dimanche 31 mai 2009
Pineapple pour toute personne morte avant juin
Je me suis trompé, grand diable, encore, toujours, effrontément disait Alain. Je pensais que, cette histoire japonaise tu sais, qu'elle serait plus simple, une cuillère de sucre et d'argent à suçoter tout l'été. Je pensais que ça irait comme ça, qu'il suffirait d'être à une terrasse et de courber l'échine pour me mettre au travail. Je pensais que le monde serait en droit de comprendre, d'avoir de la sympathie pour des idées pareilles. Mais elles sont filles de folie, d'une folie esclavagisante, qui modifie le regard, qui fait pousser les dents, qui durcit la peau. Je dois rentrer dans la peau d'un être abject, de quelqu'un privé d'espoir, de quelqu'un qui ne rêve que d'enfoncer des couteaux dans la chair, qui ne rêve que de lire la peur dans les yeux des plus jeunes, et des plus belles. Je dois signer ce même pacte qui a tant troublé Ellis, et tout ça pour quoi ? Pour un bout de littérature supplémentaire ? L'affaire est difficile, j'irai dans ces gouffres je le sais mais l'affaire est difficile, je risque de me perdre une fois de plus à me pousser ainsi au crime. Enfin ce n'est pas grave, j'ai l'esprit souple encore et tout un tas d'énergies insoupçonnées, j'arriverai à l'égorger, à retranscrire parfaitement l'épaisseur du sang sur le bitume chaud. Issei Sagawa, Takeshiro Shine, Motoro Kaze. Marle. Imizu. Cela prendra du temps c'est sûr et le temps est la seule chose qu'on ne peut obtenir. On peut rien que le palper quand la fièvre monte et que les os s'affaiblissent. On ne peut rien que l'embrasser du bout des lèvres quand le noeud serré vivement, nous déchire la gorge.
vendredi 22 mai 2009
Appendices ou "Pour un futur inachevé"
Il s'agira de ma première livraison sous le séduisant nom de Dimitri Otmin, qui pourrait aussi être celui d'un prince ukrainien délicieusement déchu. Dimitri Otmin donc en lieu et place de Charlie Botwin et peut-être seulement pour ce texte. Ce texte donc, te contera les aventures de Marle, la soeur d'Adma auprès d'un jeune tokyoïte pervers et halluciné. Il s'appelle Takeshiro Shine et il représentera tout ce que peut-être le Japon (et toutes nos sociétés actuelles) dans tous ses extrêmes, là où le personnage d' * représente ces mêmes extrêmes refreinés et bientôt adoucis. Il y aura donc, de la violence du sexe, de la perversion, du sang hors des veines pour une fois. Cela me changera et me fera plaisir d'écrire une histoire un brin décomplexé, avant d'attaquer la partie sentimentale et donc la plus intellectuelle du roman principal. Ce "Pour un futur inachevé", fera figure d'Appendices disponibles à la fin du livre et sera en fin de compte, une histoire parallèle, peut-être juste un supplément de chair, à défaut d'âme. Il faut que je fasse pourtant ressortir quelque part ma part de Levant, mes grosses séries d'images infectes, mon idée du monde dans l'idée du Japon. Parce que ce côté très vicéral qu'à l'exploitation de la violence de ce pays a forcément une base instruite forte. Par base instruite, j'entends qu'elle ne vient pas là par hasard ou par simple plaisir et que même ce plaisir est né d'une profondeur. "Pour un futur inachevé" et pour une violence explicitée.
jeudi 21 mai 2009
Ascension
Florence - Et pour vos mains, vous vous êtes fait ça comment ?
J'étais partagé une fois de plus entre la vérité et son fantasme. Mais cette fois-ci, je n'avais pas vraiment le choix. Dire la vérité était dire quelque chose d'encore plus irréel que la plus fictive des farces. D'un autre côté, j'éprouvais un goût certain à présenter l'histoire de mes blessures car pour une fois j'avais quelque chose à dire et quelque chose qui pouvait être exposé nettement et sans baver. Je devais cependant arranger l'épisode des toilettes afin d'éviter de rentrer dans le box des fous.
* Pour la main aux doigts brisés, c'est une histoire toute bête. J'ai l'habitude ou plutôt j'ai pris l'habitude de rendre visite à mes parents tous les mercredi. Seulement voilà, leurs marches sont plutôt glissantes et...
C'est à ce moment que je me rendis compte du ridicule de la situation, c'est à ce moment là que la sueur me gicla de nouveau par le front, que ma gorge s'assécha, que ma langue se terra au fond de ma bouche comme une louve apeurée. J'avais perdu ma confiance, j'avais perdu le goût. J'avais envie de m'en aller comme toujours, de me retrouver seul à ne rien faire.
...je suis tombé voilà...pour l'autre...elle ne s'est pas cassée, mais elle a simplement frottée sur le sol...excusez-moi, ça vous dérange si j'y vais...je ne me sens pas si bien et j'ai cours...
Florence - Suivant votre état, j'ai transmis votre présence ici et j'ai fait annulé tous vos cours de la journée. Je vous conseille d'ailleurs de vous reposer demain, vous n'avez pas l'air au mieux de votre forme.
Je suppose que c'est le moins que l'on puisse dire quand on passe ses journées à s'évanouir et à pleurer. Je suppose que c'est le moins que l'on puisse dire quand on est persuadé d'être entré en relation avec une créature d'origine inconnue.
* Vous avez raison. Je ferai mieux d'y aller. Merci pour tout. Je passerais vous voir dès que je serai rétabli.
Cette phrase, émise par un souci de bienséance et de politesse, espérait néanmoins rester une vague promesse, tant je n'étais pas sûr de pouvoir l'assumer, ma phobie étant de ne pas savoir quoi dire.
Florence - Rentrez chez vous vous reposer. Ne vous en faites pas pour vos cours et votre absence, je m'occupe de tout, vous n'aurez qu'à venir me voir en fin de semaine pour régler les petits détails administratifs. Ravie d'avoir fait votre connaissance dans tous les cas et j'espère vous recroiser dans de meilleures conditions.
Il y avait tellement de naturel et de simplicité en elle que j'avais l'impression d'avoir affaire à une robotique tendresse. C'était un mélange de programme parfaitement intégré et de femme aux yeux clairs. Je devais, et ce malgré son apparente assurance, la libérer aussi d'un instant un peu trop piégeux. Quant à savoir où se trouvait le piège, je n'en savais rien, il fallait uniquement que je sorte pour de bon de cette drôle d'officine. Il fallait que je me retrouve en marchant seul, que je profite un brin de mon égarrement, comme quand j'allais avec mes yeux poètes au creux des jardins, sur des bancs malades de solitude, écrire des bêtises qui n'appartenaient qu'à moi. Secrètement, je voulais sans doute que l'apparition d'Adma elle-aussi n'appartienne qu'à moi, que je me le traîne jusqu'à la tombe avec le mince sourire cruel de celui qui a vu. Les couloirs sont passés à une vitesse folle. J'ai ensuite franchi l'arche sous un soleil reparaissant, et sans me soucier des flaques, et celui-ci eut à peine le temps de caresser mon front que déjà je remplissais la banquette maronnasse d'un wagon de métro. Il fallait que reprenne le cours de mes pensées, le temps et l'espace importaient peu. Ses pensées, c'était Adma en son entier et dans toutes les positions possibles et imaginables. Adma, c'était la folie qui valser dans mon sang et dont je ne pouvais me défaire. Repenser à lui, c'était comme aller chez son dentiste se faire arracher une dent, cela faisait mal mais c'était nécessaire. Il y avait en plus de cela, une façon toute bête de m'assurer de son existence. Faire ce qu'il avait dit et tracer son nom quelque part puis siffler. Mais faire ce qu'il avait dit c'était admettre qu'il avait dit quelque chose et je ne pouvais accepter cela facilement. Je me disais : On entre pas dans ma vie comme ça, il y a une raison à tout. Il fallait aussi que je comprenne qu'il y avait une folie à tout et que c'était cette folie qui scellait l'intensité, la force du moindre battement de coeur. Les stations défilaient, toutes les mêmes, les couleurs et les carrelages s'enchevêtraient dans un flou tellement opaque qu'il était impossible d'y prêter attention. Je ne voyais même plus mon reflet ni la bâtardise présente dans les yeux des quelques gens voyageant à cette heure. Il n'y avait plus que ma raison voulant balayer Adma et tout ce qu'il pourrait être et mon sang qui me dictait que c'était impossible de faire sans. Mon sang était certain, ma raison elle, par peur du trop d'enjeu, préférait douter. Mille fois je failli détacher le capuchon de mon stylo pour enfin tirer au clair toute cette histoire, mille fois je me suis dit que j'y verrai mieux le lendemain, que mon sang peut-être se serait calmé après une bonne nuit de sommeil, qu'Adma et que toutes les traces d'Adma auraient disparu de ma vie, qu'elle pourrait reprendre son cours. C'est par ailleurs sous une impulsion tout à fait supérieure que mon regard se posa et déchiffra enfin quelque chose à l'extérieur, le nom, l'ordre qui me faisait chaque soir m'arrêter et sortir de ces cabines de fer. J'arrivais à destination, une demi-heure c'était passé en un coup de vent et une infinité de tergiversations. En posant pieds sur le quai et en continuant ma marche trouble jusqu'à chez moi, une nouvelle sensation vint se joindre aux autres, toutes aussi tordues et déséquilibrées. J'avais comme l'impression que le sol se dérobait sous mes pieds, que je marchais sur une surface sous laquelle se découvrait l'horizon et avec lui une forte idée du vide. Plus je marchais, plus je tanguais, mes os étaient comme crispés à l'idée de tomber de si haut, à l'idée de ne plus pouvoir se coucher ou s'asseoir, de toujours devoir garder l'équilibre. Si bien que le mouvement s'échappa de mon corps, j'avais oublié comment l'on marche, j'étais un corps immobile et tremblant au milieu d'un quai d'où filaient des dizaines de corps véloces et pressés et de larges bandes blanches sur des rails étouffant des floppées d'étincelles. Je ne bougeais plus, j'étais sur la pointe des pieds, mes os, mes muscles, mon sang étaient tous secs, raides, sclérosés, mon cerveau était à l'abandon. Sous cette crispation extrême, les muscles tendus de ma main se remirent à me faire mal. On ne me viendrait pas en aide, le vertige était trop grand pour espérer acheminer la moindre ambulance. Mon crâne et mes rides d'expression se mirent eux aussi à être pris de spasmes ingérables. Bientôt et comme un soulagement, j'eus le réflexe de me laisser tomber par terre. Le sol était bien là, personne ne se souviendrait de ce moment à part moi, il n'y avait rien à craindre. Au contact de l'épaisseur uniforme du sol, mon corps se réveilla comme un chien à qui l'on lance un seau d'eau glacée en plein coït public. C'était peut-être ça ma façon de faire l'amour au monde passant, me figer comme une pierre douloureuse et attendre qu'un long doigt fin m'effleure pour que je m'écrase et explose en mille morceaux.
J'étais partagé une fois de plus entre la vérité et son fantasme. Mais cette fois-ci, je n'avais pas vraiment le choix. Dire la vérité était dire quelque chose d'encore plus irréel que la plus fictive des farces. D'un autre côté, j'éprouvais un goût certain à présenter l'histoire de mes blessures car pour une fois j'avais quelque chose à dire et quelque chose qui pouvait être exposé nettement et sans baver. Je devais cependant arranger l'épisode des toilettes afin d'éviter de rentrer dans le box des fous.
* Pour la main aux doigts brisés, c'est une histoire toute bête. J'ai l'habitude ou plutôt j'ai pris l'habitude de rendre visite à mes parents tous les mercredi. Seulement voilà, leurs marches sont plutôt glissantes et...
C'est à ce moment que je me rendis compte du ridicule de la situation, c'est à ce moment là que la sueur me gicla de nouveau par le front, que ma gorge s'assécha, que ma langue se terra au fond de ma bouche comme une louve apeurée. J'avais perdu ma confiance, j'avais perdu le goût. J'avais envie de m'en aller comme toujours, de me retrouver seul à ne rien faire.
...je suis tombé voilà...pour l'autre...elle ne s'est pas cassée, mais elle a simplement frottée sur le sol...excusez-moi, ça vous dérange si j'y vais...je ne me sens pas si bien et j'ai cours...
Florence - Suivant votre état, j'ai transmis votre présence ici et j'ai fait annulé tous vos cours de la journée. Je vous conseille d'ailleurs de vous reposer demain, vous n'avez pas l'air au mieux de votre forme.
Je suppose que c'est le moins que l'on puisse dire quand on passe ses journées à s'évanouir et à pleurer. Je suppose que c'est le moins que l'on puisse dire quand on est persuadé d'être entré en relation avec une créature d'origine inconnue.
* Vous avez raison. Je ferai mieux d'y aller. Merci pour tout. Je passerais vous voir dès que je serai rétabli.
Cette phrase, émise par un souci de bienséance et de politesse, espérait néanmoins rester une vague promesse, tant je n'étais pas sûr de pouvoir l'assumer, ma phobie étant de ne pas savoir quoi dire.
Florence - Rentrez chez vous vous reposer. Ne vous en faites pas pour vos cours et votre absence, je m'occupe de tout, vous n'aurez qu'à venir me voir en fin de semaine pour régler les petits détails administratifs. Ravie d'avoir fait votre connaissance dans tous les cas et j'espère vous recroiser dans de meilleures conditions.
Il y avait tellement de naturel et de simplicité en elle que j'avais l'impression d'avoir affaire à une robotique tendresse. C'était un mélange de programme parfaitement intégré et de femme aux yeux clairs. Je devais, et ce malgré son apparente assurance, la libérer aussi d'un instant un peu trop piégeux. Quant à savoir où se trouvait le piège, je n'en savais rien, il fallait uniquement que je sorte pour de bon de cette drôle d'officine. Il fallait que je me retrouve en marchant seul, que je profite un brin de mon égarrement, comme quand j'allais avec mes yeux poètes au creux des jardins, sur des bancs malades de solitude, écrire des bêtises qui n'appartenaient qu'à moi. Secrètement, je voulais sans doute que l'apparition d'Adma elle-aussi n'appartienne qu'à moi, que je me le traîne jusqu'à la tombe avec le mince sourire cruel de celui qui a vu. Les couloirs sont passés à une vitesse folle. J'ai ensuite franchi l'arche sous un soleil reparaissant, et sans me soucier des flaques, et celui-ci eut à peine le temps de caresser mon front que déjà je remplissais la banquette maronnasse d'un wagon de métro. Il fallait que reprenne le cours de mes pensées, le temps et l'espace importaient peu. Ses pensées, c'était Adma en son entier et dans toutes les positions possibles et imaginables. Adma, c'était la folie qui valser dans mon sang et dont je ne pouvais me défaire. Repenser à lui, c'était comme aller chez son dentiste se faire arracher une dent, cela faisait mal mais c'était nécessaire. Il y avait en plus de cela, une façon toute bête de m'assurer de son existence. Faire ce qu'il avait dit et tracer son nom quelque part puis siffler. Mais faire ce qu'il avait dit c'était admettre qu'il avait dit quelque chose et je ne pouvais accepter cela facilement. Je me disais : On entre pas dans ma vie comme ça, il y a une raison à tout. Il fallait aussi que je comprenne qu'il y avait une folie à tout et que c'était cette folie qui scellait l'intensité, la force du moindre battement de coeur. Les stations défilaient, toutes les mêmes, les couleurs et les carrelages s'enchevêtraient dans un flou tellement opaque qu'il était impossible d'y prêter attention. Je ne voyais même plus mon reflet ni la bâtardise présente dans les yeux des quelques gens voyageant à cette heure. Il n'y avait plus que ma raison voulant balayer Adma et tout ce qu'il pourrait être et mon sang qui me dictait que c'était impossible de faire sans. Mon sang était certain, ma raison elle, par peur du trop d'enjeu, préférait douter. Mille fois je failli détacher le capuchon de mon stylo pour enfin tirer au clair toute cette histoire, mille fois je me suis dit que j'y verrai mieux le lendemain, que mon sang peut-être se serait calmé après une bonne nuit de sommeil, qu'Adma et que toutes les traces d'Adma auraient disparu de ma vie, qu'elle pourrait reprendre son cours. C'est par ailleurs sous une impulsion tout à fait supérieure que mon regard se posa et déchiffra enfin quelque chose à l'extérieur, le nom, l'ordre qui me faisait chaque soir m'arrêter et sortir de ces cabines de fer. J'arrivais à destination, une demi-heure c'était passé en un coup de vent et une infinité de tergiversations. En posant pieds sur le quai et en continuant ma marche trouble jusqu'à chez moi, une nouvelle sensation vint se joindre aux autres, toutes aussi tordues et déséquilibrées. J'avais comme l'impression que le sol se dérobait sous mes pieds, que je marchais sur une surface sous laquelle se découvrait l'horizon et avec lui une forte idée du vide. Plus je marchais, plus je tanguais, mes os étaient comme crispés à l'idée de tomber de si haut, à l'idée de ne plus pouvoir se coucher ou s'asseoir, de toujours devoir garder l'équilibre. Si bien que le mouvement s'échappa de mon corps, j'avais oublié comment l'on marche, j'étais un corps immobile et tremblant au milieu d'un quai d'où filaient des dizaines de corps véloces et pressés et de larges bandes blanches sur des rails étouffant des floppées d'étincelles. Je ne bougeais plus, j'étais sur la pointe des pieds, mes os, mes muscles, mon sang étaient tous secs, raides, sclérosés, mon cerveau était à l'abandon. Sous cette crispation extrême, les muscles tendus de ma main se remirent à me faire mal. On ne me viendrait pas en aide, le vertige était trop grand pour espérer acheminer la moindre ambulance. Mon crâne et mes rides d'expression se mirent eux aussi à être pris de spasmes ingérables. Bientôt et comme un soulagement, j'eus le réflexe de me laisser tomber par terre. Le sol était bien là, personne ne se souviendrait de ce moment à part moi, il n'y avait rien à craindre. Au contact de l'épaisseur uniforme du sol, mon corps se réveilla comme un chien à qui l'on lance un seau d'eau glacée en plein coït public. C'était peut-être ça ma façon de faire l'amour au monde passant, me figer comme une pierre douloureuse et attendre qu'un long doigt fin m'effleure pour que je m'écrase et explose en mille morceaux.
mercredi 20 mai 2009
Le lait
Le sang
L'eau
Le ciel couvert de minces croûtes blanches,
Un ciel de puzzle,
La chaleur caressante de l'herbe rase,
L'odeur de vinaigre sur le bout des doigts quand on cherche à avoir le dernier cornichon,
Les mots sur la vitre de la salle de bain tracés dans la buée,
Le parfum agréable d'un toast qui brûle,
Les jeux d'enfants des voisins qui sautent dans leur piscine,
Les CD qui tiennent sur la corde à linge,
Les oiseaux de cinq heures du matin et la porte du garage qui s'ouvre,
La blancheur fraîches sur les parcs,
Les soirées où mes anciens amis passent dans la rue, les poumons pleins,
Le toit de tuiles rouges, la forêt gigantesque, le ciel qui se déplace,
Tout ça derrière, ma fenêtre ouverte.
Le sang
L'eau
Le ciel couvert de minces croûtes blanches,
Un ciel de puzzle,
La chaleur caressante de l'herbe rase,
L'odeur de vinaigre sur le bout des doigts quand on cherche à avoir le dernier cornichon,
Les mots sur la vitre de la salle de bain tracés dans la buée,
Le parfum agréable d'un toast qui brûle,
Les jeux d'enfants des voisins qui sautent dans leur piscine,
Les CD qui tiennent sur la corde à linge,
Les oiseaux de cinq heures du matin et la porte du garage qui s'ouvre,
La blancheur fraîches sur les parcs,
Les soirées où mes anciens amis passent dans la rue, les poumons pleins,
Le toit de tuiles rouges, la forêt gigantesque, le ciel qui se déplace,
Tout ça derrière, ma fenêtre ouverte.
mardi 19 mai 2009
Lady Shotgun
Ce mausolée est vraiment une expérience à part. Déjà parce que maintenant il est truffé de pubs du style : 14,000 Filles Russes Formidables
Mais aussi parce qu'il n'a plus aucun sens ni ligne directrice excepté sa chronologie.
Et qu'encore, il se peut que je la brise parfois au détour d'un mot.
Parce que oui, des fois dans ton dos, je change un mot ou deux, j'enlève ou rajoute un "s", bref je peaufine.
C'est le mouvement perpétuel d'une création mutante !
Quant à Lady Shotgun, j'aime bien ce titre, je verrais bien un de mes mangas imaginaires s'intituler ainsi, Lady Shotgun et plus tard il y aurait Mister Revolver et autres conneries du même type sonnant comme des tempêtes de douceur à nos oreilles neutres.
*
µ
Julia d'Eric Zonca :
Déjà critique et plébicite de sa Vie rêvée des anges (voir dans ses pages), je me retrouve, en début de nuit et avec de la fatigue autour des yeux à regarder Julia, son dernier bébé. Et il n'y a pas à tortiller de l'abdomen et du scooter pendant cinq minutes pour comprendre que tous les réalisateurs français ne sont pas morts. Julia (Tilda Swinton, remarquable tant elle oscille toujours entre la sensualité, la froideur et la misère), femme un peu perdue, alcoolique à ses heures, s'embarque dans un houleux plan de kidnapping d'enfant. S'en suit une cavale extrêmement bien mené où toute l'haleine du film se trouve dans cette question : Mais quand est-ce que cela va tourner réellement au drame ? Et ce sentiment là, tendu comme du Hitchcock, n'est pas la seule force de ce film car il offre aussi une véritable réflexion sur le besoin de la mère et le besoin d'être une mère chez une femme. Même si on pourra lui reprocher assez facilement quelques grosseurs scénaristiques, il n'en reste pas moins un thriller social âpre et captivant qui garde une touche, grâce à tous ces gros plans et aux acteurs tous formidables, non de génie, mais bel et bien d'humanité. Une humanité à la Zoncka, pas toujours joyeuse, mais une humanité qui touche au coeur et c'est bien le moins que l'on demande à un véritable auteur.
Mais aussi parce qu'il n'a plus aucun sens ni ligne directrice excepté sa chronologie.
Et qu'encore, il se peut que je la brise parfois au détour d'un mot.
Parce que oui, des fois dans ton dos, je change un mot ou deux, j'enlève ou rajoute un "s", bref je peaufine.
C'est le mouvement perpétuel d'une création mutante !
Quant à Lady Shotgun, j'aime bien ce titre, je verrais bien un de mes mangas imaginaires s'intituler ainsi, Lady Shotgun et plus tard il y aurait Mister Revolver et autres conneries du même type sonnant comme des tempêtes de douceur à nos oreilles neutres.
*
µ
Julia d'Eric Zonca :
Déjà critique et plébicite de sa Vie rêvée des anges (voir dans ses pages), je me retrouve, en début de nuit et avec de la fatigue autour des yeux à regarder Julia, son dernier bébé. Et il n'y a pas à tortiller de l'abdomen et du scooter pendant cinq minutes pour comprendre que tous les réalisateurs français ne sont pas morts. Julia (Tilda Swinton, remarquable tant elle oscille toujours entre la sensualité, la froideur et la misère), femme un peu perdue, alcoolique à ses heures, s'embarque dans un houleux plan de kidnapping d'enfant. S'en suit une cavale extrêmement bien mené où toute l'haleine du film se trouve dans cette question : Mais quand est-ce que cela va tourner réellement au drame ? Et ce sentiment là, tendu comme du Hitchcock, n'est pas la seule force de ce film car il offre aussi une véritable réflexion sur le besoin de la mère et le besoin d'être une mère chez une femme. Même si on pourra lui reprocher assez facilement quelques grosseurs scénaristiques, il n'en reste pas moins un thriller social âpre et captivant qui garde une touche, grâce à tous ces gros plans et aux acteurs tous formidables, non de génie, mais bel et bien d'humanité. Une humanité à la Zoncka, pas toujours joyeuse, mais une humanité qui touche au coeur et c'est bien le moins que l'on demande à un véritable auteur.
lundi 18 mai 2009
Rêve Arobase
J'ai fait un rêve à Barcelone, où encore une fois je sentais, la ville, la mort, sous mes pieds.
Le moulin de Chirico, des pavés, le soleil déclinant, une chaleur étouffante et la faiblesse étourdie de mes jambes.
Le moulin de Chirico, des pavés, le soleil déclinant, une chaleur étouffante et la faiblesse étourdie de mes jambes.
jeudi 14 mai 2009
L'infirmière
Cochon qui s'en dédit docteur
Tes yeux sont ceux d'une bleue, plus bleus que le ciel !
Mais, elle est bien, cette petite !
Un camouflage optique ? Cet exosquelette !
Ca fait un bail Snake.
Mais qu'est-ce que !
Tes yeux sont ceux d'une bleue, plus bleus que le ciel !
Mais, elle est bien, cette petite !
Un camouflage optique ? Cet exosquelette !
Ca fait un bail Snake.
Mais qu'est-ce que !
lundi 11 mai 2009
Fast-food, pick-up & jeunes filles seules
Comme pour sauvegarder quelques grains de littérature, l'auteur des vidéos capables d'amorpher en virtuose mon pénible cerveau, vient de retirer toutes ses créations. Je vais donc devoir mener une vie on ne peut plus raisonnable, à marcher sur le feu, à te casser les seins.
De l'autre bout de l'océan,
Tu m'écriras des lettres
Donneras nouvelles du néant,
Moi je te donnerai nouvelles de l'être Charlie Otmin in son bain, 5h13 du matin
Charlie Botwin ?
Charlie Otmin ?
Il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant dans Otmin mais comment le prononcer ?
C'est l'absence, pire que la mort
Parce que tu n'es plus
Et que le coeur continue encore
A battre ses amours vertes
Aux silences détenus.
Antonin dans "son Théâtre" parle des filles de Loth, un tableau d'un primitif hollandais dont le nom doit être Leyden (mes yeux, fables fraîches, n'ont pas envie de vérifier), ce tableau, autant qu'il est violent, montre la fin du monde en arrière plan et les manières sensuelles de s'en défaire au premier et ce qui est drôle c'est que l'apocalypse qu'il dépeint, une simple lumière, fragment de magma, qui explose dans le ciel est absolument comparable à l'apocalypse qui parfois revient secouer mes rêves.
Comme quoi.
De l'autre bout de l'océan,
Tu m'écriras des lettres
Donneras nouvelles du néant,
Moi je te donnerai nouvelles de l'être Charlie Otmin in son bain, 5h13 du matin
Charlie Botwin ?
Charlie Otmin ?
Il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant dans Otmin mais comment le prononcer ?
C'est l'absence, pire que la mort
Parce que tu n'es plus
Et que le coeur continue encore
A battre ses amours vertes
Aux silences détenus.
Antonin dans "son Théâtre" parle des filles de Loth, un tableau d'un primitif hollandais dont le nom doit être Leyden (mes yeux, fables fraîches, n'ont pas envie de vérifier), ce tableau, autant qu'il est violent, montre la fin du monde en arrière plan et les manières sensuelles de s'en défaire au premier et ce qui est drôle c'est que l'apocalypse qu'il dépeint, une simple lumière, fragment de magma, qui explose dans le ciel est absolument comparable à l'apocalypse qui parfois revient secouer mes rêves.
Comme quoi.
jeudi 7 mai 2009
Another zombie story
Plus ma vie avance plus je pense que l'idée de nature est une bêtise. En tout cas, je peux dire simplement que le cerveau est un jouet facile à abuser. Je me suis en effet livré un peu contre mon gré, à une expérience tout à fait nouvelle. J'ai passé dix heures à regarder exclusivement des images de zombie et d'horreur. A la chaîne, comme l'esclave d'orange mécanique. Et il y a bien quelque chose d'absolument machinal dans notre belle cervelle puisqu'à peine couché, il ne me revenait que des images et des pensées liées à ces mêmes images et pensées consommées quelques heures auparavant. Mon cerveau dictait des phrases telles que : il y a un zombie là, je vais l'éliminer, ensuite je vais devoir brûler son cadavre puis j'irai chercher le rubis. Les seules forces imaginatives restantes étaient à se demander les faiblesses "réelles" de ces mêmes zombies. Mon sommeil en fut des plus agréables, le danger étant, quoi qu'il arrive, fabuleux et l'esprit ayant été cerné. Je crois que je comprends un peu plus et un peu mieux les crimes de toute consommation massive de n'importe quelle chose extérieure. Je crois aussi que c'est un remède parfait pour les insomnies en tout genre de pouvoir focaliser aussi bêtement notre grand sympathique. Mais il y a une part en moi qui se demande si une majorité de l'humanité n'a pas à un moment où un autre, mangé du zombie, au travail, à la messe ou devant la télévision. Et si dans la belle vie, dans la femme qu'on aime, il n'y a pas déjà quelque chose qui nous putréfie en profondeur.
La garde-malade
Mes yeux s'ouvrirent comme des plaies, fatigués qu'ils étaient par quelque chose de plus de poids que la fatigue, quelque chose de moins européen, une fatigue différente de celle qui fait baîller par souci d'air, de celle qui fait pencher de la tête comme une figurine désarticulée. C'était plutôt le réveil d'un malade, de quelqu'un dont tous les os et toutes les humeurs sont douloureuses, dont quelque chose de grave, de triste et d'incurable se réveille au moment où le corps redémarre. Je me sentais bien plus blessé que je ne l'étais et sur moi, comme par contraste, se trouvait un regard blanc aux cernes rousses, celui d'une femme que je n'avais jamais eu l'occasion de croiser dans quelque couloir que ce soit. J'étais sur un lit trop petit pour moi, j'étais tout habillé sur ce sommier de neige, ma main gauche était mieux bandée qu'à ma sortie de l'hôpital, elle était enfouie sous un manteau de cotons divers, il y faisait chaud comme dans le cou d'une femme. Mon autre main, souffrant elle de stygmates plus légers, était recouverte d'une petite dizaine de pansements de toutes tailles. Lâchant un peu la tendresse des longs yeux blancs, lâchant un peu cette mère de fortune car la mère sait tout sur vous, elle sait à vos crispations et à vos salissures que votre genou est écorché et il ne lui faut pas longtemps pour que tout sente la douceur et le chocolat chaud, j'ai inspecté un peu la pièce. Nous étions à l'infirmerie, lieu parfaitement étranger pour moi, étant donné la non prégnance du risque dans mon existence. A ma gauche, quasiment contre mon flanc, se trouvait une large fenêtre aux rideaux beiges et fins tenus par une tringle que l'on ne voyait pas, cette fenêtre promettait un horizon où les nuages cavaliers de la foudre, versaient avant l'orage une délicate pluie de paix. Combien d'heures avais-je dormi ? Cet être était-il réel ou m'étais-je simplement écrouler à un moment, rêvant comme un enfant à ce monstre philosophe ? M'étais-je bien brisé les doigts de cette main là hier ? Telles étaient mes questions mais pour commencer, on répondit à l'une qui ne m'intéressait pas :
- Je m'appelle Dahlia, Florence, Donna Haraway. J'espère que vous allez mieux.
Je n'eus à répondre en premier lieu qu'une faible prostration où cette fois-ci, ce fut à mon tour d'écarquiller jusqu'à l'exagération.
Dahlia, Florence, Donna Haraway - Je passais dans le couloir et j'ai entendu toute une classe rire et s'ébattre, je suis rentré et j'ai vu qu'il y manquait le prince, autrement dit vous, je leur ai demandé ce qui s'était passé, il se contentait de ricaner de concert jusqu'à ce que l'un d'entre eux me disent que vous aviez eu la trouille et que vous étiez parti. J'ai alors décidé de vous chercher et ce ne fut pas tâche trop dure puisque très vite au bout de ce même couloir je me mis à entendre comme des filets de voix. Ces derniers rampaient par les toilettes des hommes, j'y suis rentrée, curieuse et prudente mais je n'y ai rien trouvé. Parce que je ne suis pas détective et que ce n'est pas mon travail, je suis retournée à cette infirmerie où vous étiez déjà comme une boule sur ce lit. La question que je me pose et même si votre haleine prouve le contraire c'est, est-ce que vous avez bu ?
Terrifié, enseveli sous l'horreur d'une telle déclaration, qui semblait acclamer la réalité d'Adma puisqu'il fallait l'appeler comme ça, puisqu'il existait, puisque tout le monde ici-bas était d'accord pour l'appeler Adma, j'étais certain de ne plus réussir qu'à bredouiller et à tourner en rond jusqu'à la fin de mes jours. Mais comme souvent sous l'affliction, mon cerveau se brancha sur une autre fréquence.
* Tout d'abord, ou Dahlia, ou Florence, ou Donna, je dois dire que vous parlez très bien pour une garde-malade. Ensuite et pour répondre, non je n'ai absolument rien bu à part un maigre verre de vin hier au déjeuner. Je ne sais pas ce que je fais ici mais j'étais effectivement parti aux toilettes, mes élèves n'ayant apparemment pas compris que j'étais coupable d'une envie pressante. Après cela, je ne me souviens de rien.
Encore une fois, je mentais comme dans un livre et mon Moi dans sa globalité, planait au-dessus de moi, tenu par cent marionnettistes de fantasmagorie. L'envie pressante était d'échapper à la douleur toujours et de fuir pour de bon cet arlequin bleu qui semble tout savoir. Et il ne faut pas oublier que j'ai bu, j'ai bu mes larmes à tonneaux, j'ai bu la folie au goulot comme le ferait l'orgiaque ou le débile.
Dahlia, Florence, Donna Haraway - Il serait aimable à vous de m'appeler par mon nom de ville et non de fleur et je dois dire que même s'il n'est pas dans mes compétences de prédire les physiologies, il m'apparaît plausible que dans ces toilettes et suite à la douleur et tous ces doigts cassés, vous vous soyez évanoui. La chose que je n'explique pas c'est, qui à bien pu vous amener ici et d'où sort cette famille de coupures sur votre deuxième main. Ah oui et pour votre gouverne, même si l'allure relativement oisive de mon métier me pousse au bien parler, je ne reste tout de même qu'une simple infirmière.
- Je m'appelle Dahlia, Florence, Donna Haraway. J'espère que vous allez mieux.
Je n'eus à répondre en premier lieu qu'une faible prostration où cette fois-ci, ce fut à mon tour d'écarquiller jusqu'à l'exagération.
Dahlia, Florence, Donna Haraway - Je passais dans le couloir et j'ai entendu toute une classe rire et s'ébattre, je suis rentré et j'ai vu qu'il y manquait le prince, autrement dit vous, je leur ai demandé ce qui s'était passé, il se contentait de ricaner de concert jusqu'à ce que l'un d'entre eux me disent que vous aviez eu la trouille et que vous étiez parti. J'ai alors décidé de vous chercher et ce ne fut pas tâche trop dure puisque très vite au bout de ce même couloir je me mis à entendre comme des filets de voix. Ces derniers rampaient par les toilettes des hommes, j'y suis rentrée, curieuse et prudente mais je n'y ai rien trouvé. Parce que je ne suis pas détective et que ce n'est pas mon travail, je suis retournée à cette infirmerie où vous étiez déjà comme une boule sur ce lit. La question que je me pose et même si votre haleine prouve le contraire c'est, est-ce que vous avez bu ?
Terrifié, enseveli sous l'horreur d'une telle déclaration, qui semblait acclamer la réalité d'Adma puisqu'il fallait l'appeler comme ça, puisqu'il existait, puisque tout le monde ici-bas était d'accord pour l'appeler Adma, j'étais certain de ne plus réussir qu'à bredouiller et à tourner en rond jusqu'à la fin de mes jours. Mais comme souvent sous l'affliction, mon cerveau se brancha sur une autre fréquence.
* Tout d'abord, ou Dahlia, ou Florence, ou Donna, je dois dire que vous parlez très bien pour une garde-malade. Ensuite et pour répondre, non je n'ai absolument rien bu à part un maigre verre de vin hier au déjeuner. Je ne sais pas ce que je fais ici mais j'étais effectivement parti aux toilettes, mes élèves n'ayant apparemment pas compris que j'étais coupable d'une envie pressante. Après cela, je ne me souviens de rien.
Encore une fois, je mentais comme dans un livre et mon Moi dans sa globalité, planait au-dessus de moi, tenu par cent marionnettistes de fantasmagorie. L'envie pressante était d'échapper à la douleur toujours et de fuir pour de bon cet arlequin bleu qui semble tout savoir. Et il ne faut pas oublier que j'ai bu, j'ai bu mes larmes à tonneaux, j'ai bu la folie au goulot comme le ferait l'orgiaque ou le débile.
Dahlia, Florence, Donna Haraway - Il serait aimable à vous de m'appeler par mon nom de ville et non de fleur et je dois dire que même s'il n'est pas dans mes compétences de prédire les physiologies, il m'apparaît plausible que dans ces toilettes et suite à la douleur et tous ces doigts cassés, vous vous soyez évanoui. La chose que je n'explique pas c'est, qui à bien pu vous amener ici et d'où sort cette famille de coupures sur votre deuxième main. Ah oui et pour votre gouverne, même si l'allure relativement oisive de mon métier me pousse au bien parler, je ne reste tout de même qu'une simple infirmière.
mercredi 6 mai 2009
Prendre un kebab par la main
Rien que pour vos cheveux de Dennis Dugan :
Quand les pères d'Happy Gilmore (Dugan et Sandler) remettent ça en imaginant l'histoire d'un agent du Mossad souhaitant à tout prix devenir coiffeur pour dames en Amérique (afin de rendre les cheveux soyeux comme de la soie), ça déménage un max ! Sans rire, on y rit.
*
Au-delà de ça ///
Les rayons ///
Meurent ///
Dans la dentelle ///
Et la Pieuvre ///
Attend ///
Son bouche à bouche /// LARMES
Quand les pères d'Happy Gilmore (Dugan et Sandler) remettent ça en imaginant l'histoire d'un agent du Mossad souhaitant à tout prix devenir coiffeur pour dames en Amérique (afin de rendre les cheveux soyeux comme de la soie), ça déménage un max ! Sans rire, on y rit.
*
Au-delà de ça ///
Les rayons ///
Meurent ///
Dans la dentelle ///
Et la Pieuvre ///
Attend ///
Son bouche à bouche /// LARMES
lundi 4 mai 2009
Il suffit d'être une fleur !
Etais-je mort ?
Ou bien en vacances loin de toute civilisation connue ou à venir ?
Ne suis-je pas mort un peu, dans cette petite pièce de mon cerveau que rien ne parvient plus à éclairer ?
Cette pièce qui quelquefois sécrète des larmes qui ne me rappellent à rien,
Ai-je à écrire ce roman ou à le modifier, sans arrêt, avant même que la plume touche l'encre ?
Avant même que la pression sur toutes ces touches grises forment un ensemble graphique tout à fait compréhensible,
Dois-je me contenter d'être un de ces fauteuils remplis de plus dans la fumée du cirque d'hiver où défilent des modèles, où éclatent des applaudissements pour je ne sais quelle raison, parce que qui pour porter ça, qui pour être ému par tant de fanfreluches bâtardes et mainstream ?
A vrai dire, j'ai perdu le réflexe d'écrire à tout bout de champ comme j'ai perdu une bonne centaine d'autres réflexes, j'ai fait vieillir un peu le vin et cette pièce, qu'est mon innocence, git désormais sous la boue.
Il n'y a pas de mal à vieillir un peu, tant que l'on voit la couleur, tant que l'on croit la lumière.
"Pour moi, vous devez être capable de défendre becs et ongles, que le noir est blanc et que le blanc est noir"
Il s'agit là d'un vieux serment japonais réutilisé quelquefois par des yak' réac'
J'ai fait ce même serment à la littérature, pour elle, je suis capable de défendre les pires bêtises, les pires créations.
Comme de me croire vieux alors que j'ai à peine vingt ans (comment ça 21 ?).
Paris est une ville pour moi parce qu'elle pousse à l'action je crois et j'espère aussi, à la survie,
Survie dans son second sens mon bel ami, je vis déjà assez comme ça.
Antonin Artaud est tellement talentueux que j'en souris parfois même à l'avance,
Actuellement, c'est, le Théâtre et son Double qui m'arrache de larges sourires de jouisseurs prétentieux. C'est parce qu'il est perspicace, doué d'un talent sans pareil pour camoufler de l'or dans la plus pleine des viscères, et profondément sexuel et qu'il sait, que depuis le début, l'homme va contre l'homme.
Toutes nos forces sont restées à la frontière au profit d'un goût certain pour la fourchette à gauche, manche vers le bas, et un respect d'aliéné pour les feux et signaux en tout genre.
Je suis toujours étonné quand, au carrefour, tout se passe normalement, sans essieux qui s'embrochent, sans réservoirs qui flambent, sans pare-brise se réfugiant dans le front du plus proche. Le vert fait voltiger le rouge, pédales et volants sont actionnés simultanément dans des symphonies de nerfs où colère et peur de la mort sont très habilement mis sous cloche et gardés sous contrôle. Le monde ira mieux je pense quand les pulsions meurtrières de tous ces automobilistes seront un peu plus exprimées. D'ici là, trop de folie, peu d'orgie.
Ne sommes-nous pas nés d'un terrible empestement charnel et non de siestes malades dans des hôtels nickels ?
Le froid dans le dos, je pourrais appeler ça.
J'ai une pièce aussi avec ce froid dans le dos,
Une pièce avec le choix du monstre,
Une pièce avec toutes les raisons aussi minces que du verre qui vont me faire naturellement quitter ce clavier nu.
Ou bien en vacances loin de toute civilisation connue ou à venir ?
Ne suis-je pas mort un peu, dans cette petite pièce de mon cerveau que rien ne parvient plus à éclairer ?
Cette pièce qui quelquefois sécrète des larmes qui ne me rappellent à rien,
Ai-je à écrire ce roman ou à le modifier, sans arrêt, avant même que la plume touche l'encre ?
Avant même que la pression sur toutes ces touches grises forment un ensemble graphique tout à fait compréhensible,
Dois-je me contenter d'être un de ces fauteuils remplis de plus dans la fumée du cirque d'hiver où défilent des modèles, où éclatent des applaudissements pour je ne sais quelle raison, parce que qui pour porter ça, qui pour être ému par tant de fanfreluches bâtardes et mainstream ?
A vrai dire, j'ai perdu le réflexe d'écrire à tout bout de champ comme j'ai perdu une bonne centaine d'autres réflexes, j'ai fait vieillir un peu le vin et cette pièce, qu'est mon innocence, git désormais sous la boue.
Il n'y a pas de mal à vieillir un peu, tant que l'on voit la couleur, tant que l'on croit la lumière.
"Pour moi, vous devez être capable de défendre becs et ongles, que le noir est blanc et que le blanc est noir"
Il s'agit là d'un vieux serment japonais réutilisé quelquefois par des yak' réac'
J'ai fait ce même serment à la littérature, pour elle, je suis capable de défendre les pires bêtises, les pires créations.
Comme de me croire vieux alors que j'ai à peine vingt ans (comment ça 21 ?).
Paris est une ville pour moi parce qu'elle pousse à l'action je crois et j'espère aussi, à la survie,
Survie dans son second sens mon bel ami, je vis déjà assez comme ça.
Antonin Artaud est tellement talentueux que j'en souris parfois même à l'avance,
Actuellement, c'est, le Théâtre et son Double qui m'arrache de larges sourires de jouisseurs prétentieux. C'est parce qu'il est perspicace, doué d'un talent sans pareil pour camoufler de l'or dans la plus pleine des viscères, et profondément sexuel et qu'il sait, que depuis le début, l'homme va contre l'homme.
Toutes nos forces sont restées à la frontière au profit d'un goût certain pour la fourchette à gauche, manche vers le bas, et un respect d'aliéné pour les feux et signaux en tout genre.
Je suis toujours étonné quand, au carrefour, tout se passe normalement, sans essieux qui s'embrochent, sans réservoirs qui flambent, sans pare-brise se réfugiant dans le front du plus proche. Le vert fait voltiger le rouge, pédales et volants sont actionnés simultanément dans des symphonies de nerfs où colère et peur de la mort sont très habilement mis sous cloche et gardés sous contrôle. Le monde ira mieux je pense quand les pulsions meurtrières de tous ces automobilistes seront un peu plus exprimées. D'ici là, trop de folie, peu d'orgie.
Ne sommes-nous pas nés d'un terrible empestement charnel et non de siestes malades dans des hôtels nickels ?
Le froid dans le dos, je pourrais appeler ça.
J'ai une pièce aussi avec ce froid dans le dos,
Une pièce avec le choix du monstre,
Une pièce avec toutes les raisons aussi minces que du verre qui vont me faire naturellement quitter ce clavier nu.
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