dimanche 16 novembre 2008

Comme une brêche rose dans un ciel en faillite

Suite informatique d'un texte perdu dans mon cahier rouge.
L'intrigue est simple : Un journaliste se fait virer et il s'enfuit de tout ce qu'il n'a pas été.

Enfin j'arrive. Après foules de feux, de trottoirs, de portes, de sas. Je suis dans le hall d'une gare dont je ne me rappelle plus grand chose. Je sais que je la connais, je connais son toit de verre, ses espoirs et ses quais qui poussent vers le gris. Je sais que sous son panneau horaire, j'ai embrassé une brune aux cheveux longs. Je sais que mon coeur bat vite et que ma veine au bas du cou doit saillir. Je sais que je suis dans une catastrophe, que j'ai laissé au café un fantôme confortable. Je sais que mes pupilles sont en train de recouvrir mes yeux. Je sais que je dois être là, il n'y a plus d'ailleurs. Je sais qu'il me faut un ticket, comme une bête sublime je m'avance, je demande un renseignement. Il me faut descendre au long du mur pour aller aux guichets. Descendre, descendre, des noirs, des femmes, des formes me frôlent. Mes chevilles bondissent à l'intérieur de mes chaussures, j'y vais deux par deux sur un escalator en panne, j'adresse un regard autour de moi, je vois des files et des files d'hommes monter et descendre, marcher, aller, à droite, à gauche, au-dessus, en dessous, je me sens comme dans un prisme dont je serai l'unique chose libre. Encore une marche, mon pied glisse sur les stries larges du fer, mon corps bascule vers l'avant, ma tête claque contre le sol. Je me relève, ma bouche est vive, elle brûle. Je constate les dégâts : une de mes dents au milieu des pétales sanguines. Ils me regardent, ils s'interrogent, comment va-t-il, a-t-il besoin d'un médecin ? Dressé mon visage blessé répond : Non, je vis, laissez-moi brûler à ma guise et saigner à l'envie ! Tremblant, choqué mais terriblement vivant, j'achète mécaniquement un billet pour le train de nuit.

En remontant, j'ai salué mon bouquet de sang et j'ai essayé mon sourire édenté sur les inombrables reflets environnants. J'ai attendu, bouillant, en fièvre, que la voie s'affiche, j'ai glissé jusqu'au train, j'ai frappé une dizaine de fois la fenêtre dans une joie destructrice que je ne pouvais pas définir et j'ai senti mes paupières fondre sur mes joues alors que le ciel brun au dehors offrait ses dernières traces de jour.

Je me suis réveillé et c'était déjà la soirée d'un nouveau jour. Je suis descendu quand j'ai entendu ce nom que je ne connaissais plus. J'ai fait quelques pas sur le quai rénové (où étais passé le petit abri blanc et le chemin de terre ?) et j'ai levé les yeux. Ce que j'ai vu dépassé tout type d'imagination ou plutôt c'était l'imagination. Une calme cavalerie de couleurs, de mauves et de roses, comme si des cadavres de flamands et d'aigles violets s'étaient figés dans l'air et avaient laissé ces nuages. Comme si toutes les nuances se donnaient la main pour offrir une symphonie. Le miel rejoignait l'orbe, l'orbe caressait le pourpre, le magenta enlaçait l'améthiste, le flave le cassé, le violet sur l'ivoire...une robe infinie à l'étoffe parfaite. C'est sous ce paradis que j'ai repris ma route, grimpant, longeant cette gare balnéaire pour toucher bientôt ma destination. Je me suis retourné une autre fois, les mordorés et les cuivres glissaient les uns sur les autres. Par ce gala céleste, je savais, je savais que le Miracle se souvenait de moi, je savais pourquoi j'allais, sur cette avenue légèrement mouillée et déserte, pourquoi j'allais vers ma maison d'enfance. Je ne savais pas combien de kilomètres il y avait (1 ? 10 ? 10 000 ?), je ne savais pas si mes parents y habitaient encore mais ça importait peu. J'étais, autant que le nègre, autant que le ciel.

Rendu sur la place rouge où Christelle avait posé sa tête sur mon épaule (le banc n'est plus là, c'est dommage), j'ai tourné les talons encore vers la voûte. Cette fois je voyais le reste du village et l'or de l'air se mêlant à la fumée des maisons attendries, le soir magnifique...et la lune...oeil divin, blanche tâche, bouton souverain...l'IMAGINATION...les planètes et les teintes dans mes paumes sereines. J'ai pris le raccourci, j'ai fait traîner mes pieds dans ces tombeaux de feuilles d'automne. En moins de deux (10 000KM ?), je suis arrivé devant chez moi, cette maison simple, j'ai contourné par la boue pour arriver dans mon jardin, presqu'île des plus austères. Pourtant il brillait (l'Idée ! l'Idée ! l'Idée...mon corps brûle...mon cerveau flanche...l'Idée c'est un souvenir vivant ! Ce n'est peut-être pas ça mais pour moi c'est ça...l'Idée, la sensation la définit...l'acte la compose), l'herbe pleine d'eaux et par dessus la ligne d'arbres du voisin, le dernier ciel s'évanouissant, c'était l'évanescence, l'âme à grande échelle, belle, émouvante, l'absence meilleure que toute présence. Il n'y avait pas de lumière dans mon salon, je suis resté jusqu'à ce que la nuit tombe (toujours). Je n'étais ni écrivain, ni poète, ni journaliste, ni de la race des rêveurs, j'avais seulement perdu la saveur des journées et le goût du passé. Ma tête a sorti un morceau de papier et a écrit :

" Un fou dangereux renverse un homme sans mensonge " / L'enfance était morte mais le monde restait beau.

samedi 15 novembre 2008

Un sourire hors concours

C'est la chute essentielle...en deux parties...sur les bras qui s'écrasent...sur les jambes qui perdent...je vous dis : suis-moi...tu n'en fais rien...quel navire épisodique...c'est un tête qui n'est plus très loin du bord...de là, il voit l'horizon coiffé de flammes, le réveil d'une certaine chaleur...la danse l'emportant sur le ménage...ils n'ont pas des physiques de cinéma...heureusement...en fait oui...le concept c'est de conter mon rêve...alors

Nous sommes en Belgique...
Thomaas et Olivier doivent être devant...
Je ne les suis pas et...Rolland-Garros...Gilles Simon avec son petit ami homosexuel dans les tribunes...et Val Kilmer, plutôt bel homme...
Franz, légère barbe et parapluie me rejoint, ainsi que Pierre en veste à carreaux rouge,
Là, on fricote avec deux semi-punks-manga, des nénétes pétées et fans de la lecture droite gauche, l'une d'elles, oui je vois ses seins, deux petits seins sortant de son soutien-gorge sans qu'elle s'en rende compte, des tétons exceptionnels (framboise!)
Je me retrouve près d'une table au-dessus de la place,
Olivier me jette un regard et s'assure que je suis pas loin,
Un homme (est-ce cet être dégoûtant qui était à mon lycée et dont on raconte qu'il se masturbait publiquement devant des femmes ravies et horrifiées ?)
Allongé comme un pauvre, boit sa bière en la renversant,
Dans ses gesticulations, il bouscule un autre homme (fort, grand, sérieux, assis),
Celui-ci gueule subitement, explose, l'écarte d'un coup de pied, se lève
Et là la folie gagne,
Il sort un pistolet de son cuir, tire une première balle à côté du buveur de bière, puis l'atteint à la tête, il tire ensuite à bout portant dans le crâne d'un autre, dépassé par la peur, et s'apercevant que la place s'est vidée, il commence à tirer dans notre direction, j'essaie de me cacher derrière quelqu'un, j'ai à peine le temps dans, les cris, la mort, de penser qu'il devra forcément recharger un jour que...
Le rêve est terminé.

Ces rêves sont superbes, ils sont emprunts du cauchemar, du titanisant, qui terrasse toute chose quand la violence se fait vraie...Brrrr...

dimanche 9 novembre 2008

Tu les vois ces lumières ?

Nous sommes début novembre,
Le grand arbre maigre aux feuilles jaunes ploie dans le jardin de mon voisin,
Ma chemise est trop grande,
Le jardin est plein de pluie,
Remettre mon col de chemise en place,
Et puis...
J'ai rêvé ! GLOIRE A MOI ! VIVE L'INSTITUTION DU REVE !
VIVA EL SUENO ! VIVE MOI REVANT !
Je ne vous cache pas que c'est sans doute grâce à Obama.

Dans le premier rêve :

Je suis dans un métro aérien (BRETON)
Avec Olivier et Romain,
Et nous filons ad night and orange
Vers Genova,
C'est à dire ville large, grise, horloges etc...
Puis je suis seul,
Dans un train de marchandises,
Un fou, visage en ruines me demande si "JE CONNAIS BUCAREST"
Je ne dis rien
Il SE MET A RIRE COMME UN FOU (qu'il est)
(DENTS DE DEVANT DEFONCEES)
Il dit :
"Elles ont dû tomber"
Je visualise deux fillettes, deux ombres filiformes,
Avant que par la fenêtre
Je me mette à voir différents monts de tailles différentes
Et enfin une très longue colonne de pierre un peu rose (l'OPALE)
D'où chutent ces deux ombres.

Dans le second :

Je fais l'amour à Marie-Adélaïde,
Je cherche à mettre la main sur une super-nintendo,
Je n'en ai pas je sais mais je me rabats sur ma N64
Et en me trouvant face à elle je m'aperçois qu'elle a plusieurs étages
Et qu'il suffit d'en enlever un pour enfin toucher l'objet du désir
Une SNES accompagnée comme par magie d'une manette adéquate
(chose que je n'ai jamais eue)
Et je n'ai pas de jeu.

Dans le troisième :

L.F, un remix du baiser et de l'épisode sur le canapé,
Bordel le rêve comme médium pour retrouver le contact
Et un brin de chair,
On arrive dans une classe de musique avec
OLIVIER ET THOMAAS
And,
Dans l'idée nous sommes un groupe de musique
Et pour la fin de la semaine,
UNE CHANSON DOIT ETRE COMPOSEE,
Toujours est-il qu'on note nos camarades
Et que je mets un 16 (entouré de rouge) à Laura Kadinsky.


/ je suis avec mon père (est-ce un père?)
des lampadaires froids passent sur nous et sur la taule de la voiture,
et je me demande pendant qu'il baîlle fort,
s'il...
enfin...
papa...
tu les vois ces lumières ?

lundi 3 novembre 2008

Dingue ce que je pleure

/ Mes épopées sont des danseuses légères /

S'il fallait parler du nègre, du juif, du bicaillon dans sa barre d'immeubles,
S'il fallait parler du dégoutant bourgeois, du graisseux collabo,
S'il fallait parler du voleur, du violent, du chinois sournois,
S'il fallait parler du puant hindou, du nain ridicule, du légume bavant,
S'il fallait parler du débile profond, du taillé dans le Nankin,
S'il fallait parler du Hitler petites chaussures, du père ivre mort,
S'il fallait parler du pelé pas malin, du grec tournedos,
S'il fallait parler du professeur râpeux, de la nana dans la poudre,
S'il fallait parler du genre tout dans le torse, rien dans les tempes,
S'il fallait parler du machin gay, du sang foutu en poisse,
S'il fallait parler du suicidaire bouffon, du facho pas un livre,
S'il fallait parler du rêveur qu'en rame pas une, du poète palichon,
S'il fallait parler du voisin langue partout, du nippon concupiscent,
S'il fallait parler du bâton africain, du petit bois européen,
S'il fallait parler du fond de couches, de la grande ou petite,
S'il fallait parler des arabes tous mauvais,
S'il fallait parler des portos cons comme l'oeillet,
S'il fallait parler des grosses bouffant, ruminant sans cesse leur maïs,
S'il fallait parler des clochards, vastes amas de loques grises,
S'il fallait parler des chômeurs, des immigrés qui nous piquent tout,
S'il fallait parler du nazillon, prêtre dans son église,
S'il fallait parler du Nègre encore toujours comme un nègre, là dans nos yeux,
S'il fallait parler du sous genre vivant, bougnoules et pékinois,
S'il fallait parler de tout ça
Alors il faudrait parler
De ces cadavres dans mes jambes,
De mon lot lacunaire et ne plus dire un mot
Du gonflement céleste.

dimanche 2 novembre 2008

Dans le crépuscule des muses

Je fais toujours le même rêve,
Boucles, boucles, silence,
Je fais toujours le même rêve,
Boucles, terre, mesures,
Je fais toujours le même rêve,
Instinct, folie, désespoir,
Je fais toujours le même rêve,
De corps grêles en paquets soulevés par la pelle,
Je fais toujours le même rêve,
De forêts brunes, les portes larges du temple sans fond,
Je fais toujours le même rêve,
Esprits, masques, seringue,
Je fais toujours le même rêve,
Peindre dans le vide,
Je fais toujours le même rêve,
Copier systématiquement le genre des miens,
Je fais toujours le même rêve,
Sa tête dure, dans sa torture de 20ans,
Je fais toujours le même rêve,
Les jarrets sur la table de ces peaux élastiques,
Je fais toujours le même rêve,
Un espace, une faiblesse dans la nuque, une blancheur,
Je fais toujours le même rêve,
De dormir un jour dans un de mes cimetières,
Je fais toujours le même rêve,
Femmes sans pudeur sortant aléatoires,
Je fais toujours le même rêve,
Grandir, épousseter l'astre blême,
Je fais toujours le même rêve,
De ne plus avoir à suivre ainsi cette tristesse,
Je fais toujours le même rêve,
Ces chapelles florentines, ces fontaines grenadines,
Je fais toujours le même rêve,
Etre toujours le prince de rien,
Je fais toujours le même rêve,
Une nuit bien anxieuse et belle reposée,
Je fais toujours le même rêve,
Ma tête versant son sang sur le lambri du monde,
Je fais toujours le même rêve,
Danser, épanouir et vieillir comme une promenade,
Je fais toujours le même rêve
Inventé, noire hypnose où
Au toit vont des couleurs qui rosissent
Comme des lèvres.

Festival sous la brume

Ces rivières étaient parfaites
Brillantes et de mises
Elles riaient sur ta gorge
Attendrie par la fête

Par la tête de ces gosses
Près du manège roux
Qui leur ennui écosse
En usant tous leurs sous

Pour eux tu organises
Des javas blanche neige
Où le moins maladif
Remporte un éternel

Baiser de ta beauté,
Ton lontain et ta ligne
Qui par ce temps voilé
Nous ramènent au spleen.