jeudi 29 janvier 2009

Another good night for suicide

...quelle semaine...
d'ici peu...la suite...
en attendant...quelques films...
...j'ai oublié la chair...
sa sensation

Evil Dead Trilogy by Sam Raimi :

What the fuck is that shit !
Le premier est le plus fauché
Le second est le plus psyche out
Le troisième est le plus "l'aventure c'est l'aventure"
Des films à voir pour comprendre que les effets spéciaux
Et l'animatronic c'était mieux avant
Pour comprendre que Bruce Campbell est un fucking good actor
Pour peut-être être un peu effrayé et surtout
Enjoy the chainsaw !

Il y aussi dans ce film un moment merveilleux que nous offre la version française de ce film, d'ailleurs je conseille de regarder toutes les séries B en VF, le plaisir en est décuplé (voir les bons vieux Schwarzenneger en français, ça vous change la vie)
Un moment donc où après avoir vaincu une dizaine de squelettes sortis tout droit de Spartacus, notre cher Ash se retrouve face à la belle Esbeth Davidtz transformée en démone et alors qu'elle essaie de lui transpercer le foie avec une fourche, il lui glisse un "Fais gaffe"
Pas piquer des hanetons...
Imaginer ce "fais gaffe" tenant sur un champ de bataille m'a enthousiasmé comme jamais...

Captain Orgasmo et Baseketball de Trey Parker et Matt Stone :

Les gus responsables de la tordante série South Park (j'écris comme à Télérama ?)
Ont, avant de se consacrer uniquement à leur série CULTE (enculé !)
Commis ces deux films à l'intérêt comique hautement discutable
Même si,
Je pense, que Baseketball (toujours en français), est finalement assez recommandable
Pour quelques moments d'anthologie burlesque (ahahahah)
Mais aussi parce qu'ils ne sont pas mauvais, parce que l'idée de départ est bonne
Et que ça n'est pas aussi lourdingue qu'un ZAZ (même si c'est David Zucker qui tient la caméra, ça ne compte pas)
Bref, sûrement l'une des dernières Fat Comédy américaine intéressante avant la vague du Frat Pack (ahahahaha putain de Téléramant) et autres Judd Apatow Style Bastard

...

Nous les vivants de Roy Andersson :

Ce qui était pressenti arrive bel et bien et Roy Andersson prend donc place parmi mes petits chouchous persos.
Le film, qui suit dans la démarche esthétique mais non thématique, son Chansons du Deuxième Etage, se déroule toujours en petites scènes de cinq minutes en plans fixes (excepté sur une des scènes sur laquelle je reviendrai et d'ailleurs j'y reviens tout de suite, c'est la scène d'apothéose et le grand rire jaune d'Andersson vis à vis du cinéma, c'est une scène belle et en mouvement, où tout se passe bien, où la musique pour une fois n'est pas monotone ou absente mais forte et rock'n'roll, où l'amour est magnifiée, où la magie règne remplaçant le déclin, où la liesse est POPULAIRE, là où Andersson n'a toujours choisi que des individualités, des égoïsmes, cette fois, il y a un peuple, une nation unie et chantante...évidemment ce n'est qu'un rêve mais c'est "Tellement beau" qu'on comprend bien que Roy Andersson sait ce qu'il fait et sait aussi ce qu'il ne veut pas faire afin d'éviter de nuire à son message)

NOM DE DIEU, rien que ça, qu'un réalisateur ait un message doublé d'une démarche artistique (plastique) forte et sensible à l'écran, rien que ça, donne à regretter encore ce qu'aurait pu être le cinéma...s'il n'avait pas été...cf : In girum imus nocte et consumimur igni

Il y a aussi dans ce film un cauchemar, autre scène forte et clé du film, dont je tairais le contenu pourtant lui aussi sujet à discussions, à rires, à maman putain nous sommes en vie...

...

La prochaine review (????)
Se penchera sur la trilogie mafieuse signée
Francis
Ford
Coppola
J'ai nommé Mario Puzo's Godfather
PART I, II,
And maybe III si le téléchargement est terminée
AVANT l'aube...

aussi : La Pieuvre aux mille doigts, suite

mercredi 28 janvier 2009

Seventy Four Dead Bodies in my Bed

Projet à suivre après le Sifflement et qui doit être noté quelque part pour ne pas être perdu définitivement dans les méandres de ma mémoire d'enfant :

Une tombe au paradis :

Pièce radiophonique et ou mini-série audio ayant pour thème l'éternité
et pour ton celui du comique et de l'absurde

Pitch : Au paradis, on souffre énormément, Dieu étant quelqu'un de chiant, c'est très plat là-bas et l'unique activité que l'on peut y faire c'est : le badminton, jeu divin et seule invention réellement reconnue par le créateur. On y apprend aussi que la selection paradisiaque ne s'opère pas en fonction du bon comportement des personnes mais simplement que sont admis les personnes dont le grand-père naquît un dimanche 6 février, et qu'il faut qu'il ait plu la veille avec cependant un sembalant d'arc-en-ciel.

Aussi, le sexe est possible (chaque femme qui touche un homme disparaît dans l'instant dans une pièce où un grand oeil de "tout un mur" scrute l'acte inutile)
Aussi, on y s'ennuie et devient fou et...à un moment...un nouveau...va mourir...entraînant...une fin à l'éternité ?

mardi 27 janvier 2009

Nothing with Nothing

Ichi The Killer de Takeshi Miike :

Bonjour, c'est Ichi. Non. Je ne suis pas capable de dire bonjour. Pourquoi tu pleures ? Je ne pleure pas. C'est à cause de ces gamins, ils m'ont brimé. Je dois me venger. Je ne pleure pas. Je dois me venger, si tu veux que je le fasse alors je ne le ferai pas. Si tu ne le veux pas, je le ferai même s'il faut pleurer. J'ai une érection. Depuis quand ? Je ne veux pas prendre ces calmants. Tuer, c'est mal. Je n'ai plus envie de tuer personne, à part ceux qui m'ont brimé. Tu as aimé ça quand il t'a tabassé ? Comment c'était ? Tu aimes te faire tabasser ? Tu aimes te faire violer ? Tu as raison. Je ne pleure pas, je souris, je vais pouvoir t'aider, je vais te découper en morceaux.

DU SANG

je ne saurais pas dire pour le reste, ce film est un essai ultraviolent, qui pour une fois, tue sans émotion


Bug de William Friedkin :

Quand le père de l'exorciste adapte une pièce de théâtre underground
On ne peut s'attendre qu'à être surpris
C'est le cas
Tout y est travaillé
Très travaillé
Surtout les dialogues qui comme rarement existent dans le cinéma de genre
Surtout le jeu des acteurs
La lumière, le lieu
Tout
Je me suis emmerdé
Je ne sais pas pourquoi, il y a des films honnêtes qui m'emmerdent dangeureusement,
Pourtant il y a une scène choquante, la folie y est grimpante comme il faut,
Je ne sais pas pourquoi Bug m'a tout de suite emmerdé,
Les acteurs principaux sont pourtant bons,
La paranoïa brille, je devrais aimer,
Il y a un renversement de situation très intéressant,
Un sous-texte politique admirablement servi,
Je ne sais pas pourquoi,
Bug m'a emmerdé.

lundi 26 janvier 2009

Running after cosmos

COMME DE BIEN ENTENDU LES MUTATIONS
s'enchaînent,
je décide donc (j'apprécie énormément ce petit mot)
que le moindre rêve sera précédé d'un titre en anglais
sans sens particulier
c'est comme ça,
ça ne vaut rien mais je préfère prévenir.

Les soviétiques nous l'ont prédit,
Attendre, c'est du délire...
je peux dire sans abuser
que

J'ai rêvé d'une salle où l'on pendait les femmes et les vieux,
6 heures par jour et 7 jours par semaine
Je ne savais pas trop si la cage dans laquelle tout se passait
Emergeait ou tombait dans la pièce.

Il y avait des grilles dorées c'est sûr mais après ?

jeudi 22 janvier 2009

Comme toutes les personnes sans don particulier, j'attends un temps de fou aux urgences, un temps toujours trop long durant lequel on se ferait presque à la douleur pourtant abominable et aux effets des différents antalgiques absorbés avant de partir. Quant finalement mon bandage est posé et mon index remis dans une position décente, je suis déçu. Je me serai bien vu dans un de ces lits-là, à attendre ma compote de midi, à ouvrir la fenêtre une fois par jour, à déguster chaque seconde l'atmosphère fétide des milieux hospitaliers. Je me serai bien vu enroulé dans une de ces longues blouses blanches à boutons à compression, je me serai bien vu débuté une réhabilitation, j'aurais bien aimé connaître le prénom de plusieurs infirmières. En lieu et place de tout cela, ma mère et moi sommes allés au restaurant pour fêter mon hâtive guérison. Mon père lui, devait dormir ou quelque chose comme cela. Aussitôt après avoir avalé sans grand appétit un large steack saignant et bu mon verre de vin, je me suis mis à être devant chez moi, une main monstrueuse, l'autre tournant la clé vers la soirée qui s'annonçait. Mes parents ont malgré tout eu la politesse d'avoir des revenus conséquents, ce qui fait qu'en plus de mon salaire aux dimensions toutes relatives, j'ai pu habiter dans un appartement traversé de parquet et doté d'une baignoire. Je n'aurais pas pu vivre honnêtement sans baignoire. La baignoire était mon seul plaisir en ce monde où même un doigt brisé, arraché, déchiré, était réparé comme de rien en une après-midi.

Le Sifflement, la Pieuvre aux mille doigts, page 3

Mon pied, sur la première marche, pense à la pluie. Sur la seconde, il pense à ce que c'est qu'un corps nu. Sur la dernière enfin, comme secoué d'attention, il trébuche, il valse, il perd. Le sac me quitte les épaules et va s'écraser par terre, moi, je me retrouve en bas, choqué et tremblant. Quelque chose a très bien pu se briser je le sais mais j'espère avant tout que personne ne m'a vu. Le ciel est bas, si bas dans ce genre de lieu. Un éclair me gicle dans les doigts, ma paume droite est écorchée et semble saigner d'un petit texte rouge. Je ne tombe pas souvent, je n'ai pas les bons réflexes, j'ai très bien pu me faire mal. Je regarde mes doigts un à un. L'un d'eux paraît comme décroché, comme indépendant de la main à laquelle il appartient. Je le vois et c'est sa vue plus que la réelle violence de l'impact qui m'offre la douleur. Une douleur cinglante, comme en veille depuis des siècles. Mon index gauche est cassé, retourné, les phalanges ne répondent plus. C'est comme si un marteau ou n'importe quel autre outil venait de taper dessus, la douleur siffle dans tout le corps, lance à plein rebours comme s'il voulait être bien sûr que je la remarque. J'ai mal, je me sens pâlir, partir et j'hésite. Les pièces de boeuf gisent non loin, le couvercle a sauté, la sauce se répand. Des heures encore de gâchée. Je me demande si je dois rentrer chez moi me reposer et réparer ça mais par instinct, j'emprunte l'ascenseur, tenant ma main gauche dans ma main droite comme un petit sac de grêle, comme une plaie béante. L'ascenseur entame sa montée, je sais très bien que je ne vais pas mourir mais je ne peux m'empêcher d'y penser, je regarde mon doigt brisé et j'imagine mille fois la façon qu'il a pu avoir de rompre. C'est beaucoup plus dur que la réalité. Mes mains sont extrèmement blanches, des suées me gagnent, des vomissements aussi. Je sonne à la porte, pourvu qu'elle s'ouvre vite, cette souffrance, c'est trop d'un coup. Ma mère ouvre, son visage habituée à la non expression s'éclaire en me voyant à l'article de la mort. "Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es tout pâle, qu'est-ce qui s'est passé ?". "Il ne s'est rien passé, je suis tombé et je crois que je me suis cassé un doigt.". "Montre voir..." Elle blémit à son tour. "Oui c'est cassé et pas qu'un peu, faut aller à l'hôpital, c'est pas trop douloureux...?". Je tombe une seconde fois, sur le seuil de la porte, les morts n'auront pas à manger cette semaine.

mercredi 21 janvier 2009

Le Sifflement, extrait documentaire

" Un jour où la couleur roule sur elle-même
Où l'opéra se termine par une flamme
Où la bobine rejetée fouette la figure du projectionniste
Où sur scène on ne sait plus où sont les vrais couteaux
Et dans quelles mains
Où l'on est plus sûr de lire notre langue
Ou bien celle d'un autre. "

Italo Ducingen, Journal de Bord, Jour S -60jours

21+8

" Ce sifflement c'est ma marche vers les étoiles de la nouveauté "

DONC

Une femme coréenne d'Im Sang-soo :

Ode à la sensualité, à la mort et cela va de soi à la vie, le film d'Im Sang-soo souffre (c'est un compliment) de cette espèce de grand chaos lié au père qui infeste (toujours un compliment) le cinéma sud-coréen de ces dix dernières années. Il y a toujours ces actes au bord du drame qui giclent tout à coup en dehors de la routine, comme des appels à l'aide dangereux et desespérés. Il y aussi le sexe qui, s'il ne peut pas tout, permet de se reposer pendant quelques heures de toute cette vie qui pèse en passé et solitude (il est amusant d'ailleurs de remarquer que le personnage le plus libre est une jeune grand-mère venant d'enterrer son mari), ce même sexe filmé fièvre après fièvre par le cinéaste et qui fait envie. Il y a dans ce film des fantasmes qui se réalisent, des cauchemars aussi et une volonté de danser dans une société où tout est fait pour mourir en silence.

JCVD de Mabrouk El-Mechri :

J'aime Jean-Claude Van Damme mais pas JCVD. J'aime Jean-Claude Van Damme mais pas JCVD car je n'ai pas besoin d'un film pour comprendre que ce n'est pas quelqu'un de mauvais et de bête. J'aime Jean-Claude Van Damme mais pas JCVD parce que c'est un acteur aujourd'hui après avoir été un corps, the muscle from Bruxelles. J'aime Jean-Claude Van Damme parce qu'il a passé la drogue et qu'on a pu savoir comment sans que ça soit sensationnel ou déliquescent (?). J'aime Jean-Claude Van Damme mais pas JCVD car ce film en oscillant entre la comédie, le film de braquage, le méta-métrage hagiographique et l'exercice de style se tire une balle dans le pied, les acteurs n'y brillent pas (l'idée de faire de Zoualem un criminel nerveux est enthousiasmante sur le papier, mais après ?), le potentiel de Damiens n'est pas exploité, il n'y a que Van Damme et Van Damme n'a rien à faire dans cette histoire sans intérêt. J'aime Jean-Claude Van Damme parce qu'il fait de JCVD un film juste parce qu'il y est présent et pour ce moment d'acting et d'émotion qu'il nous livre face caméra. Seulement voilà, des moments comme ça j'en ai déjà vécu avec Jean-Claude Van Damme et c'est pour cela que je n'aime pas forcément JCVD.

lundi 19 janvier 2009

21+6

The Mist de Frank Darabont :

Adapté de la nouvelle éponyme de Stephen King...
Film de genre...
Où l'on peut voir l'Apprenti de Star Wars se faire saigner par un boucher à la barbe étrange
Et aussi Truman Capote se faire briser par un homard géant bleu...
Où l'on voit surtout que les hommes sont dangereux (malgré le côté un peu trop dogmatique de certaines scènes, ce parti pris jusqu'en-boutiste est plutôt intéressant)...
La fin elle aussi est un modèle de culot et d'ambiance...
Un film référencé réussi de bout en bout / mais bon.

vendredi 16 janvier 2009

21+4

J'ai toujours rêvé d'être un gangster de Samuel Benchetrit :

J'ai toujours trouvé Benchetrit surfait, nul, chiant. Sa littérature ne vaut pas un clou de girofle, il a une bonne coupe et il sort avec la divinissime (...) Anna Mouglalis. J'ai trouvé Janis et John mauvais. Je trouve qu'il me ressemble un peu trop sur certains points aussi et ça, c'est énervant comme un mec qui a exactement les mêmes chaussures que vous. Deuxième long donc ou successions d'épisodes avec un casting des plus alléchants (Baer, Arno, Bashung, Rochefort, Kalfon...) et un noir et blanc jarmuschien toujours sympathique. Pour rompre d'ailleurs avec le préjugé que je me faisais sur ce film : "c'est coffee and cigarettes mais en encore plus raté", l'ami Samuel place une réplique tranquille où Bashung déclare que le café c'est dégueulasse...et ça c'est cool ! Bref, un film à télécharger pour l'épisode 2 (celui avec Bouli Lanners), qui est drôle et touchant. Le reste...c'était comme prévu au départ.

Chansons du deuxième étage de Roy Andersson :

Que dire à part que j'avais raison, Andersson prouve qu'il y a encore des choses à dire dans le cinéma, grâce au cinéma, par le cinéma, et putain que c'est bon. C'est désordonné, c'est long, c'est froid, c'est rude mais putain que c'est bon. Tout y est merveilleusement misérable, l'art est en route et avec de belles épaules et les christs sont brûlés à la pelle ! "Ses poèmes l'ont rendu fou"...une folie salvatrice baby ! Non bon toi unique lecteur ou absence de lecteur, cours acheter du Roy Andersson en tonneau, essaie de te faire sa femme, installe des mises à jour pour son imprimante et découvre toi aussi le sentiment d'avoir la gueule couverte de cendres dans un métro qui chante.

...aussi : après avoir vu "Le Bon, la Brute et le Cinglé" au cinéma de l'Orient Express (une petite russe très troublante m'a filé ma place, ai-je du charme ?), je tiens à signaler que je l'ai vu le lendemain sur ma petite télé et en parfaite qualité, on arrête pas le progrès...

je n'ai rien fait de ma semaine, je vais passer à autre chose, un travail, un appartement, une famille, un roman, je n'ai rien fait de ma semaine, je vais passer à autre chose

jeudi 15 janvier 2009

21+2

Le Bon, la Brute et le Cinglé de Kim Jee Woon :

Ayant particulièrement apprécié son précédent opus (A Bittersweet Life), j'attendais avec un bel entrain cet hommage au western de la part du réalisateur sud-coréen le plus enthousiasmant de sa génération. Je vais être clair pour les fumeurs au fond qui se demandent ce qui se passe, le film ne déçoit pas, véritable concentré de fusillades et d'aventures en tout genre, il invente même un genre "le western oriental" qui semble être une version survitaminée de ces pères italiens. Oui, ça tire, c'est beau, maîtrisé et l'ensemble nous entraîne facilement dans cette histoire de carte où trois hommes vont enfin pouvoir sceller leur destin. Parlons-en de ces hommes, il y a le Bon qui, contrairement à la "version" de Leone paraît peut-être comme étant le plus effacé (scène où juste avant de pouvoir confier son rêve et ses réelles intentions, son interlocuteur s'endort) mais pas le moins habile. Le Cinglé donc, qui profite de la performance assourdissante de Song-khang ho (dont l'aisance dans une infinie variété de registres n'est plus à démontrer) et qui s'avère être le personnage principal de l'histoire puisque c'est sa quête qu'on suivra le plus longuement, une quête allant du burlesque au dramatique avec encore une fois une facilité déconcertante. Et puis il y a Le personnage, celui qui apparaît comme étant le plus "sublime" durant tout le long du métrage, la Brute, interprété par Lee Byung-hun (fétiche du réalisateur) dont la moindre des actions est chorégraphiée à l'extrême, donnant réellement l'impression d'assiter à la naissance d'un héros, mais non plus d'un héros désabusé comme en a produit le western durant toute son existence mais d'un héros chaud, fou, barbare. Un héros qui nous fait comprendre dans la façon dont il est présenté ce qu'est objectivement ce film : un western à la sauce manga, où tout est exagéré à son paroxysme pour offrir un maximum de plaisir visuel. Car il n'y a pas d'intrigue ou du moins on a pas le temps d'y croire et ce n'est sûrement pas grave. Kim Jee Woon est un petit génie taré, son cinéma avec, et le temps ne pourra lui faire que du bien.

mercredi 14 janvier 2009

21+1

Be kind rewind de Michel Gondry :

Encore un autre poison.

Film qui nous montre si besoin était que Jack Black est un homme admirable, que le début "magnétisé" est meilleur que sa fin à la Rocky good story of humanity (sentiment de collectivité comparable à celui présent dans "Block Party" du même Gondry mais qui ici fait plus figure de bouée de sauvetage destinée à étoffer la seule bonne idée du film, celle de refaire des classiques avec les moyens du bord(le choix de la rose Mia Farrow en tant que cliente de tout ceci n'est certainement pas anodin) et en un minimum de temps, l'idée du suedage qui ramène tout l'aspect ludique cher à Gondry et qui parvient un peu à transpirer). Pour synthétiser, c'est ici un film intéressant mais sans "intérêt" auquel nous avons droit, les personnages et leurs sentiments n'ayant pas réellement l'occasion d'exister au-delà de leur apparente bonne humeur. Preuve en est qu'une bonne idée et un bon coeur ne font certainement pas un bon film (ce long thème final pendant qu'il regarde leur film, suis-je censé pleurer ?).

mardi 13 janvier 2009

21 (cf : le champ de tous les possibles)

Comme le souligne très justement Karl Popper, un organisme quelqu'il soit doit être s'il tend à survivre, en proie à toutes les mutations possibles. Ambitionnant de même à en être un, cette archive numérique (saule binaire, ce que tu veux) se voit greffer d'une nouvelle fonction.

Car ce n'est pas tous les jours qu'on s'aperçoit que l'on pourrit plus qu'on vieillit.
Car je suis un fils de l'image et en tant que tel, je me dois de.
Car ma mémoire est en faillite et que je veux tout retenir.

Probablement est-ce défaut mais bon
Sont-ce nous dignes de la perfection ?

J'abrège en annonçant qu'en plus d'une lamentable étude onirique et d'un charivari de brodailleries textuelles macabres, la page des rêves désormais présentera en totale exclusivité

DE SUCCINTES (?) CRITIQUES DES FILMS QUE JE REGARDE EN ETANT DEVORE PAR LA HONTE DE NE PAS FAIRE AUTRE CHOSE DE PLUS EVOLUE

mais la réalité de l'acte est là : les films me tiennent mieux que les livres

ALLONS
COMMENCONS

Ces critiques seront pour la plupart très brêves et ne constituerons souvent qu'en de simples rappels dédiés à ma défaillante mémoire, en cela-même, elles sont : document capital

*

Ed Wood de Tim Burton :

Toutes les nanas du monde aiment Tim Burton et étant moi-même hétérosexuel, j'ai "dû" m'intéresser au bonhomme. Je n'ai pas de souvenir de Beetlejuice à part que j'ai pu le voir dans une classe mal éclairée de primaire sur un combi-magnéto qui faisait passer la bande en noir et blanc. J'ai trouvé la Planète des Singes plutôt chiants dans son genre même si je me souviens, j'aimais bien les effets spéciaux liés aux réacteurs. Batman 2 est un chef d'oeuvre pour peu qu'on adhère à la mine liftée de Michael Keaton que je n'ai jamais trouvé très séduisant donc peu crédible en Bruce Wayne. J'ai vu Sleepy Hollow plusieurs fois, la dernière il y a tout pile un an alors qu'elle me quittait, au-delà de l'égo-traumatisme, ce film est plutôt beau. Vincent est aussi une très belle histoire qui prouve bien que la durée est bien souvent un ennemi à cette parade qu'est le cinéma. Quant à Big Fish, que dire excepté : l'amour !

Ed Wood donc ou l'histoire du réalisateur le plus mauvais qu'ait jamais connu Hollywood.
Ed Wood qui dans mon imagination était simplement l'histoire d'un mec qui se débattait avec des cartons et des bouts de ficelle pour faire croire à quelque chose.
Seulement non, Ed Wood est sûrement l'un des meilleurs films de Tim Burton car c'est l'un des plus vrais. Car paradoxalement au milieu de ces monstres, de ces dollars, de ces rêves fissurés, de ces faux espoirs et de ces "Faisons de la merde tant que ça rapporte", les humains que l'on y rencontre ont une dimension tout à fait véritable. La plus belle histoire étant sans doute celle entre Ed et Bela Legusi (oscar amplement mérité pour Landau) dont l'apparition est chaque fois sublimée malgré son déclin inéluctable. S'ils sont si proches, ce Ed (rêveur invétéré, Orson Welles du pauvre, du surpauvre) et ce Bela, c'est qu'ils partagent tout deux une blessure enfantine : Ed le travesti et Bela l'expatrié, c'est pour cela qu'ils n'ont pas besoin de se dire grand chose, c'est pour cela (et non parce qu'il croit réellement en la qualité de ses films) que Dracula se retrouve dans un marais à se débattre avec une pieuvre inanimée alors que la vieillesse et la drogue le malmènent à toute vitesse. Cette blessure de l'enfance étant aussi celle de Tim Burton, celle qui pousse être un homme tout à fait différent, tout à fait extraordinaire surtout, il est presque normal qu'elle transpire autant à l'écran malgré la fuite d'un scénario devant s'adapter à la vie de son sujet et un humour quelquefois inutile. Le film s'achève sur un très joli montage de séquences du tournage de son "Plan 9" où les abbréviations pullulent et où Ed Wood face à ça répond : "Ce qui compte ce n'est pas l'exactitude, c'est l'âme de la scène". Malheureusement, le cinéma a à la fois perdu le rythme et l'âme de ce qu'il est, une machine à sentiments.

Black Snake Moan de Craig Brewer : Un film qui aurait pu être bon (image soignée, personnages quasiment héroïques, intrigue et thèmes rafraîchissants) s'il n'était pas entâché par des sous-intrigues sans importance (le couple L.Jackson / la pharmacienne ou encore Justin le militaire dépressif qui prouve qu'il ne peut être acteur qu'en ayant la gueule cassée) et la présence d'autant de noirs à l'écran (...). Néanmoins à voir, pour le blues, pour un L.Jackson quasiment aussi fort que Julius, pour une Ricci en culotte et la scène du serpent noir.

Monde de Gloire de Roy Andersson : RIEN QUE LA PREMIERE SCENE EST PLUS MARQUANTE QUE TOUTE LA FILMOGRAPHIE DE 75% des réalisateurs actuels. Je ne peux rien dire de plus, Andersson a l'air d'être quelqu'un et ça, ça fait plaisir (à ne pas confondre avec Wes Anderson qui lui désespère de ne pas être)

lundi 12 janvier 2009

Vivre à petits feux

Liberté, égalité, choucroute !

...

Que restera-t-il quand les cloches seront tombées ?
Quand la mer, hors de son lit, arrêtera de rouler
Quand

...

mardi 6 janvier 2009

Fièvre
Passer la nuit sur le Styx
Même pire, là où ça ne se lève pas,
Mais cette maladie est belle aussi,
Elle me permet de redécouvrir le matin,
La neige en plaquettes sur les toits, le flamand rose du ciel
Brûlant au fond loin derrière ma fenêtre,
J'ai rêvé d'un monde d'immortels
Toujours entre deux intentions,
Il y avait ceux qui voulaient que ça meurt,
Ceux qui longeaient la douane,
Ceux qui n'avaient jamais eu de visage,
Ceux qui se battaient
Et puis non c'était trop flou,
C'était un délire...long et toujours varié...
Des heures à s'en contracter et le cerveau et la bile
Pour ces pas possible,
Il faudrait et je l'exigerai presque
Traîner sa nuque sur mes velours synaptiques
Pour que ce rêve soit un jour
Définissable,
Pour que je me souvienne du rouge des chairs
Des seins chauds et râpeux que j'ai pu caresser,
De mes coups de gueule,
De mes parents main dans la main,
Des forêts déployées qui s'épanouissent
Comme une femme dans l'ébat,
De la grenadine,
Et des douceurs...

samedi 3 janvier 2009

Signes rassurants d'une folie en devenir

C'est un rêve toujours :

Je suis nu en caleçon et j'ouvre la porte de ma maison.
phrase basique
Là dessus mon frère ainsi qu'un de ses amis et d'une fille entrent par surprise.
On ne les attendait pas de sitôt.
Repas de famille avec nos invités, il me semble que je surfe sur un de ces ordis intégrés aux meubles qui n'existent pas encore et que je suis sur le profil de "Joyxx" Joyxce" peut-être Joyce mais non quelque chose de plus vulgaire et de mieux balconé.
Mon père me rabroue.
peut-être avec un t
Je pète littérallement les plombs et avec une assiette pleine en main
Je dis que je ne suis pas fou
Avant de la fracasser sur le sol.
Je sens que l'ensemble de ma famille pense que je suis fou.
Ca fait drôle.
Je sais que bientôt ça se passera pour de bon.
D'ici là, résister.

vendredi 2 janvier 2009

Rêve 25

J'ai reçu un texto de Caroline disant à peu de choses près :

jelrokgrgkrkddk tentative de suicide ce matin djighireoeroefmze mon père.

/

ANOTHER DREAM :

Je suis dans une salle d'attente, assis à une table, une fille (toute petite brune) joue à côté de moi, je lance un regard à gauche pour voir sa mère (un peu plus blonde, vraiment un beau visage, plein de caractère et avec un nez spécial) assise non loin les mains croisées entre les genoux.
Vient ensuite l'allure bleue et pataude de l'infirmière qui, avalée par les larmes, demande à la petite fille de bien vouloir venir prendre sa douche. Je comprends vite que c'est ce genre de douches qu'on prend à l'hôpital et qui consistent à s'enduire de mercurochrome pour assainir au mieux l'épiderme bientôt entaillée. Je comprends vite et me demande ce que je peux bien lui donner à cette fille qui va partir sous peu vers un lieu que je devine. Alors je dessine cette étoile, l'étoile qui sourit comme ELLE les dessinait ELLE et je lui donne en vitesse. Sans dire un mot de ses faibles lèvres, elle le prend ainsi que le bras de l'infirmière et disparaît au bout du couloir.
Je me pose près de la mère maintenant ET §