Adma - Tu serais pas un petit peu malade par hasard ?
* - Sûrement...mais tout ça c'est à cause de toi.
Adma - A cause ou grâce ?
* - ...
Adma - Tu préfères peut-être ta vie d'avant avec toute sa fadeur, avec toute sa vanité. Tu préfères peut-être ne rien faire et ne rien être plutôt que d'exister, même par l'extrême.
Il continuait à m'agacer mais quelque part, loin derrière sa bouche hideuse et ses paroles de je sais tout, il devait avoir raison.
Adma - Je ne suis pas là pour te dire quoi faire, non, je suis uniquement là pour te dire que l'existence ne doit pas être une chose fermée et protégée mais belle et bien une explosion. Tu sais, vivre ce n'est rien d'autre qu'un grandiose chamboulement atomique, qu'une facétie du hasard et pourtant, et pourtant, nous pouvons ressentir des choses très fortes alors autant en profiter.
* - Tu parles comme si tu étais humain comme si tu savais à quel point la vie pouvait être compliquée, tordue, impossible. Mais tu ne le sais pas, non, tu ne le sais pas, que chaque pas au dehors est comme une mort pour moi, que tous les mots qui sortent, que tous ces mots qui sortent, sortent comme des énigmes et non comme des solutions. Tu ne sais pas que rien est simple et que la vie est très habile quand il s'agit de balayer l'humain.
Adma - Rien n'est simple peut-être mais tout n'est pas si dur. Quand tu courais tout à l'heure, j'ai pu lire en toi un peu de simplicité. Tu dévorais l'instant et ça n'avait pas l'air d'être un effort impossible à produire ou à reproduire alors pourquoi ne cours-tu pas plus souvent ? Pourquoi manges-tu toujours avec la moitié de tes dents ? Qu'est-ce qui a bien pu te balayer ? En résumé, où est ton drame ?
Mes émotions luttaient comme deux chiens autour d'un os luisant, je ne savais plus le vrai du faux, je ne savais plus si je devais haïr cette étrangeté parlante ou simplement la prendre dans mes bras pour ne plus la lâcher et le pire de tout, je ne savais pas du tout comment répondre à cette question. Comment était-ce venu ? Comment tant de peurs et d'hésitations avaient trouvé le chemin jusqu'à ma poitrine et mes tripes ? Comment avais-je déserté la route de ceux qui osent ?
Adma - Tu ne vois pas ? Ce n'est pas grave, ça reviendra. Partons d'ici tout d'abord et allons discuter là où tu seras tranquille.
Sans prendre en compte mon état de nerfs, il s'avança vers moi, long et d'un bleu presque translucide dégageant des ombres d'os, rapidement, trop rapidement, je sentis qu'il s'était enroulé tout autour de moi, comme une femme. Une désagréable sensation de brûlure se propagea sur tout mon corps, j'avais l'impression de prendre feu. Puis le silence et de nouveau la stupeur à son point culminant.
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