Tu sais dans la littérature
Et dans toute histoire, y'a pas 36voies.
C'est la vie et son emprunte légère,
La mort et son long manteau
Ou l'entre-deux...
C'est l'amour ou la mort
Ou l'entre-deux...
Le moment faible.
Donc au fond il n'y a pas infinité de concept,
Il n'y en a que foutu deux.
La mort, le gel de tout, le marteau qui éclate la tempe,
La vie, l'herbe rafraîchie par le soleil, la cambre,
De là, il y a des hommes et des femmes (mais surtout des hommes)
Qui ont voulu raconter cela.
Il se sont d'abord servis de Dieux et d'animaux,
De ducs et de comtesses,
De princes et de reines,
De marquis et de courtisanes,
De bons partis et de chastes,
De guerriers et de veuves,
De soldats et d'infirmières,
De papas et de mamans,
De frimeurs et de pétasses...
Il a toujours été question de modifier la forme
Le fond lui, reste inchangé.
Que des questions sociales majeures s'y accolent
N'est que zèle d'écolières.
La vie. La mort.
L'entre-deux.
Alors pour modifier la forme,
On est allée très loin,
Dans l'espace et dans le bas de nos rues,
Dans le futur et dans le fantasme,
Dans les clubs et dans les caves,
Dans les paradis terrestres,
Dans les noirs et dans les juifs,
Dans les écoles et dans les pestes...
Ce qui a amené à un épuisement
Prévisible des possibilités formelles
Ce n'est pas étonnant de se retrouver en face de TORTUES MUTANTES ET ADOLESCENTES
De voir la Faucheuse descendre sur Terre,
Pas étonnant de voir que certaines pages de certains livres
Ne couvrent qu'un seul mot,
Pas étonnant de découvrir l'ABSURDE
Et son malhabile penchant :
Le témoignage direct, qui en grec se dit Autopsie.
L'ABSURDE appartient autant au rêve que la Réalité,
La réalité étant de toute manière traversée par le rêve.
Si l'on se confesse maintenant
C'est pour relater.
Précautionneusement
Une somme de faits plus ou moins atroces,
Plus ou moins incroyables.
On en oublie de réfléchir.
On se contente d'aller le long d'un fil reconnaissable.
On suit une intrigue qui se réglera à coup sûr,
On regarde un film qui se terminera,
On sortira de là sans secousses
Comme après mille autres actions de la vie quotidienne.
Est-ce là l'effort, la nuisance que l'art se doit d'apporter ?
L'art doit-il être une de ses affiches que l'on observe
Inattentif avant de débarquer ?
L'art ne doit pas rendre fou,
Il doit rendre sain, être sain c'est avoir
Quelque chose à penser de différent.
Avoir quelque chose à penser qui ne soit pas longuement mâché
Par les crocs des machines,
Ces machines sont autant les médias que les gens qui nous entourent.
Ils nous déséquilibrent et tout le jeu
Consiste à se tenir,
Avec eux.
L'art doit faire tiquer les plus récalcitrants,
Il doit servir la vie,
Rendre frénétique le moindre matin,
Rendre morose le départ,
Rendre mordantes les journées perdues,
Rendre dure la faillite,
Il doit donner des formes particulières
Aux idées simplissimes.
Il doit saler notre course idiote.
Faire que merde, les passants cessent de passer
Une seconde, une seconde,
Pour vomir un délire,
Ce que l'on va mourir !
Ce que l'on va mourir !
Nous aurons laissé par-delà de Nous
Nos visions,
Nos euphories,
Nos blases,
Nos façons de danser,
Comprenez-les
Et inventez vos pas.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire