jeudi 15 janvier 2009

21+2

Le Bon, la Brute et le Cinglé de Kim Jee Woon :

Ayant particulièrement apprécié son précédent opus (A Bittersweet Life), j'attendais avec un bel entrain cet hommage au western de la part du réalisateur sud-coréen le plus enthousiasmant de sa génération. Je vais être clair pour les fumeurs au fond qui se demandent ce qui se passe, le film ne déçoit pas, véritable concentré de fusillades et d'aventures en tout genre, il invente même un genre "le western oriental" qui semble être une version survitaminée de ces pères italiens. Oui, ça tire, c'est beau, maîtrisé et l'ensemble nous entraîne facilement dans cette histoire de carte où trois hommes vont enfin pouvoir sceller leur destin. Parlons-en de ces hommes, il y a le Bon qui, contrairement à la "version" de Leone paraît peut-être comme étant le plus effacé (scène où juste avant de pouvoir confier son rêve et ses réelles intentions, son interlocuteur s'endort) mais pas le moins habile. Le Cinglé donc, qui profite de la performance assourdissante de Song-khang ho (dont l'aisance dans une infinie variété de registres n'est plus à démontrer) et qui s'avère être le personnage principal de l'histoire puisque c'est sa quête qu'on suivra le plus longuement, une quête allant du burlesque au dramatique avec encore une fois une facilité déconcertante. Et puis il y a Le personnage, celui qui apparaît comme étant le plus "sublime" durant tout le long du métrage, la Brute, interprété par Lee Byung-hun (fétiche du réalisateur) dont la moindre des actions est chorégraphiée à l'extrême, donnant réellement l'impression d'assiter à la naissance d'un héros, mais non plus d'un héros désabusé comme en a produit le western durant toute son existence mais d'un héros chaud, fou, barbare. Un héros qui nous fait comprendre dans la façon dont il est présenté ce qu'est objectivement ce film : un western à la sauce manga, où tout est exagéré à son paroxysme pour offrir un maximum de plaisir visuel. Car il n'y a pas d'intrigue ou du moins on a pas le temps d'y croire et ce n'est sûrement pas grave. Kim Jee Woon est un petit génie taré, son cinéma avec, et le temps ne pourra lui faire que du bien.

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