vendredi 24 octobre 2008

Cauchemar en devenir : La terrible et authentique histoire de Matty Sénégal

J'ai fait les plus grandes études. Je les ai lâché en cours de route. J'ai été perché dans des arbres, dingue la chloro, dingue le vert, dans des habits bleu marine trop courts pour moi. J'ai fait du cheval, j'en ai sauté des obstacles, ce que j'aimais leur odeur, chaude comme devrait être celle de l'humain. J'ai écrit des lettres d'amour alors que la pluie allait tranquille à la fenêtre nuit d'automne. J'ai écouté une centaine de chansons différentes sur le chemin de mon école et chaque jour c'était bon. J'ai chanté devant quelques filles, ma voix avait un petit quelque chose, de bizarre, de grave, de touchant, même une qui m'a dit que je devais faire ça, même des plusieurs qui m'ont dit que je devrais faire de la scène, des histoires, conter, faire se bidonner les classes de concert. Je n'ai jamais frappé que mes frères ou des faibles, des nés pour se faire pourrir. J'ai fumé ma première clope dans une maison brûlée avec une brochette d'amis, on devait crapoter. J'en ai fumé quantité d'autres le long du canal, certains de comprendre un paquet de choses. Dans la mélancolie, le coulant des lumières. J'ai vu floppées de films sans consistance, rendu des devoirs en retard, décroché des 12, des 13, des 17, deux ou trois 20, des images, des bons points, des bonnes appréciations, des blâmes, des retenues. J'ai roulé des patins à des pas croyables, j'ai rêvé un nombre à lier de femmes à qui je n'ai jamais osé adresser la parole, même qu'elles étaient toutes à côté, même que je sentais leur pouls, leur poitrine, c'était au-dessus de mes forces. Malsain l'avalanche d'évènements et d'actions qui sous le glaçage du temps se sont révélés être au-dessus de mes forces. Je n'ai jamais joué au petits soldats, toujours aux figurines. J'ai pris une dizaine de cuite, j'ai peut-être violé une...enterré...non, vomis, suées, tête basse, rien de plus, j'ai jamais été bon pour l'alcool. J'ai dansé un slow avec ma prof de littérature, comme j'aurais aimé être un homme à ce moment-là, lui dire je ne sais pas, ce qu'on dit aux amantes, je ne désire que vous, un de ces sacrés barratins. J'ai vendu pas moins de trente-et-un jouets à un excentrique sur Ebay. J'ai dormi six heures avec elle et ses belles boucles blondes. Je l'ai regardé dormir pendant 53minutes. J'ai demandé une ou deux fois ma direction à un officier de police et chaque fois, on m'a indiqué un plan qui se trouvait juste derrière moi. J'ai reçu quatre cartes gratinées pour mon anniversaire. Une carte de Milan où se trouvait Laeticia, une carte du pays Basque où crânait Emma, une carte de London où Debbie avait posé bagages, une carte d'Australie où Oli s'emmerdait, une carte de mon oncle à la neige où il faisait le service minimum. J'ai fait sembler de pleurer à la mort de Lady Di et mon père m'a cru. J'ai tenu des propos racistes au moins six fois dans mon enfance sous le coup de la colère. Je n'ai jamais aimé faire l'amour protégé. Je ne me suis jamais abonné à aucun magazine. J'ai tenu la main à Naïs pendant 5secpndes avant que nous ne soyons déjà plus un couple. J'ai fermé ma porte un nombre incalculable de fois pour pouvoir me masturber sans danger. J'ai été exécrable avec mes frères presque tout le temps parce qu'ils ne pigeaient rien. J'ai mis longtemps à comprendre que c'était moi qui ne pigeais rien. J'ai su que c'était la vie quand j'ai vu la mer détaler et que mon coeur rebondissait dans tous les coins de ma cage thoracique. J'ai appris le piano pendant deux ans avant d'abandonner. J'ai donné à Rose le surnom de : Phénomène. Je n'ai jamais rencontré de stars, enfin pas de vrais. J'ai pris le métro sur toutes les lignes, tous les arrêts, toutes les heures. Je n'ai jamais rencontré personne dans le métro. J'ai fait du printemps ma saison préférée. J'ai toujours pris son d'éviter Nietszche et les romantiques pour m'attarder sur la Beat Génération. J'ai faillit crever quand j'ai entendu "Green Island Never Turns White" la première fois. Je n'arrive pas à supporter le silence. J'ai peur d'Amsterdam. J'ai peur qu'on me traite comme de la merde parce que j'ai peur d'être de la merde. J'ai brisé une pile d'assiettes une fois par plaisir et j'ai accusé mon petit cousin. J'ai peur des accidents de voiture, le soir par nationale, défoncés, fauteuils roulants, soupe matin midi et...J'ai peur qu'on ne se souvienne pas de moi. J'ai peur qu'on se souvienne de moi comme d'un bonhomme timoré, un épicurien inassouvie, un amant morbide...J'aime bien le matin quand elles portent mes chemises. Je n'ai jamais cru en Dieu ce qui ne m'empêchait pas de prier. J'oublie toujours l'année de découverte de l'Amérique. 1000 oui mais combien 17...16...1784...beurk. J'ai toujours aimé quand la soirée annonçait quelque chose de neuf, Noël, les cieux bleus et froids, un appart' avec de la bonne musique, des merveilles à portée de mimines. J'ai, étant petit, très longtemps eu peur en regardant Ghostbusters. J'ai la douloureuse certitude que l'homme m'ennuie. J'ai été à une fête où l'on attendait que moi et tout brillait, tout me réussissait, tout, femme, travail, amitié et dans le désordre. Famille aussi. J'ai craqué pour elle alors que je me vautrais dans les escaliers. J'ai pas compris comment elle est partie, c'est sûr...elle ne m'attend plus ?...c'est sûr. J'ai été le plus jeune journaliste à intégrer l'équipe de ce foutu radeau médiatique qu'était "l'Overall Magazine". J'ai tout rendu à temps, j'ai été apprécié et un jour on m'a débarqué sans raison suffisante. J'ai commencé les Dures et un an plus tard je me retrouvais sur la côte est, à plusieurs milliers de kilomètres de mes petites misères et de mes parents endormis devant des shows absurdes. J'avais maigri peut-être ou grossi, et j'étais à l'arrière d'un van à me faire sucer par une portoricaine bavarde sous l'objectif d'une caméra DV tenu par un homme que j'avais croisé un jour...je ne sais plus où...et je débitais des phrases tandis que mon membre se mettait à durcir de plus en plus sous les caresses de...quel est son nom ?...et sous ses assauts salivaires grandioses...je lui demandais si ça lui plaisait de sucer une queue française...J'avais dans l'ambition de ne pas renflouer le poison mondial...J'avais dans l'idée d'être un chanteur émouvant derrière un piano bleu pétrole...ma chose vibrait dans sa bouche...pour quelques dollars, je deviendrais un encart sur un site porno de plus, on me téléchargerait...mon membre et ma voix et les adolescents de Bombay, Moscou ou Taninges s'évaderaient en espérant un jour être à ma place sous le corps tané de cette pro dans ce van craspec...J'ai des mélodies, des refrains que je composais étant plus jeune, ils me reviennent en tête...ça s'appellait..."I'm dreaming of a white wedding", un accord de guitare plus tard on y était...que c'était bon. Elle sur ma carcasse disparue et moi en train de charmer la place...

Wake Up
His in your life
...

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