jeudi 22 janvier 2009
Comme toutes les personnes sans don particulier, j'attends un temps de fou aux urgences, un temps toujours trop long durant lequel on se ferait presque à la douleur pourtant abominable et aux effets des différents antalgiques absorbés avant de partir. Quant finalement mon bandage est posé et mon index remis dans une position décente, je suis déçu. Je me serai bien vu dans un de ces lits-là, à attendre ma compote de midi, à ouvrir la fenêtre une fois par jour, à déguster chaque seconde l'atmosphère fétide des milieux hospitaliers. Je me serai bien vu enroulé dans une de ces longues blouses blanches à boutons à compression, je me serai bien vu débuté une réhabilitation, j'aurais bien aimé connaître le prénom de plusieurs infirmières. En lieu et place de tout cela, ma mère et moi sommes allés au restaurant pour fêter mon hâtive guérison. Mon père lui, devait dormir ou quelque chose comme cela. Aussitôt après avoir avalé sans grand appétit un large steack saignant et bu mon verre de vin, je me suis mis à être devant chez moi, une main monstrueuse, l'autre tournant la clé vers la soirée qui s'annonçait. Mes parents ont malgré tout eu la politesse d'avoir des revenus conséquents, ce qui fait qu'en plus de mon salaire aux dimensions toutes relatives, j'ai pu habiter dans un appartement traversé de parquet et doté d'une baignoire. Je n'aurais pas pu vivre honnêtement sans baignoire. La baignoire était mon seul plaisir en ce monde où même un doigt brisé, arraché, déchiré, était réparé comme de rien en une après-midi.
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