Dans les flammes, un cadavre semble dormir paisiblement.
A côté de cette scène, il y a la mémoire, le désir et l'extinction.
A côté de moi, la fille que j'aime étreint la Nuit.
A côté de moi, toujours, à côté de moi, les gens furent toujours.
Peut-être que ma peau dégage un parfum dégoûtant,
Peut-être est-ce mon âme aussi, qui sent mauvais...
Ou bien, c'est peut-être tout entier de ma faute,
Je suis peut-être celui demeurant à côté, à côté d'eux, à côté des beautés.
Je la sens bien cette haine qui me mordille, qui m'empêche de dormir
Et qui, pour le coup, veut un peu trop ma peau.
Dois-je la laisser courir le long de ma carcasse ?
Dois-je la laisser détruire les empires inquiets que j'ai su soulever
En compagnie de ceux sans qui je ne suis rien ?
Car je les aime tant, en vérité, et mes amis, et cette fille assoupie à côté.
C'est grâce à toi si je suis encore là,
Grâce à toi aussi si mon sourire persiste, miraculeux, sur ma face épuisée.
Je n'ai qu'une envie maintenant, devenir la nuit, être étreint par toi seule,
Remplacer dans ton coeur ces océans nocturnes, ne plus être à côté,
Mais élégant, et en dedans.
mercredi 16 mai 2012
lundi 23 avril 2012
Un rêve interminable
Sur le sol, cette large flaque de sang qui se dessine n'est pas là par ma faute. Quelqu'un d'autre que moi à éventrer la nuit ; je ne fais que me servir des restes...
Je les sale avec l'ennui, je les sucre en me souvenant de sa beauté passée...
et elle va, s'élargissant, emplissant les rainures du carrelage avant de bercer mes pieds, nus et grossiers.
La densité et la couleur de ce sang-là diffèrent d'avec mes habitudes, il a beaucoup plus de fluidité, davantage de vitesse et son légendaire teint de viande semble s'être obscurci. Ce n'est plus qu'un vaste miroir d'encre à la surface duquel quelques étoiles nagent...
Quant à la lune, elle est absente. Elle a sans doute été gardé par l'éventreur du soir, pour l'une de ses expériences, pour qu'il la gratte et l'étudie, à la recherche de cet Art...
Interminable, de cette mélancolie...
Pure et intense, possédée par toi seule.
dimanche 15 avril 2012
Suicide par étoile
Au tout début, il y avait eu le sang, un sang qui semblait suinter des murs ; puis, il y avait eu les cris, des cris d'écartelés ; et enfin, la sèche acclamation de la foule rassemblée. Tels étaient mes souvenirs, une grappe de fragments rien de plus, quelques vagues que la mer avait oublié depuis un bout de temps.
A vrai dire, je ne me souviens plus du commencement viable de cette histoire, il a dû se perdre comme un million de choses. Je ne me souviens pas non plus de la couleur du ciel ce matin-là, quand tout a tourné. Peut-être était-il bleu à reflets gris, peut-être était-il gris à reflets blancs, je ne sais pas. Je sais seulement que nous avions vingt ans, que tu étais belle et que dans tes yeux, j'avais l'air de l'être aussi. Quant à ton prénom, je l'ignore désormais, j'ai souvenance d'une Christelle mais elle n'est pas toi car cette fille-là est morte de mes mains. La peau claire, ça j'en suis sûr mais après...
J'avais pris l'habitude de me faire vomir, pour passer le temps et également, pour maigrir. Ce n'était pas mon idée au départ, maigrir, c'était l'idée d'une autre qui me trouvait trop en chair, pas assez transparent. Quand elle est partie, je n'ai pas cessé pour autant de recracher toute ma nourriture à la fin des repas, c'était une façon plutôt atroce de continuer à penser à quelqu'un.
Si je parle de cette manie, c'est parce que j'étais en train de dégobiller lors de la première alarme. J'ai d'abord cru à un exercice, on pense toujours que c'est un exercice, on l'espère fiévreusement, les peureux autant que les hommes d'action, comme on est tous autant débordés par l'angoisse. A la deuxième alarme, on se dit que c'est un canular, une bonne blague orchestrée par les pontes et qu'il n'y aura pas de troisième. A la troisième, on pleure et monte au front.
Enfin, quelques explosions se firent sentir au-dessus de nos têtes, dégageant une faible averse de flocons diablement aiguisés. Les plus jeunes en eurent les joues coupées, les plus vieux eux, eurent à tenir leurs paupières parmi leurs doigts chenus. Moi, je songeais à Dieu, cet astronaute qui, bien au chaud dans sa bulle, distribuait son Plaisir.
Soudain, ton visage sans prénom s'approcha du mien, il s'en approcha tellement qu'un rapide baiser s'écrasa sur mes lèvres, tellement que le métal qui te décapita me frôla la tempe gauche. Alors, le silence s'installa, tandis que succombaient et l'amour et la foi.
Ce silence, je ne l'ai pas quitté, j'écris avec mes yeux effondré sous mes draps.
A vrai dire, je ne me souviens plus du commencement viable de cette histoire, il a dû se perdre comme un million de choses. Je ne me souviens pas non plus de la couleur du ciel ce matin-là, quand tout a tourné. Peut-être était-il bleu à reflets gris, peut-être était-il gris à reflets blancs, je ne sais pas. Je sais seulement que nous avions vingt ans, que tu étais belle et que dans tes yeux, j'avais l'air de l'être aussi. Quant à ton prénom, je l'ignore désormais, j'ai souvenance d'une Christelle mais elle n'est pas toi car cette fille-là est morte de mes mains. La peau claire, ça j'en suis sûr mais après...
J'avais pris l'habitude de me faire vomir, pour passer le temps et également, pour maigrir. Ce n'était pas mon idée au départ, maigrir, c'était l'idée d'une autre qui me trouvait trop en chair, pas assez transparent. Quand elle est partie, je n'ai pas cessé pour autant de recracher toute ma nourriture à la fin des repas, c'était une façon plutôt atroce de continuer à penser à quelqu'un.
Si je parle de cette manie, c'est parce que j'étais en train de dégobiller lors de la première alarme. J'ai d'abord cru à un exercice, on pense toujours que c'est un exercice, on l'espère fiévreusement, les peureux autant que les hommes d'action, comme on est tous autant débordés par l'angoisse. A la deuxième alarme, on se dit que c'est un canular, une bonne blague orchestrée par les pontes et qu'il n'y aura pas de troisième. A la troisième, on pleure et monte au front.
Enfin, quelques explosions se firent sentir au-dessus de nos têtes, dégageant une faible averse de flocons diablement aiguisés. Les plus jeunes en eurent les joues coupées, les plus vieux eux, eurent à tenir leurs paupières parmi leurs doigts chenus. Moi, je songeais à Dieu, cet astronaute qui, bien au chaud dans sa bulle, distribuait son Plaisir.
Soudain, ton visage sans prénom s'approcha du mien, il s'en approcha tellement qu'un rapide baiser s'écrasa sur mes lèvres, tellement que le métal qui te décapita me frôla la tempe gauche. Alors, le silence s'installa, tandis que succombaient et l'amour et la foi.
Ce silence, je ne l'ai pas quitté, j'écris avec mes yeux effondré sous mes draps.
dimanche 25 mars 2012
Tiré d'une histoire vraie : "La Mosaïque mystérieuse"
Cela devait être une nuit laborieuse, dénuée d'espoir ou tout simplement peuplée de solitude. Une nuit où Paul avait du retard sur son travail et où il avait dû sortir plus de mots que d'habitude. Des mots et des définitions car le métier consistait à créer des "mots flèches", très souvent appelés "mots fléchés" par les amateurs, semaine après semaine. Et cette nuit-là, après avoir établi la première moitié de sa grille hebdomadaire, il pensa à Léona. ///
Tous les périls me vont...
Une grande partie du monde m'est pour sûr étrangère,
Des vieilles pyramides aux buildings bostoniens,
Pourtant lorsque j'observe ma meilleure viscère
Je vois parmi ma bile une foule de liens.
Certains mènent aux étoiles et d'autres à la pénombre,
Mais ils conduisent surtout vers les constellations,
Vers les cités de feu, vers les villes sans ombre
Aux places consacrées à la délectation.
Ces liens...je les possède depuis un bout de temps
Et même si parfois je les perds de vue,
Je la retrouve vite cette lumière nue
Dans le fond de tes yeux couleur d'apaisement.
Tous les périls me vont...
Une grande partie du monde m'est pour sûr étrangère,
Des vieilles pyramides aux buildings bostoniens,
Pourtant lorsque j'observe ma meilleure viscère
Je vois parmi ma bile une foule de liens.
Certains mènent aux étoiles et d'autres à la pénombre,
Mais ils conduisent surtout vers les constellations,
Vers les cités de feu, vers les villes sans ombre
Aux places consacrées à la délectation.
Ces liens...je les possède depuis un bout de temps
Et même si parfois je les perds de vue,
Je la retrouve vite cette lumière nue
Dans le fond de tes yeux couleur d'apaisement.
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