Jennifer, une jolie blonde, élancée, mannequine ou presque, m'a un jour livré une prophétie :
La femme de ta vie aura les cheveux bouclés.
Et depuis ce jour, inconsciemment ou consciemment, je vis en me penchant un peu plus tendrement à chaque fois sur les porteuses de boucles brunes (car je n'aime que les brunes).
J'étais donc dans mon train, comme toujours, quand mes yeux croisèrent le visage délicat de cette fille aux teint doux et aux boucles parfaites. Je la trouvais jolie, très jolie et par instinct et pour ne pas la perdre des yeux, je décidai de m'installer à un siège d'elle à côté d'un vénérable homme de couleur. Le voyage perdura et malheureusement, une blonde s'était immiscée en prenant l'unique place qui nous séparait. Je l'avais donc un peu oublié, ne pouvant plus la voir et écoutant ma musique (Lisa Gerrard) et lisant mon livre (L'ombre venue de l'espace, nouvelle écrite à "quatre mains" par feu Lovecraft et feu August Derleth). On annonçait mon gare, je me levais, la cherchant définitivement. Elle ne jugea pas bon de lever les cils vers moi et je dus bon gré mal gré descendre sur le quai. Je marche et naïvement je regarde une dernière fois vers la fenêtre, autant dire vers elle. Et là, merde, elle me regardait, ses deux yeux pleins étaient plantés dans les miens alors que les portes se fermaient et que les différentes mécaniques assurant le mouvement se mettaient à nouveau en branle. Elle me regardait intensément, petits yeux chauds, comme une mère, une soeur, une amante, un amour de jeunesse, un amour tout court, la solution finale. C'était chose horrible, il faut le dire, que de me dévisager ainsi, sachant que j'allais l'aimer immédiatement. Je l'aimais, je l'aimais comme la vie, comme ce qu'est la vie, cette quête ridicule de ces mêmes yeux, de ce rêve de paix constante qu'il y a dans les yeux des femmes. Elle savait qu'elle incarnait cela, en partant vers l'infini, vers des destinations froides que je ne veux pas connaître, elle savait que j'allais tout faire désormais pour la retrouver. Elle savait que j'allais être obsédé, amoureux, possédé, détroussé de mes forces par la douceur de son regard. Elle savait tout cela et elle l'a fait car elle voulait ma mort, car elles veulent ma mort.
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