là, avec un doigt brisé, des cadavres de larmes sur les joues et toute une classe hilare par ma faute. Si je meurs dans cette pièce, la trentaine d'étudiants qui étaient miens n'en pourront plus de rire, ils riront toute leur vie, quand ils iront aux toilettes, ils riront. Trente vies in extenso composées de rires diaboliques, uniquement de ça, voilà pourquoi je suis mort, pour qu'une trentaine d'imbéciles se bidonnent pendant cent ans. Voilà pourquoi je suis mort. Mes coups d'épaule étaient vains, la porte ne tremblait pas d'un pouce, c'était pire que de pousser éléphant le long des pentes alpines. C'était pire que de tirer du roc la pauvre Excalibur.
jeudi 26 février 2009
OROBOROS OVERBUSY
Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll :
" On ne peut s'épanouir que dans la disproportion "
Les Singes Volants
suite
Récit lumineux / Macabre radar / Les oeufs / De vraies petites filles / Néons / L'écriture / Orgasme à tout rompre / Je vais chercher Prune / Laisse-la dormir / C'est pour ne pas salir / Sergi Lopez traîne le corps rouge et mort de la voluptueuse (èt gourgandine de service) Sophie Guillemin / Aide-moi ou je réveille tout la maison / Papa, j'arrive pas à dormir / Elle tombe dans le puisart(d?)(ts?) / Secoue-toi / Tu veux que je fasse tout ? / Je me sens tout mal / Lampe torche carré sur le visage sec / Il tombe à son tour / Le Japon sous la terre par brouettes / Bleu fixe / J'ai eu une insomnie / J'ai comblé le puisart.d.ts / Ils t'embrassent / Non non, ça va / Dors un peu / Mélodie enfantine / C'est vachement bien / Tu devrais continuer / Je suis désolé d'avoir été désagréable ces derniers jours / Je t'aime /
puisard
" On ne peut s'épanouir que dans la disproportion "
Les Singes Volants
suite
Récit lumineux / Macabre radar / Les oeufs / De vraies petites filles / Néons / L'écriture / Orgasme à tout rompre / Je vais chercher Prune / Laisse-la dormir / C'est pour ne pas salir / Sergi Lopez traîne le corps rouge et mort de la voluptueuse (èt gourgandine de service) Sophie Guillemin / Aide-moi ou je réveille tout la maison / Papa, j'arrive pas à dormir / Elle tombe dans le puisart(d?)(ts?) / Secoue-toi / Tu veux que je fasse tout ? / Je me sens tout mal / Lampe torche carré sur le visage sec / Il tombe à son tour / Le Japon sous la terre par brouettes / Bleu fixe / J'ai eu une insomnie / J'ai comblé le puisart.d.ts / Ils t'embrassent / Non non, ça va / Dors un peu / Mélodie enfantine / C'est vachement bien / Tu devrais continuer / Je suis désolé d'avoir été désagréable ces derniers jours / Je t'aime /
puisard
Rêve //
Deezer, ambiance inconnue, ils sont tous là, je chante une chanson, mélange d'Otis Redding et du Queen de Bohemian Rhapsody, avec brio, avec talent, mieux je la réinvente, je suis la voix,
c'est tout, pour le moment.
c'est tout, pour le moment.
mercredi 25 février 2009
Time Crisis
Ce voyage en Bretagne fut d'une étonnante linéarité
Et malgré celle-ci
Totalement nécessaire.
J'y ai trouvé la fin de mon livre,
Une lettre à écrire,
Noyé mon portable,
Compris que j'allais être quoi qu'il arrive en bordel
Jusqu'à que ce que les pas se mettent à claquer sous les volets (j'expliquerais ça un jour)
Compris que rien ne m'attendait nulle part...
Aussi j'ai dansé dans la nuit sur la plage,
Seul, je ne pouvais le faire que seul, c'était comme pleurer...
Je ne pleure plus, je n'arrive plus à pleurer sur commande,
Je dois être en bon chemin,
La mer était belle, avec ou sans diadème, celui que pose le soleil quand il perce la nue,
Avec ou sans les lampadaires au fronton, avec ou sans ces bêtes translucides se déplaçant en roulant sur elles-mêmes, dans la boue,
Avec ou sans la chute, la terre qui prend les genoux, avec ou sans mes ruades frénétiques,
Avec ou sans le fantôme bleu, aurore boréale au rabais, crevée dans un coin de ciel.
MON PORTABLE EST DONC MORT CHER AMI ET JE N'AI PAS D'AUTRES MOYENS
POUR VOUS JOINDRE
ET PUIS JE ME SENS D'HUMEUR FADE
ET PUIS JE SUIS LIBRE
ET PUIS...PEUT-ETRE DEMAIN MEME AVEC VOTRE TRAIN
...enfin...je ne sais pas si mon avenir dira de moi : " tu es un bon écrivain "
je ne sais pas, je sais que je risque d'écrire mais quand même surtout
de vivre /
L'important c'est d'aimer d'Andrej Zulaswski :
Un film pour le moins étrange,
Diable que Schneider est captivante,
Diable que cette musique est bouleversifiante,
Diable que c'est tourné comme dans une roulette russe,
Diable pourquoi donc la tension amoureuse se pastiche et se mescale ?
Diable !
Et malgré celle-ci
Totalement nécessaire.
J'y ai trouvé la fin de mon livre,
Une lettre à écrire,
Noyé mon portable,
Compris que j'allais être quoi qu'il arrive en bordel
Jusqu'à que ce que les pas se mettent à claquer sous les volets (j'expliquerais ça un jour)
Compris que rien ne m'attendait nulle part...
Aussi j'ai dansé dans la nuit sur la plage,
Seul, je ne pouvais le faire que seul, c'était comme pleurer...
Je ne pleure plus, je n'arrive plus à pleurer sur commande,
Je dois être en bon chemin,
La mer était belle, avec ou sans diadème, celui que pose le soleil quand il perce la nue,
Avec ou sans les lampadaires au fronton, avec ou sans ces bêtes translucides se déplaçant en roulant sur elles-mêmes, dans la boue,
Avec ou sans la chute, la terre qui prend les genoux, avec ou sans mes ruades frénétiques,
Avec ou sans le fantôme bleu, aurore boréale au rabais, crevée dans un coin de ciel.
MON PORTABLE EST DONC MORT CHER AMI ET JE N'AI PAS D'AUTRES MOYENS
POUR VOUS JOINDRE
ET PUIS JE ME SENS D'HUMEUR FADE
ET PUIS JE SUIS LIBRE
ET PUIS...PEUT-ETRE DEMAIN MEME AVEC VOTRE TRAIN
...enfin...je ne sais pas si mon avenir dira de moi : " tu es un bon écrivain "
je ne sais pas, je sais que je risque d'écrire mais quand même surtout
de vivre /
L'important c'est d'aimer d'Andrej Zulaswski :
Un film pour le moins étrange,
Diable que Schneider est captivante,
Diable que cette musique est bouleversifiante,
Diable que c'est tourné comme dans une roulette russe,
Diable pourquoi donc la tension amoureuse se pastiche et se mescale ?
Diable !
jeudi 19 février 2009
La Pieuvre aux Mille doigts, suite
" J'ai compris que mon être en son entier fonctionnait à rebours et qu'il fallait non pas que je le combatte mais que je le laisse aller jusqu'à ce qu'il me dégoûte "
Elle est là, Mérédith Stiehm, la jeunesse incarnée. Cela faisait plusieurs mois que je l'avais sous les yeux et rien à faire, chaque matin elle parvenait à me surprendre. Là où pour la plupart des femmes, je ne mettais qu'une seconde avant d'entrapercevoir toute la mécanique là-dessous, toute la panoplie de ressorts disloqués, de rouages clinquants, d'écrous qui feraient se pâmer le dernier romantique. Elle était une évidence de gestes et d'attitude, un tremblement de terre constant soufflé dans un agrégat charnel d'un mètre soixante. Parfois, il semblait qu'elle avait découvert comment pleurer comme les autres puis, à la seconde d'après, on la voyait se détacher tout sourire dehors de ces larmes factices, on sentait en elle qu'elle refusait le jeu social. Moi, j'étais au trente-sixième dessous à la voir ainsi se débattre dans une arène où j'ai déjà perdu. Les autres élèves ne la remarquaient pas, je veux dire pas comme moi, ils étaient comme dit avant, que de simples nébuleuses d'hormones chauffées à blanc, ils n'avaient pas encore greffé d'yeux à leur désir. Pour eux, ses mimiques, ses postures, n'étaient que des animations propices ou non au dévoilement d'une ligne, de sein ou de hanche. Pour moi, elles étaient tout le bonheur possible entre ces murs, le seul rayon de soleil dont j'étais quasiment assuré du renouvellement quotidien et que je savais où trouver. Un peu comme un jardinier qui, l'oeil ému par la nature, pèse ses tomates à la lumière et y pense parfois, à comme elles poussent. Cette idée de la culture, de la croissance lente et inéluctable est une autre façon de remplir mon bain, toute aussi jouissive. Le poète et le peintre m'auraient sûrement ris au nez de concert, trouvant cette jeune fille tout autant symétrique qu'un oiseau dans la gueule d'un chat, ils auraient certainement moqué ma solitude et mes hallucinations qui me la donnaient comme un fleuve alors qu'elle n'était qu'embouchure. J'aurais pu les croire, ils n'avaient pas tout à fait tort, cette fille, c'était ma thébaïde. Cette fille n'avait même pas le teint parfait ni de la forme là où il faut, cette fille, à bien y réfléchir, était d'une révoltante banalité mais mon coeur était le bourreau de mes sens et il avait décidé. Cette fille n'appartenait plus au carcan de l'humanité, elle n'était que beauté, une beauté capable de faire palpiter quelques heures par semaine ce vieux flocon dans ma poitrine. Une beauté rivalisant d'impact d'avec toutes les princesses de tous les royaumes de tous les siècles. Une beauté renversante, et c'est bien possible qu'hier, ce qui me fit tomber, ne fut pas qu'un caprice cérébral, qu'une faille sensitive, qu'autre chose que mon coeur par devers moi se souvenant d'elle. Une beauté à emmener, à perdre, sur tous les lacs salés, une beauté à torturer, une beauté à faire peur, une beauté que je lierai à mon odeur, une beauté qui écrase, la grenadine, la londonienne et même la dublinoise. Une beauté de ciel après ces longues pluies d'été, une beauté démoniaque, de flammes en pagaille, oui une beauté faisant mordre dans le feu à pleine bouche, faisant sauter du pont jusqu'à la rivière morte, une beauté d'Amérique redécouverte ! Une beauté des mille et une nuits plus trois merveilles ! Une beauté toujours nouvelle, toujours, sans rien pouvoir prévoir ! Une beauté à tous les étages, avec le gaz, le câble, la crême anglaise ! Une beauté à salir les murs de son sang, à violer des gamines ! Une beauté par delà les océans, myriades liquides de joyaux verts et lustrés ! Une beauté ..."Monsieur...pourquoi vous n'arrêtez pas de me fixer ?" Chaos gigantesque dans la salle, une armée de gorilles en chaleur suffoquants de rire. Une trentaine de fusils aux visages déformées par la poilade. La redéfinition du mot fou rire, pour moi, en direct et sans filet. Des nerfs qui éclatent et se répandent d'un côté comme de l'autre, mon foi qui fait des siennes, leurs ventres convulsés par le délire. L'humanité entière redécouvre le rire et cela grâce à moi. Rétines explosées, rouge sur les joues, honte. Un monde qui en désespoir de cause sans doute, me prendrait comme héros me ferait dire ceci : " Je te regarde parce que c'est toujours plus agréable que de fixer le fond de la classe et que tu avais l'air d'être la seule intéressée par mes cours depuis le début de l'année, si je me suis trompé excuse-moi et maintenant ouvrez vos livres à la page 22 " Pas tout à fait héroïques mais parfait pour passer l'éponge et retourner à ses jeux de paume. Dans un autre genre, mon cerveau lui, dictait ceci : " Je te regarde parce que je t'aime et que j'ai envie de toi, envie surtout que tu comprennes que je ne suis pas qu'un professeur minable mais également un être drôle et cultivé, capable de te prendre comme un bête sur un long lit de neige " La réalité, elle, gagnante perpétuelle ou plutôt pour les gens comme moi, responsable du perpétuel échec, s'est contentée de dire ceci : " J'ai un problème avec ma main, je reviens..."
Le professeur quitte donc ses élèves prématurément, par la fenêtre les nuages commençaient à être peints de violets et de gris électriques, l'Irréel dans le présent pourrait très bien être étudié la semaine prochaine. L'incident sera vite clos. Je me retrouve dans les toilettes à pleurer comme une fille, j'ai fermé à double tour, rabattu la cuvette et fait fondre mes yeux à feu doux.
Elle est là, Mérédith Stiehm, la jeunesse incarnée. Cela faisait plusieurs mois que je l'avais sous les yeux et rien à faire, chaque matin elle parvenait à me surprendre. Là où pour la plupart des femmes, je ne mettais qu'une seconde avant d'entrapercevoir toute la mécanique là-dessous, toute la panoplie de ressorts disloqués, de rouages clinquants, d'écrous qui feraient se pâmer le dernier romantique. Elle était une évidence de gestes et d'attitude, un tremblement de terre constant soufflé dans un agrégat charnel d'un mètre soixante. Parfois, il semblait qu'elle avait découvert comment pleurer comme les autres puis, à la seconde d'après, on la voyait se détacher tout sourire dehors de ces larmes factices, on sentait en elle qu'elle refusait le jeu social. Moi, j'étais au trente-sixième dessous à la voir ainsi se débattre dans une arène où j'ai déjà perdu. Les autres élèves ne la remarquaient pas, je veux dire pas comme moi, ils étaient comme dit avant, que de simples nébuleuses d'hormones chauffées à blanc, ils n'avaient pas encore greffé d'yeux à leur désir. Pour eux, ses mimiques, ses postures, n'étaient que des animations propices ou non au dévoilement d'une ligne, de sein ou de hanche. Pour moi, elles étaient tout le bonheur possible entre ces murs, le seul rayon de soleil dont j'étais quasiment assuré du renouvellement quotidien et que je savais où trouver. Un peu comme un jardinier qui, l'oeil ému par la nature, pèse ses tomates à la lumière et y pense parfois, à comme elles poussent. Cette idée de la culture, de la croissance lente et inéluctable est une autre façon de remplir mon bain, toute aussi jouissive. Le poète et le peintre m'auraient sûrement ris au nez de concert, trouvant cette jeune fille tout autant symétrique qu'un oiseau dans la gueule d'un chat, ils auraient certainement moqué ma solitude et mes hallucinations qui me la donnaient comme un fleuve alors qu'elle n'était qu'embouchure. J'aurais pu les croire, ils n'avaient pas tout à fait tort, cette fille, c'était ma thébaïde. Cette fille n'avait même pas le teint parfait ni de la forme là où il faut, cette fille, à bien y réfléchir, était d'une révoltante banalité mais mon coeur était le bourreau de mes sens et il avait décidé. Cette fille n'appartenait plus au carcan de l'humanité, elle n'était que beauté, une beauté capable de faire palpiter quelques heures par semaine ce vieux flocon dans ma poitrine. Une beauté rivalisant d'impact d'avec toutes les princesses de tous les royaumes de tous les siècles. Une beauté renversante, et c'est bien possible qu'hier, ce qui me fit tomber, ne fut pas qu'un caprice cérébral, qu'une faille sensitive, qu'autre chose que mon coeur par devers moi se souvenant d'elle. Une beauté à emmener, à perdre, sur tous les lacs salés, une beauté à torturer, une beauté à faire peur, une beauté que je lierai à mon odeur, une beauté qui écrase, la grenadine, la londonienne et même la dublinoise. Une beauté de ciel après ces longues pluies d'été, une beauté démoniaque, de flammes en pagaille, oui une beauté faisant mordre dans le feu à pleine bouche, faisant sauter du pont jusqu'à la rivière morte, une beauté d'Amérique redécouverte ! Une beauté des mille et une nuits plus trois merveilles ! Une beauté toujours nouvelle, toujours, sans rien pouvoir prévoir ! Une beauté à tous les étages, avec le gaz, le câble, la crême anglaise ! Une beauté à salir les murs de son sang, à violer des gamines ! Une beauté par delà les océans, myriades liquides de joyaux verts et lustrés ! Une beauté ..."Monsieur...pourquoi vous n'arrêtez pas de me fixer ?" Chaos gigantesque dans la salle, une armée de gorilles en chaleur suffoquants de rire. Une trentaine de fusils aux visages déformées par la poilade. La redéfinition du mot fou rire, pour moi, en direct et sans filet. Des nerfs qui éclatent et se répandent d'un côté comme de l'autre, mon foi qui fait des siennes, leurs ventres convulsés par le délire. L'humanité entière redécouvre le rire et cela grâce à moi. Rétines explosées, rouge sur les joues, honte. Un monde qui en désespoir de cause sans doute, me prendrait comme héros me ferait dire ceci : " Je te regarde parce que c'est toujours plus agréable que de fixer le fond de la classe et que tu avais l'air d'être la seule intéressée par mes cours depuis le début de l'année, si je me suis trompé excuse-moi et maintenant ouvrez vos livres à la page 22 " Pas tout à fait héroïques mais parfait pour passer l'éponge et retourner à ses jeux de paume. Dans un autre genre, mon cerveau lui, dictait ceci : " Je te regarde parce que je t'aime et que j'ai envie de toi, envie surtout que tu comprennes que je ne suis pas qu'un professeur minable mais également un être drôle et cultivé, capable de te prendre comme un bête sur un long lit de neige " La réalité, elle, gagnante perpétuelle ou plutôt pour les gens comme moi, responsable du perpétuel échec, s'est contentée de dire ceci : " J'ai un problème avec ma main, je reviens..."
Le professeur quitte donc ses élèves prématurément, par la fenêtre les nuages commençaient à être peints de violets et de gris électriques, l'Irréel dans le présent pourrait très bien être étudié la semaine prochaine. L'incident sera vite clos. Je me retrouve dans les toilettes à pleurer comme une fille, j'ai fermé à double tour, rabattu la cuvette et fait fondre mes yeux à feu doux.
mercredi 18 février 2009
Play slowly with means dogs
Hostel II de Eli Roth :
Le chouchou horrifique de Tarantino remet ça et l'on peut dire que...
Je n'ai pas vu Hostel premier du nom...je sais que ça avait fait tambour ici-bas, que les gens
Trouvaient que c'était un
Truc de Ouf...
Tout ce que je peux dire c'est que le concept est bon, l'identité visuelle est presque là
Et qu'il y a un peu de sang,
Pour le reste, je me suis emmerdé,
Si seulement, il avait tué tous les enfants, si seulement ça s'enchaînait réellement dans la boucherie mais non, cela reste un divertissement gore et non une expérience
Dommage, Eli Roth a l'air d'être quelqu'un de cool et de cultivé...
Manque sans doute d'années le kidz et de liberté aussi...
Dans la Colonie Pénitentiaire de Franz Kafka :
Comment ? La Page des Rêves se transforme également en Bernard Pivot du pauvre ?
ET OUI, la PDR est protéiforme et la PDR sauvera le monde !
Tout ça pour dire, que ce court texte qui pour les exégètes kafkaïesques représentent la quintessence(sc?)fuck de l'art du faux pragois, est formidable de maîtrise, a une fin de merde
Et une violente portée historique.
Tout ça pour dire, que je l'ai lu d'un coup alors qu'il y avait une fille bleue par dégueu pas loin et qui avait l'air soit curieuse soit souffrante de manque de concentration
Et que j'ai préféré lire plutôt que de m'inventer griffant son dos...
Le Café du Macro, Episode spécial cinéma :
Cet épisode retrouvé dans les bobines perdues de Sieur Botwin 2, est drôle à en crever,
Si vous voulez c'est comme faire du cheval sur un hamster ou quelque chose dans le style.
Enfin bref, j'ai mis une heure à le faire et le logiciel à craquer...
J'avais pourtant inventé la minute du Catcheur Mexicain (à ce sujet : Nacho Libre est un film à éviter de près comme de loin)
...
Soon, just for your eyes : Récit de voyage and La pieuvre aux mille doigts, SUITE
Le chouchou horrifique de Tarantino remet ça et l'on peut dire que...
Je n'ai pas vu Hostel premier du nom...je sais que ça avait fait tambour ici-bas, que les gens
Trouvaient que c'était un
Truc de Ouf...
Tout ce que je peux dire c'est que le concept est bon, l'identité visuelle est presque là
Et qu'il y a un peu de sang,
Pour le reste, je me suis emmerdé,
Si seulement, il avait tué tous les enfants, si seulement ça s'enchaînait réellement dans la boucherie mais non, cela reste un divertissement gore et non une expérience
Dommage, Eli Roth a l'air d'être quelqu'un de cool et de cultivé...
Manque sans doute d'années le kidz et de liberté aussi...
Dans la Colonie Pénitentiaire de Franz Kafka :
Comment ? La Page des Rêves se transforme également en Bernard Pivot du pauvre ?
ET OUI, la PDR est protéiforme et la PDR sauvera le monde !
Tout ça pour dire, que ce court texte qui pour les exégètes kafkaïesques représentent la quintessence(sc?)fuck de l'art du faux pragois, est formidable de maîtrise, a une fin de merde
Et une violente portée historique.
Tout ça pour dire, que je l'ai lu d'un coup alors qu'il y avait une fille bleue par dégueu pas loin et qui avait l'air soit curieuse soit souffrante de manque de concentration
Et que j'ai préféré lire plutôt que de m'inventer griffant son dos...
Le Café du Macro, Episode spécial cinéma :
Cet épisode retrouvé dans les bobines perdues de Sieur Botwin 2, est drôle à en crever,
Si vous voulez c'est comme faire du cheval sur un hamster ou quelque chose dans le style.
Enfin bref, j'ai mis une heure à le faire et le logiciel à craquer...
J'avais pourtant inventé la minute du Catcheur Mexicain (à ce sujet : Nacho Libre est un film à éviter de près comme de loin)
...
Soon, just for your eyes : Récit de voyage and La pieuvre aux mille doigts, SUITE
mardi 17 février 2009
I've seen enough blood
* Fontaine Gelée * étude à mi-chemin du Meneur de Lune de Joë Bousquet
Je n'ai aucune science mais il faut bien que mes doigts harmonisent, une heure ou deux par jour, souvent au réveil, fosse propice. On écoute les cornées, jouets et déchets du rêve que l'on quitte et l'on emprunte sa journée. Voyageant à ma façon, d'images à mélodies qui parfois sonnent justes, parfois ont besoin de mûrir, parfois d'être tues dans ce que le commun nomme notre "jardin secret" (donc ce lieu, un Jardin Public). Parce que tous les mots ne sont pas bons à ternir le papier, que certaines phrases pour rester belles ont besoin de silence. On pourrait commencer par une lecture, commencer une histoire par une autre, il n'y a que ça à faire et déjà le lecteur n'existe plus. Le lecteur, c'est l'espoir d'une vie sauvée, d'une vie que l'on brise totalement par l'intermédiaire d'une magie. Joë Bousquet est une brisée rachetée par la magie. Joë Bousquet, c'est toutes les saisons dans la succession douce d'un oeil qui pense. Joë Bousquet, c'est le golem, un envoûtement dansant dans un corps de pierre.
Il y traîne dans ses lignes une vaste entreprise dédiée à la sorcellerie, celle qui colore tout le sang, celle qui donne au moindre baiser l'envie de faire saigner les lèvres. Ce sont de longues traces rouges au coeur de draps froids. C'est une vie arrêtée qui aura eut le rêve pour destin.
Il est forcément facile pour moi de m'identifier à cet être affligé, compte tenu du côté hasardeux de mes propres déplacements, il est forcément facile pour moi d'être avec lui cloué sur ce lit. Pourtant, son épreuve montre une force plus légère que la guérison, étape par étape de l'immobilité. C'est plus qu'un homme perdu fouillant dans le souvenir et le regard de ceux qui passent à son chevet, c'est une bête couchée et au flanc percé ayant plus de classe que le plus remuant des purs sangs. Joë Bousquet est et reste l'unique application valable du surréalisme, c'est cette balle dans la nuque du médecin, éclairant le quai, faisant de sa mort une mort spéciale, à vivre tous les matins. S'il a de la fièvre, elle est aussi savoureuse que le lait, s'il pleure, ses larmes sont meilleures que l'écume. Les espérances du siècle se sont trop longtemps dévoyées, le surhomme, ce n'est pas celui qui attaque le miroir à la hache, c'est celui qui tombe au dedans.
*
De même pour cet instant où je pense à lui, je ne sais pas ce qui est fait, je ne comprends en rien les chimies du temps et de l'espace mais comme elle est bonne cette innocence. C'est la lumière sans mur tout autour. La magie à mon sens se doit de raser le monde comme une lame de fond, elle se doit d'engloutir toutes ces villes, ces gros théâtres, elle se doit d'offrir une nuit claire où rien ne se comprend. Si ce n'est nous, compris en nous, compris par l'autre. Elle se doit d'effacer tous les livres, toutes les pensées, toutes les virgules, pour ne garder rien que l'innaccessible étoile.
" Le fait que je vous confie ne tient pas la main de ma vie, il tient ma vie dans la main "
Je n'ai aucune science mais il faut bien que mes doigts harmonisent, une heure ou deux par jour, souvent au réveil, fosse propice. On écoute les cornées, jouets et déchets du rêve que l'on quitte et l'on emprunte sa journée. Voyageant à ma façon, d'images à mélodies qui parfois sonnent justes, parfois ont besoin de mûrir, parfois d'être tues dans ce que le commun nomme notre "jardin secret" (donc ce lieu, un Jardin Public). Parce que tous les mots ne sont pas bons à ternir le papier, que certaines phrases pour rester belles ont besoin de silence. On pourrait commencer par une lecture, commencer une histoire par une autre, il n'y a que ça à faire et déjà le lecteur n'existe plus. Le lecteur, c'est l'espoir d'une vie sauvée, d'une vie que l'on brise totalement par l'intermédiaire d'une magie. Joë Bousquet est une brisée rachetée par la magie. Joë Bousquet, c'est toutes les saisons dans la succession douce d'un oeil qui pense. Joë Bousquet, c'est le golem, un envoûtement dansant dans un corps de pierre.
Il y traîne dans ses lignes une vaste entreprise dédiée à la sorcellerie, celle qui colore tout le sang, celle qui donne au moindre baiser l'envie de faire saigner les lèvres. Ce sont de longues traces rouges au coeur de draps froids. C'est une vie arrêtée qui aura eut le rêve pour destin.
Il est forcément facile pour moi de m'identifier à cet être affligé, compte tenu du côté hasardeux de mes propres déplacements, il est forcément facile pour moi d'être avec lui cloué sur ce lit. Pourtant, son épreuve montre une force plus légère que la guérison, étape par étape de l'immobilité. C'est plus qu'un homme perdu fouillant dans le souvenir et le regard de ceux qui passent à son chevet, c'est une bête couchée et au flanc percé ayant plus de classe que le plus remuant des purs sangs. Joë Bousquet est et reste l'unique application valable du surréalisme, c'est cette balle dans la nuque du médecin, éclairant le quai, faisant de sa mort une mort spéciale, à vivre tous les matins. S'il a de la fièvre, elle est aussi savoureuse que le lait, s'il pleure, ses larmes sont meilleures que l'écume. Les espérances du siècle se sont trop longtemps dévoyées, le surhomme, ce n'est pas celui qui attaque le miroir à la hache, c'est celui qui tombe au dedans.
*
De même pour cet instant où je pense à lui, je ne sais pas ce qui est fait, je ne comprends en rien les chimies du temps et de l'espace mais comme elle est bonne cette innocence. C'est la lumière sans mur tout autour. La magie à mon sens se doit de raser le monde comme une lame de fond, elle se doit d'engloutir toutes ces villes, ces gros théâtres, elle se doit d'offrir une nuit claire où rien ne se comprend. Si ce n'est nous, compris en nous, compris par l'autre. Elle se doit d'effacer tous les livres, toutes les pensées, toutes les virgules, pour ne garder rien que l'innaccessible étoile.
" Le fait que je vous confie ne tient pas la main de ma vie, il tient ma vie dans la main "
samedi 14 février 2009
A season, a child, a weakness
Je préfère être seul parce qu'à ce moment là, il n'y a qu'une chance sur deux pour tomber sur un pauvre con et que même si c'est avéré, on a l'audace de croire que ça pourrait changer.
OU PAS
*
Oratoire :
J'aurais pu céder aux faillites
Des hivers décevants, caresser des mollets
Nus et sans armure, des nuques entraînées
A charmer le vent frais à coups de morts subites,
Planter mes os dans la blessure qu'est l'amoureuse
Sans printemps sur la joue, sans ombre surhumaine,
J'aurais pu dire à la bête bienheureuse :
Le bonheur n'est qu'une bombe venue mordre la plaine
Et qui jamais ne creuse l'été de ses belles dents,
Simplement, une douceur pour la saison (mort) future,
Rien qu'une brise prise dans les cheveux des vents.
OU PAS
*
Oratoire :
J'aurais pu céder aux faillites
Des hivers décevants, caresser des mollets
Nus et sans armure, des nuques entraînées
A charmer le vent frais à coups de morts subites,
Planter mes os dans la blessure qu'est l'amoureuse
Sans printemps sur la joue, sans ombre surhumaine,
J'aurais pu dire à la bête bienheureuse :
Le bonheur n'est qu'une bombe venue mordre la plaine
Et qui jamais ne creuse l'été de ses belles dents,
Simplement, une douceur pour la saison (mort) future,
Rien qu'une brise prise dans les cheveux des vents.
vendredi 13 février 2009
Like a sexy motherfucker in a pool of big disease (?)
Mad Detective de Johnnie To et Kar-Fai :
Un inspecteur hors du commun parvient à résoudre des affaires classées en adoptant le point de vue des victimes ou des agresseurs (si la victime s'est noyée, il plonge lui aussi)(exemple non contractuel). Cependant, son comportement extrême finit par ne plus avoir l'accès granted auprès de ses supérieurs. Cependant (...), un jeune inspecteur l'ayant côtoyé demande à nouveau service dans une histoire d'arme disparue.
Si vous voulez voir un beau personnage allez-y (merci Kar-Fai), si vous voulez voir un trésor de mise en scène allez-y (merci Johnnie To), et puis il y a ce moment tout simplement superbe qui laisse une fois de plus le cinéma être ce qu'il est, une boîte à rêve (EURK...mais ce moment est tout de même magique).
*$
Exodus de Ho-Cheung Pang :
Alors là, à peine sorti de la claque Andersson, je me suis remis à regarder des films bis, donc des John Woo doublés en français ect ect...(même si certains Woo valent le coup autour pour l'action que pour le côté très humain et très potache de certaines scènes de comédie) et puis en flirtant avec mon disque dur externe, je trouve, Exodus, je me dis : Ah oui le film de Preminger avec Paul Newman et toute la bande nécrosée et bien NON on découvre Simon Yam (ELECTION 1 et 2, le PRESIDENT, c'était LUI) en mode flic et...enfin...non
Tout commence par une scène culte et c'est à ça que je reconnais les réalisateurs que je suis ensuite...tu sais Violent Cop, Kitano, ce pont et Satie remixée...la tirade automutilatoire de Charlie dans Adaptations...les femmes dans le camion pour Roy...le concert foutraque de Mima...les nouilles de Seven...l'enfant aux lunettes de Persona...etc...
Tout commence par une scène culte que je ne détaillerai pas, juste qu'à un moment vu qu'il faut bien une heure pour qu'elle soit reliée au reste du film, je me suis dit que c'était peut-être un nouveau plan artistique, mettons qu'il mette la fin du film d'avant dans celui d'après sans qu'il y ai de rapport...qu'il fasse des films qui n'ont pas de fin propre, des films qui se finissent dans d'autres films...ça pourrait être intéressant...de rompre ainsi le schéma narratif...pour créer...
Et puis il y a une couleur (l'hôpital dans Ma vie sans moi de Coixet), une idée, une ambition presque à chaque plan, tant est si bien que je me suis foutu du scénario dont l'idée principale est : Après tout ça je me suis dit que, si une chose est trop étrange, on ne la croit pas. Même si c'est la vérité / et je me suis mis à regarder la neige qui tombait par ma fenêtre et aussi à //// FAITES QUE CETTE NEIGE LAVE TOUT CE QU'IL Y A DERRIERE /// voir ce film comme un tableau, quelque chose de si intense esthétiquement qu'on dépasse la conceptualisation, on est dans l'émotion...ça, ça c'est rare...
SLEEP de Godspeed You Black Emperor !
:
C'est une chanson.
C'est miamesque.
Beau.
WE DON'T SLEEP ANYMORE ON THE BEACH
pour le Parrain, ça viendra après, j'ai aussi les deux premiers Batman de Nolan en préparation...aussi un avenir...aussi La Pieuvre Aux Mille Doigts qui avance...aussi, tu veux sortir avec moi ?...rien qu'un peu...se tenir la main...que je te montre comme je peux mordre...la nuque...on ira cueuillir des cercueils...on mangera à même la rétine...on bouffera vautour tous les soirs !...ahah...j'aime bien écrire en petit...je ne veux pas sortir avec toi...par contre, Baal est un très bon livre...je te le conseille...Into The Wild de Sean Penn : Pas si mauvais, pas si bon...mais Thoreau vaut le coup...on ira danser sur l'océan bébé...on ira...ou pas...
Un inspecteur hors du commun parvient à résoudre des affaires classées en adoptant le point de vue des victimes ou des agresseurs (si la victime s'est noyée, il plonge lui aussi)(exemple non contractuel). Cependant, son comportement extrême finit par ne plus avoir l'accès granted auprès de ses supérieurs. Cependant (...), un jeune inspecteur l'ayant côtoyé demande à nouveau service dans une histoire d'arme disparue.
Si vous voulez voir un beau personnage allez-y (merci Kar-Fai), si vous voulez voir un trésor de mise en scène allez-y (merci Johnnie To), et puis il y a ce moment tout simplement superbe qui laisse une fois de plus le cinéma être ce qu'il est, une boîte à rêve (EURK...mais ce moment est tout de même magique).
*$
Exodus de Ho-Cheung Pang :
Alors là, à peine sorti de la claque Andersson, je me suis remis à regarder des films bis, donc des John Woo doublés en français ect ect...(même si certains Woo valent le coup autour pour l'action que pour le côté très humain et très potache de certaines scènes de comédie) et puis en flirtant avec mon disque dur externe, je trouve, Exodus, je me dis : Ah oui le film de Preminger avec Paul Newman et toute la bande nécrosée et bien NON on découvre Simon Yam (ELECTION 1 et 2, le PRESIDENT, c'était LUI) en mode flic et...enfin...non
Tout commence par une scène culte et c'est à ça que je reconnais les réalisateurs que je suis ensuite...tu sais Violent Cop, Kitano, ce pont et Satie remixée...la tirade automutilatoire de Charlie dans Adaptations...les femmes dans le camion pour Roy...le concert foutraque de Mima...les nouilles de Seven...l'enfant aux lunettes de Persona...etc...
Tout commence par une scène culte que je ne détaillerai pas, juste qu'à un moment vu qu'il faut bien une heure pour qu'elle soit reliée au reste du film, je me suis dit que c'était peut-être un nouveau plan artistique, mettons qu'il mette la fin du film d'avant dans celui d'après sans qu'il y ai de rapport...qu'il fasse des films qui n'ont pas de fin propre, des films qui se finissent dans d'autres films...ça pourrait être intéressant...de rompre ainsi le schéma narratif...pour créer...
Et puis il y a une couleur (l'hôpital dans Ma vie sans moi de Coixet), une idée, une ambition presque à chaque plan, tant est si bien que je me suis foutu du scénario dont l'idée principale est : Après tout ça je me suis dit que, si une chose est trop étrange, on ne la croit pas. Même si c'est la vérité / et je me suis mis à regarder la neige qui tombait par ma fenêtre et aussi à //// FAITES QUE CETTE NEIGE LAVE TOUT CE QU'IL Y A DERRIERE /// voir ce film comme un tableau, quelque chose de si intense esthétiquement qu'on dépasse la conceptualisation, on est dans l'émotion...ça, ça c'est rare...
SLEEP de Godspeed You Black Emperor !
:
C'est une chanson.
C'est miamesque.
Beau.
WE DON'T SLEEP ANYMORE ON THE BEACH
pour le Parrain, ça viendra après, j'ai aussi les deux premiers Batman de Nolan en préparation...aussi un avenir...aussi La Pieuvre Aux Mille Doigts qui avance...aussi, tu veux sortir avec moi ?...rien qu'un peu...se tenir la main...que je te montre comme je peux mordre...la nuque...on ira cueuillir des cercueils...on mangera à même la rétine...on bouffera vautour tous les soirs !...ahah...j'aime bien écrire en petit...je ne veux pas sortir avec toi...par contre, Baal est un très bon livre...je te le conseille...Into The Wild de Sean Penn : Pas si mauvais, pas si bon...mais Thoreau vaut le coup...on ira danser sur l'océan bébé...on ira...ou pas...
mercredi 11 février 2009
Les mains liées
David, si tu lis ceci, tu t'engages à m'aider.
En effet, mon état mental est...
Non...mon état social...
Non, mon état dans la tête de mes parents est lamentable.
Cela fait trois ans que je végète anxieusement dans cette université en me foutant royalement de ce qu'elle risque d'offrir parce que vois-tu, j'y suis allé pour cette fille.
Cette fille, mystère vide, n'est plus.
Pourtant je devais bien rester quelque part mais je n'ai jamais eu une once de motivation vis à vis de mes études.
Je n'ai jamais passé mon baccalauréat en vue d'avoir un métier.
J'ai comme qui dirait, peu d'accointance avec ce monde-là, il ne m'inspire rien.
L'école pour moi, n'a toujours été que le théâtre de rencontres.
Je me suis jamais dit que j'allais arriver à avoir un travail rémunéré mensuellement après tout ça, je m'en foutais.
Je ne peux pas vivre sous les ponts...
Plutôt je ne veux pas mais vais sans doute devoir.
Je ne peux pas encore partir, si je pars, je retrouverais des cadavres et ça je ne veux pas, je ne veux pas quitter cette famille sans avoir compris ma place à l'intérieur...
J'étais le fils prodige...mais je décline, putain je décline.
Je dois être devenu un petit plus adulte car je me moque de comme ils veulent et je vis à ma sauce depuis trois ans, mais cependant je leur dois, gîte, couvert, présence.
Je ne comprends pas que personne n'accepte que je sois un "gâché" doublé d'un écrivain de génie enfin même juste un écrivain de génie.
Je suis un écrivain depuis plusieurs années, cela fait plusieurs années que c'est l'unique chose qui me fait aller d'un bout à l'autre du quai, qui provoque des chamades dans mon esprit, le verbe et puis les gens, le verbe et puis les gens.
Je ne sais pas quel poids fait mon oeuvre actuellement ni ce qu'elle vaut, je sais que j'y ai mis le choix d'une vie, mais quelle vie ? Est-ce qu'une vie d'homme est suffisante pour l'art ?
Ils crient, ils n'arrêtent pas et n'arriveront que trop tard à comprendre qu'un être trop affamé pour eux vivait à leurs côtés, ils comprendront peut-être un jour que je n'ai jamais pensé qu'à des choses impossibles.
Ils sont trop usés pour me prendre dans leurs bras et je suis encore trop jeune mais je ne veux pas partir sans les avoir aimé.
Je ne veux plus mentir pourtant et baisser tristement la tête, je veux rire tout simplement en compagnie de tous, je veux les hisser sur le toit du monde.
Je veux que mes parents et mes frères s'aiment comme je les aime dans mon chaos.
Car s'ils me rendent tristes, c'est bien qu'ils me touchent, que je les aime assez pour les vouloir plus heureux, non plus à mon image, froide et intellectuelle, mais qu'ils soient plus carnassiers, qu'ils violent, pillent et tuent.
Je veux pouvoir trouver dans le regard de ma famille quelque chose que je puisse reconnaître.
Mais la graisse peu à peu gâte l'agilité des yeux, mon père s'abovine, ma mère se cancérise, mes frères disparaissent sous des vies simplissimes et...je suis le fils prodige.
J'aimerais savoir ce qui se dit dans mon dos non pas sur mon compte mais par exemple entre mon grand frère et ses amis, entre ma mère et sa soeur, entre mon père et sa fille.
J'aimerais savoir sur quels chantiers battent leurs coeurs.
Qu'ils savent que j'en ai toujours eu qu'un, le mien et par extension, celui de toute l'humanité.
//////////////////////////////
POUR EN REVENIR PLUS STRICTEMENT A L'AIDE
DAVID
DIVAD
OUI TU POURRAIS AVOIR COMME NOM DE DESERT
DIVAD
ET BIEN J'AIMERAIS QUE TU ME DISES CE QUE TU AIMERAIS LIRE DE MOI
ET SI C'EST DEJA POSSIBLE DE LE REALISER
PARCE QUE JE NE PEUX RIEN FAIRE SEUL
ET QU'IL ME FAUT DU SUCCES
POUR BATIR
...ou...
avoir le temps d'arracher des amours
En effet, mon état mental est...
Non...mon état social...
Non, mon état dans la tête de mes parents est lamentable.
Cela fait trois ans que je végète anxieusement dans cette université en me foutant royalement de ce qu'elle risque d'offrir parce que vois-tu, j'y suis allé pour cette fille.
Cette fille, mystère vide, n'est plus.
Pourtant je devais bien rester quelque part mais je n'ai jamais eu une once de motivation vis à vis de mes études.
Je n'ai jamais passé mon baccalauréat en vue d'avoir un métier.
J'ai comme qui dirait, peu d'accointance avec ce monde-là, il ne m'inspire rien.
L'école pour moi, n'a toujours été que le théâtre de rencontres.
Je me suis jamais dit que j'allais arriver à avoir un travail rémunéré mensuellement après tout ça, je m'en foutais.
Je ne peux pas vivre sous les ponts...
Plutôt je ne veux pas mais vais sans doute devoir.
Je ne peux pas encore partir, si je pars, je retrouverais des cadavres et ça je ne veux pas, je ne veux pas quitter cette famille sans avoir compris ma place à l'intérieur...
J'étais le fils prodige...mais je décline, putain je décline.
Je dois être devenu un petit plus adulte car je me moque de comme ils veulent et je vis à ma sauce depuis trois ans, mais cependant je leur dois, gîte, couvert, présence.
Je ne comprends pas que personne n'accepte que je sois un "gâché" doublé d'un écrivain de génie enfin même juste un écrivain de génie.
Je suis un écrivain depuis plusieurs années, cela fait plusieurs années que c'est l'unique chose qui me fait aller d'un bout à l'autre du quai, qui provoque des chamades dans mon esprit, le verbe et puis les gens, le verbe et puis les gens.
Je ne sais pas quel poids fait mon oeuvre actuellement ni ce qu'elle vaut, je sais que j'y ai mis le choix d'une vie, mais quelle vie ? Est-ce qu'une vie d'homme est suffisante pour l'art ?
Ils crient, ils n'arrêtent pas et n'arriveront que trop tard à comprendre qu'un être trop affamé pour eux vivait à leurs côtés, ils comprendront peut-être un jour que je n'ai jamais pensé qu'à des choses impossibles.
Ils sont trop usés pour me prendre dans leurs bras et je suis encore trop jeune mais je ne veux pas partir sans les avoir aimé.
Je ne veux plus mentir pourtant et baisser tristement la tête, je veux rire tout simplement en compagnie de tous, je veux les hisser sur le toit du monde.
Je veux que mes parents et mes frères s'aiment comme je les aime dans mon chaos.
Car s'ils me rendent tristes, c'est bien qu'ils me touchent, que je les aime assez pour les vouloir plus heureux, non plus à mon image, froide et intellectuelle, mais qu'ils soient plus carnassiers, qu'ils violent, pillent et tuent.
Je veux pouvoir trouver dans le regard de ma famille quelque chose que je puisse reconnaître.
Mais la graisse peu à peu gâte l'agilité des yeux, mon père s'abovine, ma mère se cancérise, mes frères disparaissent sous des vies simplissimes et...je suis le fils prodige.
J'aimerais savoir ce qui se dit dans mon dos non pas sur mon compte mais par exemple entre mon grand frère et ses amis, entre ma mère et sa soeur, entre mon père et sa fille.
J'aimerais savoir sur quels chantiers battent leurs coeurs.
Qu'ils savent que j'en ai toujours eu qu'un, le mien et par extension, celui de toute l'humanité.
//////////////////////////////
POUR EN REVENIR PLUS STRICTEMENT A L'AIDE
DAVID
DIVAD
OUI TU POURRAIS AVOIR COMME NOM DE DESERT
DIVAD
ET BIEN J'AIMERAIS QUE TU ME DISES CE QUE TU AIMERAIS LIRE DE MOI
ET SI C'EST DEJA POSSIBLE DE LE REALISER
PARCE QUE JE NE PEUX RIEN FAIRE SEUL
ET QU'IL ME FAUT DU SUCCES
POUR BATIR
...ou...
avoir le temps d'arracher des amours
Suicides, réécriture
Il y a dans le quotidien de chacun, un grand nombre de recettes éculées qui circulent et bavent et forment pour ainsi dire l'information banale, celle qui ne touche pas à quelque chose d'universel (guerres avec de lourdes pertes, évènements politiques ou sportifs) ou d'extraordinaire pour le pays d'où germe l'information (tempète, tueur en série, scandale financier), dans cette information banale on trouve en première les faits divers qui pour leur grande majorité ont une nature assurément morbide, dans ces faits divers morbides on trouve également les suicides, dans ces suicides, outre ceux d'adolescentes en mal de vivre, on trouve ceux des gens heureux qui, sans raison aucune et comme des énigmes décident de mettre fin à leur jour de la plus abrupte des manières, on trouve ainsi souvent ce genre d'articles au gré des pages des journeaux, de ces livres qui gisent à peine tenus en mains :
" Un quinquagénaire tranquille, veuf depuis dix ans et père d'un garçon, s'est pendu hier dans son domicile parisien. Ses collègues de bureau sont les premiers surpris, le décrivant comme un homme toujours aimable et souriant. L'homme exerçait en effet le métier d'aide-comptable depuis plus de 20ans dans la même société et n'avait jamais eu de comportement troublant et/ou suicidaire. Encore une énigme donc, que cet homme qui avait tout et s'est pourtant donné la mort. "
Une énigme. Une énigme sur laquelle tient l'équilibre d'une vie. Une vie bien rangée et une lettre, laissée à l'abandon, une lettre qui, n'a été vu de personne, pour cause elle s'est envolée, nous sommes en juillet, l'homme s'est suicidée en laissant ouverte la baie vitrée, le vent a fait son oeuvre. Comme un trésor du ciel, cette lettre se retrouve sur mon bureau, à peine blessée par son voyage et ses circonvolutions. Cette lettre, je vais la réécrire à mon tour pour que vous compreniez, au moins pour cet homme, que l'on peut vouloir la mort en ayant tout de la vie.
° Dire qu'il faut attendre un moment si tragique pour que je me remette à écrire. Je n'ai jamais été très courrier et puis mon quotidien, mon quotidien m'a éloigné des mots, il m'a offert que du chiffre. Après la mort de ma femme, d'un cancer de la gorge, je m'étais promis de la suivre que par la voie naturelle, que dans la vieillesse. Après la mort de ma femme, je m'étais promis de mener une vie paisible, niché dans mon appartement spacieux, allant au bureau pendant encore trois ans avant une retraite bien méritée et peut-être quelques voyages. Encore que je n'ai jamais voyagé. Ou plutôt, je n'ai jamais réussi à voyager, j'avais toujours dans la tête, des Espagnes, des Italies, des Amériques mais comment dire, je ne pouvais pas, mes pieds, mon coeur, restaient cloués à Paris. Il aurait fallu qu'on me tire par le bras pour que je voyage et l'on ne m'a jamais tiré par le bras. Je n'ai pas voyagé et j'ai peu aimé, je n'ai pas été un jouisseur formidable, je me suis contenté d'une vie raisonnable, elle m'allait très bien jusqu'à ce que tous les lieux qui faisaient mes routines, tous ces lieux, ces trottoirs, ces restaurants, où j'avais mes habitudes me donnent la nausée. C'est hier, alors que je revenais du supermarché les bras lourds d'une nourriture insipide, que ce fut le plus insupportable, voir la porte, composer le code de mon immeuble, les mêmes chiffres toujours, monter les escaliers, ces escaliers qui exhalent toujours les mêmes odeurs fades, les mêmes voix étouffés de couples qui se succèdent, les mêmes tremblements. Je n'ai pas pu m'empêcher de vomir une fois arrivé chez moi, retrouvant mes chaises, mon canapé, chose horrible, mon lit trop grand. J'aurais voulu que tout eu brûlé en un claquement de doigts, j'aurais voulu non pas habiter ailleurs mais vivre ailleurs dans un monde où le dernier souvenir charnel que j'ai est une poitrine vieillissante me refusant presque. Dans un monde où l'on ne m'appelait pas Monsieur, où la cravate et le sourire ne sont pas des obligations. Le travail et se réveiller à des heures qu'on ne souhaite pas, voilà ce qui tue un homme, voilà pourquoi notre monde manque de bleu, de soleil, d'harmonie. Parce que notre monde travaille et se lève tôt, parce que notre monde est fatigué. Dans un coup de colère, les lèvres sèches, j'ai envoyé valser mes meubles, véritables cercueils sur pattes, les cadavres à l'intérieur sont pire encore que des corps livrés à la pourriture, ce sont des souvenirs, des témoignages du temps. Dans le tiroir d'un meuble il y a plus de violence que dans le chargeur d'une arme. Par malheur, j'en ai ouvert un, celui où depuis des décennies j'entasse scrupuleusement les lettres que je reçois et plus largement les papiers importants. Un plomb chauffe mon oreille : Je n'ai pas reçu de lettres personneles, amicales, amoureuses, familiales, depuis plus de dix ans. Un plomb éclate sur ma joue : j'en ouvre une d'une autre époque, où ma femme encore en vie et pas encore ma femme, déclare avec chaleur et la pointe d'art dont sont capables tous les gens amoureux, qu'elle espère bien passer toute sa vie avec moi. En relisant ces mots, je revois ce qu'elle est devenue, je revois cette femme aux yeux fins et à la bouche gourmande qui me tenait la main sous les galeries alors qu'on rentrait d'un concert chiant comme le sel, je revois cette femme avec le ventre gonflé par notre enfant, je ressens toute l'angoisse dans sa paume avant de donner la vie, je la vois qui m'engueule au sujet du gamin, je la vois lentement baisser de plus en plus la lumière quand nous faisons l'amour. Je vois ses jambes se marquer, son caractère se noircir, je vois le cancer déjà et ses dernières lueurs, ses derniers baisers, noirs et dégoûtants, ses crachats. Mes yeux ne veulent plus rien lire de ma femme alors ils se jettent sur une autre lettre, une de mon camarade d'université, celui auprès de qui j'ai fait tout et n'importe quoi, il me dit qu'il regrette le temps de nos folies parisiennes où on ne cherchait rien d'autre que de survivre à la nuit, où on se marrait pour un rien sur tout, il me dit qu'il me regrette même plus que Paris, que je suis l'un des rares avec qui il ait pu passer autant de temps sans se lasser parce qu'il pense que je suis quelqu'un de profondément bon et qui sera amené à faire de belles choses, il me dit qu'il est en Italie avec sa fiancée et que ce pays lui tape sur le système, les accents, les parfums, il me dit qu'il repassera sans doute en janvier et qu'il espère me voir, qu'ils espèrent me voir, il espère que mes affaires marchent, que j'ai trouvé quoi faire et aussi chaussure à mon pied, il espère que tout Paris se rend compte du talent que je suis. Paris...Aujourd'hui à cause de cette ville et de tous ses endroits chargés, je veux mourir, je vais mourir...La corde est prête, je l'ai bien fixé, j'avais vu ça dans un film suédois je crois, il montrait pendant cinq minutes comment bien préparer une pendaison à domicile...dire que le message était tout autre...Un plomb coule jusqu'au bord de ma bouche : Une autre lettre, celle-ci est de moi, c'est une lettre adressée à un éditeur où je vante les mérites de leur maison et que je fais suivre d'un poème qui commence comme ceci :
Le silence est une porte que je défonce
En poussant des cris de joie
Tandis qu'en une seconde le ciel se fronce
Et toute ma liesse se change en proie...
J'avais même fini par oublier tout ça, tous ces mots, toutes ces idées que j'avais pu avoir, toutes ces images que j'avais alors que je fréquentais la poésie. Comme un habitué qui ne l'était pas et qui avait toujours envers elle des gestes hésitants. J'avais oublié mes poèmes, mes petits espoirs et cet ami encore qui me poussait à les faire publier. Je n'étais pas fait pour ça. J'ai arrêté, j'ai été ailleurs mais de là à penser que j'aurais pu oublier...oublier mes propres phrases...mes propres battements de coeur...ça fait mal. Je balance le tiroir aux antipodes de mon appartement tandis que je saisis la seule lettre restée à portée de main, outre les factures. Il n'y a plus besoin de lire, c'est mon existence toute entière qui glisse sur ce bout de papier : "Chère Maman, J'ai 6ans aujourd'hui, l'âge de raison. Je t'aime plus que tout."...J'ai fait le tour, je suis retourné dans le sein maternel, il faut que j'y aille, que j'épouse la poussière. Mais retenez vous qui restez sur cette terre hostile, retenez qu'il est plus dangereux de relire une lettre que de sauter d'un pont alors si vous tenez à cette vie malgré ses poings au ventre, ne relisez pas vos lettres, je vous en prie, ne les relisez pas. °
REECRITURE ACTUELLE DU COURT TEXTE
SUICIDES
DE GUY DE MAUPASSANT
" Un quinquagénaire tranquille, veuf depuis dix ans et père d'un garçon, s'est pendu hier dans son domicile parisien. Ses collègues de bureau sont les premiers surpris, le décrivant comme un homme toujours aimable et souriant. L'homme exerçait en effet le métier d'aide-comptable depuis plus de 20ans dans la même société et n'avait jamais eu de comportement troublant et/ou suicidaire. Encore une énigme donc, que cet homme qui avait tout et s'est pourtant donné la mort. "
Une énigme. Une énigme sur laquelle tient l'équilibre d'une vie. Une vie bien rangée et une lettre, laissée à l'abandon, une lettre qui, n'a été vu de personne, pour cause elle s'est envolée, nous sommes en juillet, l'homme s'est suicidée en laissant ouverte la baie vitrée, le vent a fait son oeuvre. Comme un trésor du ciel, cette lettre se retrouve sur mon bureau, à peine blessée par son voyage et ses circonvolutions. Cette lettre, je vais la réécrire à mon tour pour que vous compreniez, au moins pour cet homme, que l'on peut vouloir la mort en ayant tout de la vie.
° Dire qu'il faut attendre un moment si tragique pour que je me remette à écrire. Je n'ai jamais été très courrier et puis mon quotidien, mon quotidien m'a éloigné des mots, il m'a offert que du chiffre. Après la mort de ma femme, d'un cancer de la gorge, je m'étais promis de la suivre que par la voie naturelle, que dans la vieillesse. Après la mort de ma femme, je m'étais promis de mener une vie paisible, niché dans mon appartement spacieux, allant au bureau pendant encore trois ans avant une retraite bien méritée et peut-être quelques voyages. Encore que je n'ai jamais voyagé. Ou plutôt, je n'ai jamais réussi à voyager, j'avais toujours dans la tête, des Espagnes, des Italies, des Amériques mais comment dire, je ne pouvais pas, mes pieds, mon coeur, restaient cloués à Paris. Il aurait fallu qu'on me tire par le bras pour que je voyage et l'on ne m'a jamais tiré par le bras. Je n'ai pas voyagé et j'ai peu aimé, je n'ai pas été un jouisseur formidable, je me suis contenté d'une vie raisonnable, elle m'allait très bien jusqu'à ce que tous les lieux qui faisaient mes routines, tous ces lieux, ces trottoirs, ces restaurants, où j'avais mes habitudes me donnent la nausée. C'est hier, alors que je revenais du supermarché les bras lourds d'une nourriture insipide, que ce fut le plus insupportable, voir la porte, composer le code de mon immeuble, les mêmes chiffres toujours, monter les escaliers, ces escaliers qui exhalent toujours les mêmes odeurs fades, les mêmes voix étouffés de couples qui se succèdent, les mêmes tremblements. Je n'ai pas pu m'empêcher de vomir une fois arrivé chez moi, retrouvant mes chaises, mon canapé, chose horrible, mon lit trop grand. J'aurais voulu que tout eu brûlé en un claquement de doigts, j'aurais voulu non pas habiter ailleurs mais vivre ailleurs dans un monde où le dernier souvenir charnel que j'ai est une poitrine vieillissante me refusant presque. Dans un monde où l'on ne m'appelait pas Monsieur, où la cravate et le sourire ne sont pas des obligations. Le travail et se réveiller à des heures qu'on ne souhaite pas, voilà ce qui tue un homme, voilà pourquoi notre monde manque de bleu, de soleil, d'harmonie. Parce que notre monde travaille et se lève tôt, parce que notre monde est fatigué. Dans un coup de colère, les lèvres sèches, j'ai envoyé valser mes meubles, véritables cercueils sur pattes, les cadavres à l'intérieur sont pire encore que des corps livrés à la pourriture, ce sont des souvenirs, des témoignages du temps. Dans le tiroir d'un meuble il y a plus de violence que dans le chargeur d'une arme. Par malheur, j'en ai ouvert un, celui où depuis des décennies j'entasse scrupuleusement les lettres que je reçois et plus largement les papiers importants. Un plomb chauffe mon oreille : Je n'ai pas reçu de lettres personneles, amicales, amoureuses, familiales, depuis plus de dix ans. Un plomb éclate sur ma joue : j'en ouvre une d'une autre époque, où ma femme encore en vie et pas encore ma femme, déclare avec chaleur et la pointe d'art dont sont capables tous les gens amoureux, qu'elle espère bien passer toute sa vie avec moi. En relisant ces mots, je revois ce qu'elle est devenue, je revois cette femme aux yeux fins et à la bouche gourmande qui me tenait la main sous les galeries alors qu'on rentrait d'un concert chiant comme le sel, je revois cette femme avec le ventre gonflé par notre enfant, je ressens toute l'angoisse dans sa paume avant de donner la vie, je la vois qui m'engueule au sujet du gamin, je la vois lentement baisser de plus en plus la lumière quand nous faisons l'amour. Je vois ses jambes se marquer, son caractère se noircir, je vois le cancer déjà et ses dernières lueurs, ses derniers baisers, noirs et dégoûtants, ses crachats. Mes yeux ne veulent plus rien lire de ma femme alors ils se jettent sur une autre lettre, une de mon camarade d'université, celui auprès de qui j'ai fait tout et n'importe quoi, il me dit qu'il regrette le temps de nos folies parisiennes où on ne cherchait rien d'autre que de survivre à la nuit, où on se marrait pour un rien sur tout, il me dit qu'il me regrette même plus que Paris, que je suis l'un des rares avec qui il ait pu passer autant de temps sans se lasser parce qu'il pense que je suis quelqu'un de profondément bon et qui sera amené à faire de belles choses, il me dit qu'il est en Italie avec sa fiancée et que ce pays lui tape sur le système, les accents, les parfums, il me dit qu'il repassera sans doute en janvier et qu'il espère me voir, qu'ils espèrent me voir, il espère que mes affaires marchent, que j'ai trouvé quoi faire et aussi chaussure à mon pied, il espère que tout Paris se rend compte du talent que je suis. Paris...Aujourd'hui à cause de cette ville et de tous ses endroits chargés, je veux mourir, je vais mourir...La corde est prête, je l'ai bien fixé, j'avais vu ça dans un film suédois je crois, il montrait pendant cinq minutes comment bien préparer une pendaison à domicile...dire que le message était tout autre...Un plomb coule jusqu'au bord de ma bouche : Une autre lettre, celle-ci est de moi, c'est une lettre adressée à un éditeur où je vante les mérites de leur maison et que je fais suivre d'un poème qui commence comme ceci :
Le silence est une porte que je défonce
En poussant des cris de joie
Tandis qu'en une seconde le ciel se fronce
Et toute ma liesse se change en proie...
J'avais même fini par oublier tout ça, tous ces mots, toutes ces idées que j'avais pu avoir, toutes ces images que j'avais alors que je fréquentais la poésie. Comme un habitué qui ne l'était pas et qui avait toujours envers elle des gestes hésitants. J'avais oublié mes poèmes, mes petits espoirs et cet ami encore qui me poussait à les faire publier. Je n'étais pas fait pour ça. J'ai arrêté, j'ai été ailleurs mais de là à penser que j'aurais pu oublier...oublier mes propres phrases...mes propres battements de coeur...ça fait mal. Je balance le tiroir aux antipodes de mon appartement tandis que je saisis la seule lettre restée à portée de main, outre les factures. Il n'y a plus besoin de lire, c'est mon existence toute entière qui glisse sur ce bout de papier : "Chère Maman, J'ai 6ans aujourd'hui, l'âge de raison. Je t'aime plus que tout."...J'ai fait le tour, je suis retourné dans le sein maternel, il faut que j'y aille, que j'épouse la poussière. Mais retenez vous qui restez sur cette terre hostile, retenez qu'il est plus dangereux de relire une lettre que de sauter d'un pont alors si vous tenez à cette vie malgré ses poings au ventre, ne relisez pas vos lettres, je vous en prie, ne les relisez pas. °
REECRITURE ACTUELLE DU COURT TEXTE
SUICIDES
DE GUY DE MAUPASSANT
samedi 7 février 2009
Nous étions ou L'attaque des fantômes évangélistes
Le Menteur :
J'ai fait de ces vallées des pays
Où l'on ne peut boire,
Du vent mon triste allié
Face aux mortels murmures du soir,
J'ai fait du soleil gris
Une pierre douce où ma tête repose,
J'ai fait de la pluie blanche
Des jeux de cordes et de marelle,
J'ai fait du feu qui brûle
Une baignoire aux flammes d'encre,
J'ai fait de cette lune
Ma compagne malade aux lèvres amourées,
J'ai fait de l'aube jeune
Une main légère sur mon coeur fait,
J'ai fait de la poésie,
Une manière d'être en vie.
////////////////
- Tu es orphelin ?
Non je ne suis pas orphelin
- Pourtant tu dois être orphelin, oui d'après mes papiers, tu l'es, orphelin.
Mais je ne suis pas orphelin, j'ai une père et un mère.
- Tu es orphelin.
* Il partit tuer sa père et son mère.
J'ai fait de ces vallées des pays
Où l'on ne peut boire,
Du vent mon triste allié
Face aux mortels murmures du soir,
J'ai fait du soleil gris
Une pierre douce où ma tête repose,
J'ai fait de la pluie blanche
Des jeux de cordes et de marelle,
J'ai fait du feu qui brûle
Une baignoire aux flammes d'encre,
J'ai fait de cette lune
Ma compagne malade aux lèvres amourées,
J'ai fait de l'aube jeune
Une main légère sur mon coeur fait,
J'ai fait de la poésie,
Une manière d'être en vie.
////////////////
- Tu es orphelin ?
Non je ne suis pas orphelin
- Pourtant tu dois être orphelin, oui d'après mes papiers, tu l'es, orphelin.
Mais je ne suis pas orphelin, j'ai une père et un mère.
- Tu es orphelin.
* Il partit tuer sa père et son mère.
jeudi 5 février 2009
Acknowledging the upcoming // Célèbre dans les ténèbres
Je vous en prie lâchez les chiens !
Puisque la bêtise à feu nourri ne m'a servi à rien,
Puisque que j'enterre dans l'aube odorante
Le corps de mes amants sans y trouver répit,
Puisque le ciel, dégagé et bleu ne m'inspire
Que du négatif, du dégoûtant, du morbide,
Je vous en prie lâchez les chiens !
Et sortez de ma tête tous ces vieux rires d'enfant,
Ces bruits de plongeon dans la piscine,
Dans le jardin, ces bruits de course, ces bruits de chute,
Sortez-les de ma tête, la volupté s'est figée,
Le sang a le goût aride de l'échec,
Les ventres que j'embrassais, avec mes petites dents,
Avec ma langue humide, aujourd'hui pour moi
Ces ventres-là ils sont putrides, ils ont l'aspect ridé
Du cadavre qui flotte verdâtre aux yeux de tous,
Je vous en prie lâchez les chiens !
Car je ne sauterai pas dans cette eau d'anisette
Pour sauver du temps ses lèvres et ses cheveux,
Je prendrais plutôt un bâton sec et avec sadisme,
Je le pousserai, je le retournerai, je l'éloignerai
Ce corps sans vie, tellement indigne, ensemble vide
Tout énervé et nul face à l'âpreté,
Je vous en prie lâchez les chiens !
Et ils fouineront sous la terre,
L'or qui brillait alors que je pensais pouvoir faire de ce monde
Un coin sûr pour l'océan.
Puisque la bêtise à feu nourri ne m'a servi à rien,
Puisque que j'enterre dans l'aube odorante
Le corps de mes amants sans y trouver répit,
Puisque le ciel, dégagé et bleu ne m'inspire
Que du négatif, du dégoûtant, du morbide,
Je vous en prie lâchez les chiens !
Et sortez de ma tête tous ces vieux rires d'enfant,
Ces bruits de plongeon dans la piscine,
Dans le jardin, ces bruits de course, ces bruits de chute,
Sortez-les de ma tête, la volupté s'est figée,
Le sang a le goût aride de l'échec,
Les ventres que j'embrassais, avec mes petites dents,
Avec ma langue humide, aujourd'hui pour moi
Ces ventres-là ils sont putrides, ils ont l'aspect ridé
Du cadavre qui flotte verdâtre aux yeux de tous,
Je vous en prie lâchez les chiens !
Car je ne sauterai pas dans cette eau d'anisette
Pour sauver du temps ses lèvres et ses cheveux,
Je prendrais plutôt un bâton sec et avec sadisme,
Je le pousserai, je le retournerai, je l'éloignerai
Ce corps sans vie, tellement indigne, ensemble vide
Tout énervé et nul face à l'âpreté,
Je vous en prie lâchez les chiens !
Et ils fouineront sous la terre,
L'or qui brillait alors que je pensais pouvoir faire de ce monde
Un coin sûr pour l'océan.
dimanche 1 février 2009
Une balle dans la tête pour Santonio Holmes
Oh ça aurait pu être une nouvelle
Un truc bien noir,
Avec dans le fond, de l'argent, de la vénalité, du pouvoir
Et de la crasse
Mais non c'est uniquement
UNE SALOPERIE DE PIED DROIT QUI NE TOUCHE PAS
LA END ZONE
Une saloperie de pied droit qui enlève le titre
Et qui charge les épaules
De ce cher Santonio
D'une culpabilité immonde,
Parce que les images trouvent encore moyen de mentir
Mais le crampon et l'herbe eux
Restent des innocents !
Donc bientôt, il sombrera, évidemment après avoir tenté
Pendant une année ou trois
De gagner un titre régulièrement,
Et puis, pills and bools,
And a big shot in the mouth...
Ah la vie.
Les larmes de Federer aussi elles ne mentaient pas,
Elles étaient belles,
Il était beau,
Il l'est devenu,
Parce qu'il commence à perdre.
Je reviens
..............................................................................................................
Il paraît que la diffusion dimanche dernier de la liste de Schindler sur France 2 a été un four monumental
Un truc bien noir,
Avec dans le fond, de l'argent, de la vénalité, du pouvoir
Et de la crasse
Mais non c'est uniquement
UNE SALOPERIE DE PIED DROIT QUI NE TOUCHE PAS
LA END ZONE
Une saloperie de pied droit qui enlève le titre
Et qui charge les épaules
De ce cher Santonio
D'une culpabilité immonde,
Parce que les images trouvent encore moyen de mentir
Mais le crampon et l'herbe eux
Restent des innocents !
Donc bientôt, il sombrera, évidemment après avoir tenté
Pendant une année ou trois
De gagner un titre régulièrement,
Et puis, pills and bools,
And a big shot in the mouth...
Ah la vie.
Les larmes de Federer aussi elles ne mentaient pas,
Elles étaient belles,
Il était beau,
Il l'est devenu,
Parce qu'il commence à perdre.
Je reviens
..............................................................................................................
Il paraît que la diffusion dimanche dernier de la liste de Schindler sur France 2 a été un four monumental
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