mercredi 16 mai 2012

Souveraine insomnie

Dans les flammes, un cadavre semble dormir paisiblement.
A côté de cette scène, il y a la mémoire, le désir et l'extinction.
A côté de moi, la fille que j'aime étreint la Nuit.
A côté de moi, toujours, à côté de moi, les gens furent toujours.

Peut-être que ma peau dégage un parfum dégoûtant,
Peut-être est-ce mon âme aussi, qui sent mauvais...
 Ou bien, c'est peut-être tout entier de ma faute,
 Je suis peut-être celui demeurant à côté, à côté d'eux, à côté des beautés.

Je la sens bien cette haine qui me mordille, qui m'empêche de dormir
Et qui, pour le coup, veut un peu trop ma peau.
Dois-je la laisser courir le long de ma carcasse ?
Dois-je la laisser détruire les empires inquiets que j'ai su soulever
En compagnie de ceux sans qui je ne suis rien ?

Car je les aime tant, en vérité, et mes amis, et cette fille assoupie à côté.
C'est grâce à toi si je suis encore là,
Grâce à toi aussi si mon sourire persiste, miraculeux, sur ma face épuisée.
Je n'ai qu'une envie maintenant, devenir la nuit, être étreint par toi seule,
Remplacer dans ton coeur ces océans nocturnes, ne plus être à côté,
Mais élégant, et en dedans.