lundi 4 mai 2009

Il suffit d'être une fleur !

Etais-je mort ?
Ou bien en vacances loin de toute civilisation connue ou à venir ?
Ne suis-je pas mort un peu, dans cette petite pièce de mon cerveau que rien ne parvient plus à éclairer ?
Cette pièce qui quelquefois sécrète des larmes qui ne me rappellent à rien,
Ai-je à écrire ce roman ou à le modifier, sans arrêt, avant même que la plume touche l'encre ?
Avant même que la pression sur toutes ces touches grises forment un ensemble graphique tout à fait compréhensible,
Dois-je me contenter d'être un de ces fauteuils remplis de plus dans la fumée du cirque d'hiver où défilent des modèles, où éclatent des applaudissements pour je ne sais quelle raison, parce que qui pour porter ça, qui pour être ému par tant de fanfreluches bâtardes et mainstream ?

A vrai dire, j'ai perdu le réflexe d'écrire à tout bout de champ comme j'ai perdu une bonne centaine d'autres réflexes, j'ai fait vieillir un peu le vin et cette pièce, qu'est mon innocence, git désormais sous la boue.
Il n'y a pas de mal à vieillir un peu, tant que l'on voit la couleur, tant que l'on croit la lumière.
"Pour moi, vous devez être capable de défendre becs et ongles, que le noir est blanc et que le blanc est noir"
Il s'agit là d'un vieux serment japonais réutilisé quelquefois par des yak' réac'
J'ai fait ce même serment à la littérature, pour elle, je suis capable de défendre les pires bêtises, les pires créations.
Comme de me croire vieux alors que j'ai à peine vingt ans (comment ça 21 ?).

Paris est une ville pour moi parce qu'elle pousse à l'action je crois et j'espère aussi, à la survie,
Survie dans son second sens mon bel ami, je vis déjà assez comme ça.

Antonin Artaud est tellement talentueux que j'en souris parfois même à l'avance,
Actuellement, c'est, le Théâtre et son Double qui m'arrache de larges sourires de jouisseurs prétentieux. C'est parce qu'il est perspicace, doué d'un talent sans pareil pour camoufler de l'or dans la plus pleine des viscères, et profondément sexuel et qu'il sait, que depuis le début, l'homme va contre l'homme.

Toutes nos forces sont restées à la frontière au profit d'un goût certain pour la fourchette à gauche, manche vers le bas, et un respect d'aliéné pour les feux et signaux en tout genre.

Je suis toujours étonné quand, au carrefour, tout se passe normalement, sans essieux qui s'embrochent, sans réservoirs qui flambent, sans pare-brise se réfugiant dans le front du plus proche. Le vert fait voltiger le rouge, pédales et volants sont actionnés simultanément dans des symphonies de nerfs où colère et peur de la mort sont très habilement mis sous cloche et gardés sous contrôle. Le monde ira mieux je pense quand les pulsions meurtrières de tous ces automobilistes seront un peu plus exprimées. D'ici là, trop de folie, peu d'orgie.

Ne sommes-nous pas nés d'un terrible empestement charnel et non de siestes malades dans des hôtels nickels ?

Le froid dans le dos, je pourrais appeler ça.
J'ai une pièce aussi avec ce froid dans le dos,
Une pièce avec le choix du monstre,
Une pièce avec toutes les raisons aussi minces que du verre qui vont me faire naturellement quitter ce clavier nu.

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