mardi 13 janvier 2009

21 (cf : le champ de tous les possibles)

Comme le souligne très justement Karl Popper, un organisme quelqu'il soit doit être s'il tend à survivre, en proie à toutes les mutations possibles. Ambitionnant de même à en être un, cette archive numérique (saule binaire, ce que tu veux) se voit greffer d'une nouvelle fonction.

Car ce n'est pas tous les jours qu'on s'aperçoit que l'on pourrit plus qu'on vieillit.
Car je suis un fils de l'image et en tant que tel, je me dois de.
Car ma mémoire est en faillite et que je veux tout retenir.

Probablement est-ce défaut mais bon
Sont-ce nous dignes de la perfection ?

J'abrège en annonçant qu'en plus d'une lamentable étude onirique et d'un charivari de brodailleries textuelles macabres, la page des rêves désormais présentera en totale exclusivité

DE SUCCINTES (?) CRITIQUES DES FILMS QUE JE REGARDE EN ETANT DEVORE PAR LA HONTE DE NE PAS FAIRE AUTRE CHOSE DE PLUS EVOLUE

mais la réalité de l'acte est là : les films me tiennent mieux que les livres

ALLONS
COMMENCONS

Ces critiques seront pour la plupart très brêves et ne constituerons souvent qu'en de simples rappels dédiés à ma défaillante mémoire, en cela-même, elles sont : document capital

*

Ed Wood de Tim Burton :

Toutes les nanas du monde aiment Tim Burton et étant moi-même hétérosexuel, j'ai "dû" m'intéresser au bonhomme. Je n'ai pas de souvenir de Beetlejuice à part que j'ai pu le voir dans une classe mal éclairée de primaire sur un combi-magnéto qui faisait passer la bande en noir et blanc. J'ai trouvé la Planète des Singes plutôt chiants dans son genre même si je me souviens, j'aimais bien les effets spéciaux liés aux réacteurs. Batman 2 est un chef d'oeuvre pour peu qu'on adhère à la mine liftée de Michael Keaton que je n'ai jamais trouvé très séduisant donc peu crédible en Bruce Wayne. J'ai vu Sleepy Hollow plusieurs fois, la dernière il y a tout pile un an alors qu'elle me quittait, au-delà de l'égo-traumatisme, ce film est plutôt beau. Vincent est aussi une très belle histoire qui prouve bien que la durée est bien souvent un ennemi à cette parade qu'est le cinéma. Quant à Big Fish, que dire excepté : l'amour !

Ed Wood donc ou l'histoire du réalisateur le plus mauvais qu'ait jamais connu Hollywood.
Ed Wood qui dans mon imagination était simplement l'histoire d'un mec qui se débattait avec des cartons et des bouts de ficelle pour faire croire à quelque chose.
Seulement non, Ed Wood est sûrement l'un des meilleurs films de Tim Burton car c'est l'un des plus vrais. Car paradoxalement au milieu de ces monstres, de ces dollars, de ces rêves fissurés, de ces faux espoirs et de ces "Faisons de la merde tant que ça rapporte", les humains que l'on y rencontre ont une dimension tout à fait véritable. La plus belle histoire étant sans doute celle entre Ed et Bela Legusi (oscar amplement mérité pour Landau) dont l'apparition est chaque fois sublimée malgré son déclin inéluctable. S'ils sont si proches, ce Ed (rêveur invétéré, Orson Welles du pauvre, du surpauvre) et ce Bela, c'est qu'ils partagent tout deux une blessure enfantine : Ed le travesti et Bela l'expatrié, c'est pour cela qu'ils n'ont pas besoin de se dire grand chose, c'est pour cela (et non parce qu'il croit réellement en la qualité de ses films) que Dracula se retrouve dans un marais à se débattre avec une pieuvre inanimée alors que la vieillesse et la drogue le malmènent à toute vitesse. Cette blessure de l'enfance étant aussi celle de Tim Burton, celle qui pousse être un homme tout à fait différent, tout à fait extraordinaire surtout, il est presque normal qu'elle transpire autant à l'écran malgré la fuite d'un scénario devant s'adapter à la vie de son sujet et un humour quelquefois inutile. Le film s'achève sur un très joli montage de séquences du tournage de son "Plan 9" où les abbréviations pullulent et où Ed Wood face à ça répond : "Ce qui compte ce n'est pas l'exactitude, c'est l'âme de la scène". Malheureusement, le cinéma a à la fois perdu le rythme et l'âme de ce qu'il est, une machine à sentiments.

Black Snake Moan de Craig Brewer : Un film qui aurait pu être bon (image soignée, personnages quasiment héroïques, intrigue et thèmes rafraîchissants) s'il n'était pas entâché par des sous-intrigues sans importance (le couple L.Jackson / la pharmacienne ou encore Justin le militaire dépressif qui prouve qu'il ne peut être acteur qu'en ayant la gueule cassée) et la présence d'autant de noirs à l'écran (...). Néanmoins à voir, pour le blues, pour un L.Jackson quasiment aussi fort que Julius, pour une Ricci en culotte et la scène du serpent noir.

Monde de Gloire de Roy Andersson : RIEN QUE LA PREMIERE SCENE EST PLUS MARQUANTE QUE TOUTE LA FILMOGRAPHIE DE 75% des réalisateurs actuels. Je ne peux rien dire de plus, Andersson a l'air d'être quelqu'un et ça, ça fait plaisir (à ne pas confondre avec Wes Anderson qui lui désespère de ne pas être)

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