C'est un horrible et sédicieux. Il commence par l'apparition du père (Gene Hackman) dans la famille Tennenbaum dans la même ville que dans "Substance Mort" que je lis en ce moment. Celui-ci dit qu'il est malade, et je le comprends, et nous buvons du café. Ensuite, je me retrouve dans ma cuisine, et ma famille tout autour de la table me demande de tuer un mec, un cousin qui semble attardé. Il est marrant de voir que par habitude j'appelle cousin tous ceux qui ont un scarabée dans la cafetière. Alors je le fais, avec un couteau à beurre, je lui fais des trous partout, atrocement. Pas de cris, peu de sang. Il meurt, fin.
...
Je crois que j'ai besoin de solitude. Je n'aime pas réellement les gens. Ce n'est pas qu'ils m'ennuient mais jamais hormis dans ta propre aventure, je n'ai jamais ressenti le moindre sentiment de tranquillité. J'exclus en cela les femmes et tout le bagage amoureux que je peux y inclure. J'aime marcher. Guetter les heures fauves et écrire des poèmes. J'aime prendre des trains en étant malade de ma propre pensée. J'aime imaginer comment sera le monde affecté par ma voix, comment les journalistes se comporteront pour m'accueillir, comment un tel ne baissera pas les yeux, comment un autre osera, etc...J'aime imaginé cette foutue petite célébrité qui tuerait tout ce que je ne pourrais jamais être. Il ne faut pas mettre au pas ma misère, mon échec. C'est en cette perte que se situe mes dents, ma gorge, mon larynx. C'est dans cette chambre à la fenêtre ouverte et au rideau fermé, dans ces bouts d'ongles disposées sur cette moquette mille fois sali par l'eau, le lait, la jouissance...c'est dans ces toiles d'araignées que j'aspire une fois par mois en pensant être un gladiateur romain ou quelque chose dans le genre, c'est dans chaque fois que je balance un verre par terre, chaque fois que je suis lâche, chaque fois où je n'arrive pas à avoir une conversation normale, où je me sens planer sans rien prendre. Les gens n'aiment pas. Ils restent assis sagement devant l'écran, ils ficellent un paquet de salives et de suçons. Ils ne sentent pas l'herbe les cueillir, leurs coeurs battre comme une armées de bombe H. Les gens n'aiment pas, ils vont au travail, s'engueulent, se consolent, pratiquent la levrette ou se disent des mots tendres. Ils vont au cinéma et si l'actrice sortait de la toile pour s'offrir au mari, le mari hésiterait, c'est cette hésitation qui m'indigne. J'ai vu des gens s'ouvrir les veines pour des reines impossibles. Ils étaient avec elles, nous étions avec elles, leurs seins nous permettaient de ressentir quelque chose en écoutant des chansons tristes. Elles sont parties et la vielle est venue, avec elle, plus aucun moyen d'intimité, c'est la foire, faut trouver le bon soir, la bonne fille qui t'emmenera danser jusqu'au fond, et faut boire et faut boire, pour l'exemple. Se gâcher, gaspiller son temps dans des délibérations carrées sur l'avènement incoercible de l'idiotie humaine généralisée. S'exclure, sans argents, sans coeurs brisées.
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